Bonne année 2013

Nous avons connu, cette rentrée, l’une des pires de la décennie, la dernière de l’ère Sarkozy. La prochaine va se construire dans les jours et les mois qui viennent, a priori sur des bases différentes, puisque le candidat Hollande a fait de l’école un dossier prioritaire.

Qu’en est-il ? Toujours l’affirmation de la nécessaire austérité, déclinée notamment avec le pacte de compétitivité qui va encore ponctionner les services publics de 10 milliards d’euros au profit des entreprises privées. Le projet de refondation de l’école présenté met un coup d’arrêt à la casse de l’école, mais se caractérise par son absence d’ambition pour le second degré : on retrouve le vieux projet (années soixante) d’un collège primarisé et d’un lycée d’où disparaît la voie technologique, conçu par rapport à la licence universitaire. Cette conception du second degré d’une part ne donne pas les signes attendus de rupture avec la loi Fillon et les « réformes » enclenchées, et surtout, tourne le dos aux besoins d’élévation de qualification du pays.
De fait, dans notre ministère, la volonté est affichée d’en finir avec le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite et il y a des créations de postes, 171 pour notre académie (350 lycées et collèges dans notre académie). Cela signifie en clair que ces moyens permettront d’installer les stagiaires, si jamais on arrive à en recruter, et qu’ils constitueront les moyens supplémentaires par rapport à cette rentrée. Le progrès, c’est l’inversion théorique du curseur, et la volonté de porter un coup d’arrêt à la casse du service public d’éducation. Mais la gravité de la crise des recrutements est telle que la difficulté reste entière. Plus de 700 postes sont restés vacants à l’issue des concours et nous avons les plus grandes craintes pour cette année.
Le projet de loi de refondation de l’école, jusqu’à maintenant, ne prend pas la mesure de cette crise. Il ne prend pas à bras le corps la nécessité cruciale d’opérer des pré-recrutements pour reconstituer des viviers, il n’envisage pas d’amélioration des conditions d’exercice, et fait aveu d’impuissance sur la question des salaires. Ces éléments sont au cœur du problème, et nécessitent une inversion radicale si l’on veut endiguer la pénurie d’enseignants, pénurie qui franchit un niveau jamais atteint et interroge sur l’avenir pour nos jeunes : auront-ils encore des profs ? Serons-nous dans la capacité de former suffisamment de jeunes qualifiés pour répondre aux besoins du pays ?

Pour toutes ces raisons, le Snes et la FSU, avec Solidaires et la CGT, appellent à une journée de grève du 31 janvier :

• Sur l’emploi dans la Fonction publique : si les créations dans certains secteurs vont dans le bons sens, les suppressions qui continuent dans d’autres les mettent gravement en péril. Les conditions d’exercice (new management public…) doivent être améliorées

• Sur les salaires et le pouvoir d’achat : il faut en finir avec le gel du point d’indice, le blocage des carrières et la non reconnaissance des qualifications

• Le jour de carence, mesure inique et inefficace, condamné par tous les syndicats et le mouvement mutualiste, rejetée par la majorité actuelle lors de sa mise en place, n’est toujours pas abrogé.

Le changement de cap est indispensable, et seul l’engagement des personnels dans l’action peut permettre d’obtenir des avancées sur ces questions majeures.

Texte de la CAA Grenoble du 10 janvier 2013