Ecole, services publics, des idées d'avenir !

« Un grand projet de refondation pour l’école » : plus qu’un argument de campagne, un vrai projet de société…
Après avoir mené tambour battant une vaste consultation pendant tout l’été, affirmé que l’école est et sera une priorité de ce gouvernement, il soumet aujourd’hui au débat parlementaire un projet qui laisse sur sa faim. Sans doute, il faut saluer très positivement la fin de la suppression d’un poste sur deux de fonctionnaires dans l’éducation, car dans le contexte, ce n’est pas rien. Toutefois, il convient de rappeler que c’est à moyens constants dans la fonction publique, ce qui tempère nettement l’enthousiasme.

Des propositions ont été faites. Le Snes, avec la FSU, a participé sans compter à cette consultation, a porté haut et fort son projet d’école et en bout de course, on se retrouve avec un projet de refondation étriqué, qui ne tourne pas radicalement le dos à la réforme du lycée, qui ne mesure pas l’urgence qu’il y a à entamer une rupture claire avec la casse de la voie technologique, à redessiner des repères horaires nationaux, à redonner des contenus de programmes concertés et efficaces pour les élèves, à abaisser les effectifs de façon significative, à en finir définitivement avec le LPC, complètement déconsidéré rien que par le nombre de ses versions successives…

Rien pour desserrer l’étau des DGH : certes, 171 emplois supplémentaires dans notre académie, mais qui serviront essentiellement à décharger un peu les néo recrutés, si tant est que tous les postes mis aux concours soient pourvus, et qui ne couvriront de toute manière pas la totalité de la hausse des effectifs, donc une rentrée aussi difficile que celle que nous venons de vivre.
Pas non plus trace d’une volonté ambitieuse de démocratisation pour l’ensemble des élèves ; on en reste à une conception vieillotte d’un collège rabougris sur le premier degré, avec une fin de scolarité qui stagne à 16 ans à l’heure même où il faut former davantage et mieux tous les jeunes ; et non pas en vue d’une conception chimérique de la société, mais bien parce que le pays, l’économie en ont besoin. Mais aurons-nous les professeurs nécessaires pour cette tâche immense ?
Rien non plus, dans ce projet, pour mettre fin à la terrible crise de recrutement qui sévit dans notre secteur, et qui est la pierre d’achoppement, on le voit bien…

Rien toujours, pour rendre la profession attractive, pas plus en termes de salaires que de conditions d’exercice ou de pré recrutements sérieux : toujours la même antienne du fameux « travailler autrement », entendons travailler plus pour gagner au mieux pareil…

Et que dire de cette manière d’enfourcher la question des rythmes scolaires par le petit bout de la lorgnette ?

Après avoir mené, dans les états généraux qu’il a organisés, le débat avec les collègues que l’institution ne s’est pas donné les moyens de conduire, le Snes académique invite ses adhérents à venir continuer la réflexion sur le projet de refondation, et l’école que nous voulons, sur l’avenir du service public, et d’éducation en particulier à l’occasion de son quatrième congrès d’étude les jeudi 11 et vendredi 12 avril 2013, à la bourse du travail de Grenoble. Nous serons accompagnés, durant ces deux journées, par Roland Hubert, co-secrétaire général du Snes, Denis Paget et Jean-Michel Drevon, membres éminents de l’institut de recherche de la FSU et de Pierre Toussenel, ex-secrétaire général adjoint du Snes, dans la période de la création de la FSU et de la fameuse revalorisation de 1989.

Ces deux journées d’étude feront suite à un temps fort d’action en

faveur de l’école. Le candidat président a souhaité faire de l’école la priorité de son mandat : parce que nous partageons cet objectif, mais que le projet de loi ne comporte pas de mesures, d’ambition à la hauteur du diagnostique que nous faisons en commun, la FSU toute entière a décidé d’appeler à une grande manifestation nationale pour l’école le samedi 6 avril à Paris.

Parce que l’école, les services publics sont des idées modernes ! Parce que c’est l’avenir, soyons nombreux, ensemble, à Paris le 6 avril

- Corinne BAFFERT -