CTSD du 24/09/2013

Contrairement aux échos médiatiques, la FSU souhaite affirmer, ici et aujourd’hui, que la rentrée 2013 ne se passe pas bien dans les collèges et les lycées du département. Comment, d’ailleurs, pourrait-il en être autrement alors que l’apport d’ETP (Équivalent Temps Plein) pour l’Ardèche couvre juste l’augmentation des effectifs élèves ? Les effectifs de classe ne diminuent pas, il y a rarement de vrais groupes allégés en sciences ou en langues... Au final, il n’y a pas d’améliorations des conditions d’apprentissages des élèves ardéchois.

Dans les établissements, l’absence complète de marge de manœuvre entraîne, en cette rentrée, une désorganisation sans précédent des services et met de nombreux enseignants face à des situations administratives et/ou pédagogiques impossibles. La chasse à l’heure poste, les trop nombreuses HSA à absorber, la multiplication des BMP, les affectations des stagiaires et des étudiants contractuels ont créé des situations ubuesques dans les établissements qui pèsent lourdement sur les conditions de travail des collègues et qui amputent d’autant les chances de réussite des élèves.
Les pressions pour faire accepter les heures supplémentaires aux collègues mènent à des aberrations pédagogiques. En cette rentrée, nous devons par exemple faire face à :
- de trop nombreux compléments de services sur deux ou trois établissements parfois éloignés : 1 CS entre Annonay et St Cirgues en Montagne par exemple.
- des collègues affectés pour 3h dans un troisième établissement alors qu’il reste 3h de leur matière dans un des deux premiers établissements d’affectation.
- des collègues affectés hors disciplines (par exemple en arts appliqués au lieu d’arts plastiques).
- 5 groupes de français pour 6 classes de 4e dans un collège.
- des classes partagées dans la même matière, même pour des stagiaires.
- la suppression ou la redéfinition unilatérale de projets portés par les enseignants et validés par les CA.
- des emplois du temps impossibles (finir à 9h05 dans un établissement pour reprendre à 8h55 dans l’autre).
- des groupes d’allemand comprenant deux niveaux (ou un horaire hebdomadaire inférieur à la grille nationale).
- l’initiative prise par certains chefs d’établissement de refuser d’assumer leur fonction de Président des AS et de procéder à une « délégation » des responsabilités leur incombant. Cette situation fragilise le sport scolaire du second degré et risque de lui porter gravement préjudice.

Les TZR (puis les contractuels) ont été particulièrement mal traités avec la suppression du groupe de travail du 12 juillet : affectations dans des établissements distants de plusieurs dizaines de kilomètres, emplois du temps abracadabrants et modifiés presque quotidiennement en ce début d’année, pressions pour faire effectuer chaque minute de ce que la loi présente pourtant comme un maxima de service à des collègues qui passent en plus de leur temps de cours, des heures par semaine sur la route avec une malheureuse heure de commune non limitrophe, pas toujours accordée, pour seule compensation du temps perdu et des risques encourus.

La réforme des rythmes éducatifs, inscrits dans la loi de refondation de l’École, contribue à créer une confusion entre l’École et les activités extrascolaires. Elle a des incidences négatives sur l’accès aux équipements sportifs pour l’EPS obligatoire (1er et 2nd degrés) et au sport scolaire. En l’état, elle renforce les inégalités (territoriales, sociales, entre garçons et filles....).

La situation des moyens pour la vie scolaire est tout aussi inquiétante. Celle-ci est pourtant primordiale pour la bonne marche des établissements, et le gouvernement en a conscience puisqu’il avait donné des moyens d’urgence à la rentrée 2012. Pourquoi les supprimer au bout d’un an ? Nous avons pourtant besoin d’équipes renforcées et stables pour travailler sereinement. À la rentrée 2013, selon les prévisions de la DSDEN, les collèges ardéchois accueillent 473 élèves de plus et 719 demi-pensionnaires supplémentaires. Et pourtant le nombre de postes d’AED baisse de 5,5.
Cette situation n’est pas une surprise puisque les rectorats de plusieurs académies avaient annoncé dès mai 2013 la suppression de l’équivalent des 2000 postes d’AED créés pour la rentrée 2012. Mais pour l’Ardèche, la note est plus salée encore, puisque avec 4,5 créations en 2012 et 5,5 suppressions en 2013, le solde est négatif malgré l’augmentation des effectifs. D’après le tableau qui nous a été fourni, c’est la pondération liée notamment à la prise en compte du nombre de demi-pensionnaires dans les collèges qui est en forte baisse. Selon quels critères ?

La création de 10 000 emplois aidés (contrats encore plus précaires que ceux des AED) pour le secondaire a été annoncée par le gouvernement mais le calendrier concernant leur arrivée dans les établissements ainsi que la définition de leurs missions restent pour le moins floues. Ils pourraient tout aussi bien assurer des tâches de surveillance qu’accompagner des sorties scolaires ou des animations culturelles ou sportives, participer à l’aide personnalisée dans le cadre de l’accompagnement éducatif ou encore participer à des activités liées à l’orientation ou la gestion des stages en entreprises...
Un vaste programme qui n’est que théorique et n’aide pour l’instant en rien nos collègues des vies scolaires frappés par les suppressions de postes et devant s’accommoder des augmentations d’effectifs.
L’objectif est-il de donner une vraie priorité à l’éducation ou de faire baisser les statistiques du chômage ?

Pour le second degré, une des rares bonnes nouvelles de cette rentrée est la volonté du gouvernement d’améliorer la situation des AVS, reconnaissant ainsi, dans la suite tant attendue de la loi de 2005, que leurs missions sont pérennes et indispensables. Cependant, pourquoi se contenter de CDI ? La FSU demande la création d’un corps de fonctionnaire avec un concours et une réelle formation.

Si on peut comprendre que la priorité soit donnée d’abord au premier degré, nous ne pouvons accepter les beaux discours qui veulent nous faire croire que le changement est arrivé jusqu’au second degré. La situation dans nos classes reste inchangée et la situation administrative de nombreux collègues s’est même dégradée, nous rendant particulièrement inquiets des répercussions de cette rentrée sur la santé de nos collègues.