16 avril 2010

Edito

Calembredaines, balivernes, sornettes, billevesées, fariboles et autres carabistouilles…

Calembredaines, balivernes, sornettes, billevesées, fariboles et autres (...)

Retraites

« La réforme des retraites est une nécessité démographique ; l’allongement de la durée moyenne de vie modifie le rapport entre actifs et retraités et si l’on ne fait rien, la situation sera insupportable. » C’est faire peu de cas des gains de productivité : de 1949 à 2008, la population de France métropolitaine a été multipliée par 1,5 ; cette augmentation intègre l’allongement de la durée de vie, comme les soldes naturels et migratoires ; dans le même temps, le PIB a été multiplié par 150 [1] . Le financement d’une retraite décente pour l’ensemble des travailleurs dès 60 ans n’est pas une question démographique, mais bien une question de partage des richesses.

Bouclier fiscal

« Le bouclier fiscal ne profite pas qu’aux plus riches. » Le bouclier fiscal coûte cette année 585 millions d’euros partagés entre 16 500 foyers, mais les 2/3 de cette somme sont attribués aux 1 000 ménages les plus imposés soit en moyenne 360 000 euros par foyer ; 100 foyers ont reçu de 1 à 7 millions d’euros [2] .

« Il est juste que chacun puisse profiter des fruits de son travail sans payer plus de la moitié de ses revenus en impôts. » A l’exception de quelques stars du sport ou du showbiz, la plupart d’ailleurs domiciliés à l’étranger, et de quelques managers dont le niveau de salaire lui-même pose question, les plus hauts revenus ne sont pas des revenus salariaux, mais bien des revenus de placements financiers, dividendes et plus-values, et donc nullement le « fruit du travail » de leur détenteur, mais bien « le fruit du travail » des autres ! A ce sujet ma question récurrente semble peu reprise dans l’establishment politico médiatique : avec une croissance de moins de 2 points et qui est même négative certains trimestres, comment peut-on continuer à servir du 15 points sur investissement aux actionnaires et qui paie la différence ?

« Cette mesure évite l’évasion fiscale et permettra même le retour de contribuables évadés. » Au-delà de l’émouvant « reviens, Johnny ! », resté sans résultats à ce jour, nos camarades des syndicats des impôts affirment être incapables de mesurer le poids de l’évasion fiscale et donc celui de son évolution depuis 2007, ce que reconnaît également mezzo voce leur direction. Le bouclier fiscal est bien une mesure non seulement injuste, mais inefficace quant à son objet affiché : la seule certitude, outre son injustice, est son coût pour la Nation.

Modernisation et revalorisation

« Le métier d’enseignant est l’un des quatre axes de modernisation déterminés par le Ministère de l’Education Nationale dans le cadre de la modernisation de l’Etat. » [3] Dans le cadre de cette « modernisation », les nouveaux enseignants recrutés cette année seront privés de formation et devront assurer un service complet, parfois sur plusieurs établissement, sans décharge ni pour eux ni pour leurs tuteurs. Ils n’auront droit qu’à quatre semaines de formation au second trimestre, à condition d’avoir eux-mêmes formés leurs remplaçants auparavant ; quatre semaines dont seront privés les vacataires illégalement recrutés en raison de la sous-estimation délibérée des besoins de recrutement et de la transformation de nombreux poste en heures supplémentaires inabsorbables et refusées par les titulaires encore en poste. Je crois que je viens de comprendre la différence entre modernisation et progrès !

" La revalorisation des métiers de l’enseignement" dans la bouche du ministre, ce sont quelques dizaines d’euros pour les seuls enseignants débutants malgré l’élévation de leur qualification de recrutement et des heures supplémentaires sous rémunérées pour tous les autres ; avec des services plus lourds et des conditions de travail plus difficiles, avec une proportion accrue d’enseignants précaires sous-rémunérés, c’est bien "dévalorisation" qu’il faut entendre !

Education

Jacques Agnès