18 janvier 2016

Edito

« C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière »

  • Je vais expliquer de nouveau
  • CR_Caen_100

L’impossible,

Nous ne l’atteignons pas,

Il nous sert de lanterne.

René CHAR

C’est dans un contexte lourd pour la démocratie que je vous adresse les vœux de la section académique pour cette année 2016, que je nous souhaite combative et éclairée.

Les attentats terribles de 2015 nous mettent en face de choix essentiels : dans quelle société voulons-nous vivre, avec quel projet de démocratie ?
Oser poser ces questions, ce n’est pas excuser, comme a pu le dire un premier ministre qui semble perdre tout sens du réel, c’est avoir le courage de penser l’avenir, ce qui devrait être la mission première de tout homme politique. En se comportant en gestionnaire politicien à courte vue, ce gouvernement porte une lourde responsabilité. Et pour nous, dire cela n’est pas nier la gravité de la situation, mais bien exiger des réponses sur le fond, et pas des gesticulations.

En ce sens, le SNES doit, avec toutes les forces progressistes, combattre la constitutionnalisation de l’état d’urgence et l’extension des possibilités de déchéance de la nationalité française, et dénoncer cette manœuvre politicienne qui consiste, en situation de crise, à détourner la population des vrais problèmes. Au lieu de politiques libérales et sécuritaires, c’est de l’élaboration de nouvelles solidarités dont a besoin la société française.

A ce titre, nous déplorons que l’exercice des droits syndicaux, largement dégradé sous le gouvernement Sarkozy, ne se soit pas amélioré sous ce gouvernement : en témoignent le traitement des salariés d’Air-France et la condamnation scandaleuse des 8 salariés de Goodyear à qui nous apportons tout notre soutien.

Ne vous inquiétez pas... On va vous expliquer

Et ne parlons pas de la mauvaise série B mise en scène par des chefs d’établissement via notre nouveau recteur à propos de notre publication sur le New Public Management ou des réponses autoritaristes de l’administration, les seules qui restent semble-t-il, lors des journées dites de formations collège.

Pendant ce temps, la rentrée se prépare sur de très mauvaises bases : une carte des langues vivantes et anciennes atrophiée, 150 postes injectés dans notre académie qui ne couvriront pas les hausses d’effectifs (+ 1704 élèves en lycée, -142 en collège pour près de 280 collèges et 80 lycées !) Cf notre dernier bulletin. Et comme il s’agit de mettre en place la réforme du collège sans dégradations par rapport à l’existant – c’est l’engagement public de la ministre -, et de ne toujours rien revoir en lycée – le bilan de la réforme Chatel est tronqué et orienté- on peut prédire sans risques de nouvelles dégradations de nos conditions de travail. Ce n’est pas ce qui va aider, en l’absence de toute revalorisation et de dégel du point d’indice, à sortir de la crise de recrutement.
Aussi, après avoir plus que réussi l’opération grain de sable, passons au collège désert !

Il est vital pour tout le second degré d’être massivement en grève le 26, et de participer très nombreux à la manifestation académique intersyndicale du second degré à Grenoble. Rassemblement devant le rectorat à 13h30.

C’est ainsi, en cortège intersyndical second degré, que nous rejoindrons le rassemblement Fonction Publique place de Verdun, pour défiler en tête de la manifestation. Des bus sont organisés par le Snes-FSU dans tous les départements. Nous devons ensemble mettre le second degré à la Une, #collège 2016, c’est encore et toujours NON. OUI à l’ambition pour tout le second degré !

Le SNES-FSU organise avec le SNEP-FSU une opération « carton rouge à la Ministre ».

Elle doit entendre la profession pour pouvoir revenir sur le terrain.