La CA académique, instance délibérative et dirigeante de la section académique du SNES, s’est réunie le 7 juin dans la perspective de préparer le Conseil National des 8 et 9 juin, d’analyser la situation et son contexte et décider des suites à donner aux actions de cette année au cours du mois de juin et à la rentrée prochaine.

Action

Dans un contexte de guerre déclarée aux peuples et aux travailleurs européens et la perspective de coups d’Etat libéraux (introduction dans la constitution de la République d’éléments relevant du débat d’orientation budgétaire – soumission des choix budgétaires à l’appréciation de la commission européenne) le gouvernement poursuit sa politique visant à faire payer à tous et en premier lieu aux plus défavorisés les cadeaux offerts aux plus fortunés.

La question des retraites n’est qu’un aspect de cette offensive contre les rémunérations et la qualité de vie des travailleurs. Le gouvernement semble décidé à passer en force malgré l’hostilité d’une grande partie de l’opinion et les actions menées par les salariés et leurs organisations syndicales. Cette question, comme celles des salaires et de l’emploi, reste l’enjeu majeur du moment au cœur de la journée du 27 mai, de celle du 24 juin et des initiatives à développer dès septembre.

Dans notre seul secteur les dossiers contentieux sont nombreux : réformes dans les collèges, les lycées, les missions de l’orientation et par conséquent celles des professeurs principaux et des conseillers d’éducation, nouveaux programmes des classes, des examens et concours, suppressions de postes, stagiaires placés dans des conditions invraisemblables, etc.

27 mai 2010

Ni au niveau de notre administration rectorale (audience sur les stagiaires), ni au niveau gouvernemental on ne prend la peine d’argumenter : les choix sont présentés comme des données inéluctables et non comme des éléments de débats. Le mépris semble érigé en mode de « gouvernance ».

Attaqués sur tous les fronts et à tous les niveaux les personnels doivent s’unir et riposter. Le Snes doit proposer et mettre en débat des initiatives qui inscrivent les actions dans la durée et prennent en compte la diversité des agressions : second degré, éducation, fonction publique, salariés.

La CA académique, dans la suite du 27 mai, appelle à participer aux actions décidées le 24 juin et à faire réussir cette nouvelle étape de mobilisation, malgré les difficultés liées à la fin de l’année scolaire.
Elle appelle les S1 et l’ensemble des collègues à poursuivre les campagnes d’opinion sur les questions de retraite, salaire, emploi comme sur les dossiers éducatifs ou propre au second degré. Le mois de juin doit le permettre comme de continuer à mener les campagnes de refus des HS, d’alourdissement des effectifs ou de la charge de travail, des Conseils pédagogiques, des conditions d’accueil et d’absence de formation des stagiaires, du développement de la précarité illégale (vacataires), de l’attestation de maîtrise du socle commun et de la mise en place l’épreuve d’histoire des arts. De façon générale, le SNES appelle à s’opposer à la dénaturation de nos missions induites par le PDMF et les dérives prévisibles dans le cadre de l’accompagnement personnalisé…

Dans ce contexte et ces conditions, la CA académique considère que l’action doit se développer dans les établissements dès la prérentrée par des AG visant à développer l’action de terrain (tractage, limitation d’effectifs, débrayages et occupations) en concertation avec les parents dès le jour de la rentrée ; elle se prononce pour une action de grève nationale dès le début de la première semaine de fonctionnement normal et appelle les personnels à se saisir de ces temps d’action et de mettre en débat leurs modalités de reconduction.

La CA académique estime qu’il est indispensable de concilier les actions sectorielles et les temps forts interprofessionnels. Elle demande au SNES et à la FSU de poursuivre les contacts intersyndicaux et les initiatives pour relancer la mobilisation sur la question du partage des richesses.

Elle demande que nos représentants dans les instances syndicales internationales soient mandatés pour la mise à l’ordre du jour d’une riposte internationale (au moins européenne) aux agressions capitalistes.

Pour 16 Contre 1 Abstention 2 NPPV 0

Motion Orientation

Depuis plusieurs mois, le service public d’Orientation de l’Education nationale est dans le collimateur.

L’orientation dans l’action

Le dernier projet ministériel concernant les missions des conseillers d’Orientation - psychologues s’inscrit dans le cadre d’une loi votée au Parlement à l’automne 2009 et consacrée à l’Orientation tout au long de la vie.

Les missions des COPsy seraient les suivantes
1. Des interventions limitées aux seuls élèves à besoins particuliers (handicapés, nouvellement arrivés en France, etc.). Pour tous les autres le travail d’orientation serait assuré par les enseignants.
2. De l’ingénierie de l’orientation auprès des équipes éducatives et des directions, organisant le transfert des missions des COPsy vers les enseignants
3. Une participation des COPsy au service dématérialisé de l’orientation tout au long de la vie, ouvert à tout public : les CIO seront absorbés par ce service et mis en concurrence avec des structures associatives et privées.

Le vendredi 4 juin, journée d’action nationale des COPsy et DCIO, 50 collègues de l’académie, soit ¼ des COPsy de l’académie ont participé à une AG suivie d’un pique-nique au rectorat.

La CA académique appelle les S1

  • A adresser des messages de protestation au recteur, au ministre, au CSAIO
  • A faire voter une motion en CA
  • A se mobiliser avec les COPsy pour les prochaines actions.
  • A signer et faire signer la pétition déjà en ligne sur le site national

Pour 19 Contre 1 Abstention 0 NPPV 0

Soutien aux 6 de Pau

La justice poursuit pour délit d’outrage, sur plainte du préfet des Pyrénées Atlantiques, six personnes ayant soutenu par courriel une famille déboutée du droit d’asile risquant une expulsion.

Pierre Favre (Haute-Savoie), Gérard Chevrot (Haute-Savoie), Yves Ribault (Savoie), Valérie Martinez (Val d’Oise), Dr Eric Soares (Charente-Maritime), Daniel Candas (Rhône) sont tous les six convoqués au tribunal de Pau le 10 juin prochain.

Le préfet leur reproche d’avoir « proféré à son encontre des accusations […] allant établir un parallèle entre sa décision et les méthodes utilisées par les nazis et le régime de Vichy » (Philippe Rey – août 2008).

Comme les 6 de Pau, la CA académique du SNES Grenoble estime que les enfants n’ont pas leur place dans un centre d’enfermement et approuve leur démarche.

Elle s’inquiète que la référence à l’histoire pour apprécier une politique puisse être assimilée à un outrage à haut fonctionnaire alors qu’elle procède de la liberté d’expression, droit fondamental et constitutionnel.
La CA académique de Grenoble proteste contre l’utilisation faite du délit d’outrage pour tenter de limiter la portée de ce droit.

Pour : Unanimité