Debout, la nuit, le jour, toujours…

C’est dans un contexte difficile que s’est déroulé le congrès de Grenoble. Riche de débats et d’action, il a renforcé notre détermination, venant en point d’orgue d’un mois de mars de colère.

Colère des jeunes, qui refusent la précarité pour tout horizon, colère des fonctionnaires, qui, après six années de gel du point d’indice, sont méprisés par ce tout petit pour cent indécent de dégel, qui d’ailleurs, pour petit qu’il soit, n’en a pas moins dû être arraché de haute lutte, colère enfin, de l’ensemble des salariés pas convaincus du tout, malgré les explications répétées, que la casse du code du travail soit l’universelle panacée, et à quoi s’ajoute aujourd’hui le chantage orchestré par le Medef et consorts sur les négociations chômage.

Colère dans notre secteur, où voilà un an que nous menons la bataille contre cette réforme « collège 2016 » qui sape le sens-même de nos métiers et dénature les savoirs.
Drôle de priorité que celle promise à la jeunesse, qui commence par détruire le sens de l’École, pour mieux la cantonner à un avenir sans perspective d’accomplissement.

Le tout, dans un contexte d’État d’urgence, qui vient encore d’être prorogé, et se révèle de plus en plus pour ce qu’il est : un écran de fumée pour ne pas répondre aux besoins de justice sociale et de solidarités, criants, et une situation faite aux migrants, qui est non seulement une honte pour notre pays, mais pour l’Europe tout entière qui fait ainsi le choix dangereux du repli en cédant aux peurs de l’Autre.

Alors, qu’en est-il pour avril ? Le Snes appelle à renforcer et amplifier les mobilisations encore disparates qui se construisent.

Il est bien difficile de savoir si les « Nuits Debout » sont le prélude d’un mouvement de vaste ampleur, ou le fait d’une modalité éphémère, mais elles sont de toute manière le signe de quelque chose qui se transforme, et qui pourrait bien être la possibilité d’existence d’une alternative de gauche.

Aussi, dans cette période et malgré les délais très courts, le Snes, dans la FSU, est pleinement partie prenante de la journée de grève et de manifestation du jeudi 28 avril. Nous devons mobiliser encore et encore, dans la suite du 31 mars.

Bien sûr, nous devrons aussi être nombreux et visibles, encore plus, dans les cortèges du 1er mai. Il est temps que chacun se pose la question de son implication dans ce mouvement contre la loi travail, dont il serait illusoire et dangereux d’imaginer qu’elle ne serait pas aussitôt déclinée dans nos métiers où la précarité cause déjà de lourds méfaits. Nous devons gagner sur la question de la revalorisation de nos salaires, pensions, et conditions de travail. Il nous faut pousser encore pour obtenir l’abrogation de cette loi collège 2016 qui voudrait casser le second degré. Nous l’avons déclaré solennellement dans notre adresse de fin de congrès au Président de la République, « il est encore temps de nous entendre » !

Et ensemble, nombreux, c’est possible !