La Commission Administrative académique réunie le 13 novembre, en préparation de la CA nationale des 18 et 19 novembre, a adopté les textes suivants.

1. Texte adopté à partir d’un projet UA et d’une contribution EE

Dans le contexte de crise internationale, fruit du système capitaliste, le gouvernement et le président instrumentalisent les craintes et les souffrances de la population pour nier les revendications des salariés et justifier et amplifier leurs contre-réformes. Les réponses apportées, tant au niveau international que national, dans la plus grande agitation médiatique, sont uniquement destinées à sauver le secteur financier et « oublient » totalement le secteur social tout en refusant, bien évidemment, de remettre en cause la répartition des richesses actuellement favorable au capital. Les salariés sont victimes d’une double peine. Ils subissent déjà de plein fouet la crise (pouvoir d’achat, licenciements…) que le gouvernement veut en plus utiliser comme prétexte pour accélérer ses contre-réformes : démantèlement de la protection sociale, recul de l’âge de la retraite… Dans le même temps, les mesures policières, de surveillance et de répression se multiplient à l’encontre de la population, en particulier de ses franges les plus précaires, sans papiers, sans abri et des militants qui les défendent.

Dans l’Education, la situation se caractérise par une dégradation accrue des conditions de travail des personnels et des élèves : les suppressions de postes en 2009, dans un contexte d’ augmentation des effectifs scolarisés, réduisent de fait l’offre éducative faite aux élèves et précarisent les collègues, les collèges et les lycées sont menacés d’éclatement par la mise en place de l’Aide éducative et de l’Aide individualisée rémunérée en HSE, les compléments de service, y compris non réglementaires, se multiplient. Dans le même temps, la réforme du recrutement proposée par le gouvernement va permettre de substantielles économies et sanctionnera la dénaturation de la formation professionnelle. Quant à la réforme des lycées, dont le calendrier est un déni de démocratie et dont le contenu au flou sciemment entretenu est porteur d’aggravation des inégalités et des conditions d’exercice des collègues, elle utilise une couverture pseudo pédagogique pour justifier de nouvelles suppressions d’emplois et ouvre la porte à des recrutements supplémentaires de précaires ; ce n’est pas une réforme comme les autres, c’est la mise à mort du service public d’éducation.

La profession a répondu en faisant un succès de la manifestation du 19 octobre, ce qui a contraint le ministre à quelques concessions sur l’organisation de la nouvelle seconde. La grève du 20 novembre doit être l’occasion d’accentuer la pression sur le gouvernement et le Snes, dans le cadre de la FSU, fera tout pour en assurer la réussite en dénonçant l’insuffisance du budget 2009, le démantèlement du service public d’Education, la remise en cause du paritarisme et la réforme Darcos des lycées et en revendiquant le rattrapage du pouvoir d’achat et la revalorisation de tous.

D’ores et déjà, le Snes appelle l’ensemble des collègues à envisager les suites de l’action :

Dans le domaine de l’éducation :

  • investir massivement les assemblées générales et les manifestations départementales le jeudi 20 novembre et à débattre des suites à donner ;
  • Organiser des rencontres publiques avec les parents par établissement et par bassin ;
  • Interpeller les politiques et les chefs d’établissement ;
  • Obtenir une demi-journée banalisée pour discuter de la réforme Darcos et en demander le retrait ;
  • Relancer la signature de la pétition sur les mutations

Au plan général :

  • A participer à toutes les actions de défense des Services publics, notamment La Poste et les Hôpitaux, le samedi 22 novembre ; contre la précarité le 29 novembre.

La CA académique mandate le Snes pour envisager les suites de l’action dans le cadre unitaire dès le soir du 20 novembre.

Le Snes doit maintenant oeuvrer, dans la FSU, à l’unification de ces revendications et à la construction rapide de perspectives. Ceci passe par l’organisation généralisée d’assemblées générales de grévistes réunissant tous les personnels de l’éducation nationale, et dans lesquelles seront mises en débat les formes de reconduction du mouvement et de poursuite de l’action nécessaires à l’instauration d’un rapport de force susceptible de faire plier le gouvernement. La question des liens entre cette mobilisation et celles existantes dans d’autres services publics (La Poste par exemple) et le privé, est aussi centrale.

VOTES : Pour : 30 – Contre : 0 – Abstentions : 1 – Refus : 0

2. Motion présentée par l’école émancipée.

Sur la question de la réforme du recrutement, le S3 de Grenoble demande au Snes de porter :

la nécessité d’un moratoire sur les nouveaux concours et le recrutement master avec le maintien du potentiel et des structures des IUFM.
Il ne peut être question de modifier le recrutement et la formation sans :

  • la garantie de maintien des postes aux concours (et un plan pluriannuel de recrutements)
  • la mise en place de mesures transitoires qui garantissent à tous les candidats qui éventuellement échoueraient au concours cette année de pouvoir se représenter aux différents concours les années suivantes sur la base des conditions actuelles
  • la mise en place de prérecrutements et d’une allocation d’autonomie pour les étudiants (avant la licence)
  • le maintien d’une année de stage payée et en service réduit et d’une réelle formation professionnelle initiale

Pour 22 Contre 0 Abstention 9 RV 0

Motion adoptée