La CA académique s’est réunie le mardi 13 novembre pour faire le point sur l’évolution de la situation depuis le CSA de rentrée et préparer la CA nationale des 20 et 21 novembre.
Après un échange sur le contexte générale, la situation dans le second degré et les perspectives à venir, elle a adopté le texte ci-dessous.

La Ca académique est réunie à un moment charnière de la préparation de la Loi d’orientation qui définira les grandes orientations éducatives pour plusieurs années. Si l’on peut se féliciter de la priorité budgétaire accordée aux recrutements, d’autres choix se dessinent qui vont à l’encontre de nos mandats : recrutement en cours de M1 avec la seule licence exigible, décentralisation aux Régions de l’orientation et de la carte des formations professionnelles, expérimentations des réseaux du socle (lien structurel écoles/collège). Nous sommes ici confrontés à une stratégie comparable à celle mise en œuvre par Luc Chatel lors de la réforme des lycées qui consiste à circonscrire le syndicat majoritaire en s’appuyant sur une coalition UNSA/SGEN/FCPE. Rien n’indique la volonté de rupture avec un certain nombre des fondamentaux qui ont structuré la politique éducative de la droite : apport hors la classe du remède aux difficultés scolaires alors que ce sont les conditions du fonctionnement de la classe qui les génèrent en grande partie, marges d’« autonomie » plus grandes laissées aux établissements alors que cela a constitué un élément de déstabilisation fort des équipes éducatives. Le report de l’examen en conseil des ministres de la loi d’orientation en janvier 2013, et donc de son entrée en vigueur, renvoie de fait toute éventuelle mesure d’amélioration à la rentrée 2014.

Rien n’est annoncé non plus pour répondre aux problèmes de rémunération ou pour améliorer les conditions de travail et d‘étude sur le terrain, ni pour revenir sur la journée de carence dans la fonction publique. Bien au contraire, la nouvelle majorité assume, avec le TSCG (traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance), les politiques d’austérité qui ont cours en Europe et qui prétendent résorber les déficits publics par une réduction drastique des dépenses publiques, au risque d’installer un cercle vicieux de récession, comme cela se voit déjà en Grèce, en Espagne, au Portugal. Le « pacte de compétitivité » annoncé début novembre confirme que le gouvernement s’inscrit dans une politique de l’offre visant à réduire la part des salaires alors même qu’elle est fortement contrainte par plusieurs décennies de partage déséquilibré entre salaires et actionnariat. Si des mesures symboliques sont prises, le gouvernement ne semble pas s’orienter vers une révolution fiscale qui permettrait de rendre à l’impôt son efficacité redistributive. La question de l’avenir et des missions de la Fonction Publique et des Services Publics reste posée, à un moment où le 1er ministre a annoncé de nouvelles coupes budgétaires particulièrement inquiétantes (11000 créations d’emplois dans les secteurs prioritaires, dont majoritairement l’Education, financées au prix de plus de 12000 suppressions dans les autres ministères).

Malgré le changement de majorité en France, le dumping social et fiscal entre pays européens et les délocalisations continuent d’imprimer leur loi d’airain sur les salariés dans un système économique où « la concurrence est libre et non faussée ». Après s’être dessaisis du levier de la politique monétaire au profit d’une banque centrale indépendante des pouvoirs politiques, ceux-ci s’en remettent à des règlementations comptables, sur lesquelles veillent la commission et la cour de justice européennes, pour ce qui est de la politique budgétaire. Ces reculs démocratiques nourrissent les replis identitaires et les tentations fascistes partout en Europe.

Dans ce contexte, la Ca académique

  • approuve la démarche de « lettre-pétition-ultimatum » en direction du ministre ; elle appelle les S1 à la faire signer massivement, et à la porter auprès des élus et parlementaires nationaux et régionaux. Il s’agit par là de signifier notre détermination à voir entendues les revendications de la profession, tant en matière d’exercice du métier que de rémunération, et notre refus absolu de choix éducatifs qui iraient à l’encontre de nos mandats et conduiraient ainsi inévitablement à la grève dès décembre si besoin, voire en janvier en fonction de la publication du projet de loi.
  • demande à la CA nationale de tout mettre en œuvre pour construire une action fédérale, dans la mesure où les projets cherchent à diviser les personnels en diversifiant les attaques, mais participent bien d’une même cohérence. dans ce cadre fédéral nécessaire, la CA appelle les syndiqués du Snes à participer aux votes FSU du 7 au 29 novembre et invite les syndiqués à participer aux congrès départementaux de la FSU.
  • souscrit à l’idée de la construction d’une initiative fédérale de manifestation nationale pour l’investissement éducatif, promis par le candidat François Hollande.
  • dans l’immédiat, elle appelle les collègues à participer à toutes les initiatives contre les politiques d’austérité, en commençant par celle du 14 novembre, et à se mobiliser dès maintenant autour des conditions de la rentrée 2013, qui s’annonce aussi catastrophique que celle que nous venons de connaître, dans la mesure où les recrutements couvriront au plus les départs en retraite et l’entrée dans le métier (encore seulement 3 heures de décharges) des néo recrutés.

Le Snes sera d’autant plus fort pour porter ses orientations et résister aux mauvais coups qu’il pourra se présenter comme le syndicat de la profession. La CA académique appelle les S1, les S2, le S3 à tout mettre en œuvre pour renforcer le Snes, se syndiquer et rechercher les adhésions de l’ensemble des personnels d’enseignement, d’éducation, d’orientation et de vie scolaire.

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