Devant la mise en place autoritaire des livrets de compétence et de l’évaluation de l’histoire des arts dans de nombreux établissements, sans aucune discussion avec les équipes pédagogiques, la section académique du SNES a écrit au recteur afin que soient organisées des demi-journées banalisées dans les collèges de l’académie (voir ci-dessous).

A l’instar des lycées, le SNES appelle les personnels à se mobiliser dans les établissements sous des formes variées débattues par les personnels dans des assemblées générales et les heures d’information syndicale : investir les demi-journées banalisées pour informer et convaincre, empêcher toute velléité d’imposer les livrets de compétence, refuser la mise en place des conseils pédagogiques construits à partir du décret, ne pas assurer les taches qui ne relèvent pas strictement de leurs missions, signer et faire signer massivement la pétition « Livrets de compétences : lettre-pétition au Ministre »

Monsieur le Recteur de l’académie de Grenoble,

La rentrée 2009 a vu la mise en place dans les collèges de l’académie dans de manières disparates et confuses d’un enseignement de l’histoire des arts dans le seule cadre de l’oral optionnel à la session 2010 du DNB. Les différents témoignages de nos collègues, que les IA-IPR ne peuvent que confirmer à la suite des JDI, montrent que la mise en place de l’histoire des arts se fait la plupart du temps dans une mésinterprétation des textes nationaux, que le renvoi à l’autonomie des établissements pour les modalités de l’évaluation ne fait que renforcer. D’autre part, nous ne pouvons que nous alarmer sur les inscriptions des élèves à cette option au DNB et à l’inégalité des collégiens de l’académie ; des chefs d’établissement ont inscrit l’ensemble des élèves à cette épreuve optionnelle, alors que ceux-ci ne connaissaient ni les modalités d’évaluation de l’histoire des arts, ni simplement l’enseignement.
Le SNES a dénoncé la précipitation de la mise en place de cet enseignement imposé par son évaluation au DNB, le manque de moyens dévolus à la nécessaire concertation entre les enseignants, ainsi que l’absence d’un véritable cadrage national pour l’épreuve d’histoire des arts.
De même, la note de service n° 2009-128 du 13-7-2009, publiée au Bulletin officiel le 29 octobre 2009, sur l’évaluation du socle commun de connaissances et de compétences précise que les enseignants doivent « s’approprier dans des conditions sereines la mise en œuvre du socle commun » et que « en revanche, la tenue du document attestant la maîtrise des connaissances et compétences du socle commun sera obligatoire dès la rentrée scolaire 2009. » Nous nous interrogeons sur la sérénité de l’appropriation quand l’obligation est faite de renseigner l’attestation de maîtrise des connaissances et compétences du socle commun rétroactivement. Le SNES a déjà alerté le ministère de l’Education nationale et émit de nombreuses remarques sur l’opacité des évaluations des expérimentations successives, sur la précipitation de cette mise en œuvre et sur l’absence de débats avec la profession.

La discussion autour de ce nouvel enseignement et de cette nouvelle forme d’évaluation est une nécessité d’autant plus grande que la finalité du socle commun de connaissances et de compétences porte en elle une mutation des pratiques pédagogiques des enseignants qui nécessite d’être débattue.
C’est pourquoi, nous vous demandons donc, Monsieur le Recteur, à l’instar de la réforme du lycée, d’accorder à la totalité des collèges de l’académie deux demi-journées banalisées sur ces questions.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Recteur, l’expression de nos respectueuses salutations.

Jacques AGNES

François LECOINTE