ENFIN…

…le repos s’annonce, après une année décevante. Certes, la saignée opérée dans le monde enseignant semble être stoppée, mais les mesures ne sont pas prises pour endiguer la crise de recrutement qui ne semble toujours pas appréhendée dans toute son ampleur. Nous n’avons pas vu de rupture marquée avec les politiques précédentes…
« Vous êtes la dernière génération sacrifiée » avait clamé le ministre à nos collègues néo-recrutés en septembre 2012 ; il pourra réutiliser la formule, en ajoutant des variantes à l’adresse des étudiants contractuels, si ceux-ci acceptent toutefois les contrats…

Tous les ingrédients sont réunis pour que la rentrée soit explosive et catastrophique : on ne sait pas si tous les postes seront pourvus, ni comment se passeront les choses dans les établissements si les personnels envisagés n’arrivent pas. Cela laisse présager de situations difficiles pour les TZR, qui seront, en bout de course, et tardivement, sommés de boucher les trous…

Bureau académique du 2 juillet

Les conditions d’exercice, déjà très tendues, ne vont pas s’assouplir et les emplois du temps, déjà bien complexes à cause des réformes, vont subir encore des contraintes nouvelles.

Pour autant, il importera de veiller à accueillir syndicalement tous ces nouveaux collègues, et à les aider dans ces situations difficiles.
Si la loi d’orientation a été adoptée dans l’indifférence quasi générale, les dossiers éducation prioritaire et lycées seront sur le devant de la scène, et il faudra bien sortir de l’attentisme. Nous savons bien que nous devrons nous faire entendre, et que ce sera la responsabilité de chacun de ne pas se contenter de faire le dos rond. Nos métiers n’attirent plus : seule une revalorisation salariale et de nos conditions d’exercice peuvent motiver de nouveau les jeunes à s’engager dans les métiers de l’éducation. Nous devons être déterminés.

Alors que de nouveaux coups bas se profilent sur les retraites, le MEDEF, par la voix de son nouveau chef Gattaz (Pierre, le fils, pas Yvon, le retour !) désigne le code du travail comme la source de tous les maux, décrit la France comme un jardin, mais qui comporte des cailloux et des ronces, [sic], il veut dire des syndicats, des cotisations sociales, des lois en matières de licenciement…
Assurément, ce monsieur fait des efforts pour manier la pastorale, mais il ne dit pas comment il voit les salariés…des moutons ?

Le MEDEF toujours, qui continue son œuvre de propagande, s’en est aussi pris aux sujets du bac d’économie, dénonçant trop d’idéologie parce qu’il y était question d’analyser le rôle des conflits sociaux ; comme disait ma grand-mère, c’est vraiment l’hôpital qui se fout de la charité ! Ce bac, qui a déchainé les esprits, à commencer par celui (si l’on peut parler d’esprit) du Snpden-UNSA, le pointant tout à coup comme tellement dispendieux, n’hésitant pas à mêler le coût de l’examen à nos salaires… Mais en bonne propagande, il ne faut pas être trop regardant, et le choc compte davantage que le chic !

Selon l’évolution des discussions qui s’engagent, sur les retraites notamment, nous savons que dès la rentrée, nous devrons être en capacité de mettre en échec cette idée scélérate qui consiste à faire accepter la diminution des retraites : c’est bien là l’enjeu, il ne s’est jamais agi de travailler plus longtemps, et la mise au chômage des salariés bien avant 60 ans en témoigne clairement. D’ores et déjà la FSU, la CGT, FO, et Solidaires appellent à une journée nationale d’action interprofessionnelle, le 10 septembre prochain.

Par ailleurs, dans ces tout premiers jours de juillet, plusieurs collèges ont dû déposer un préavis de grève pour la rentrée, suite à des suppressions sauvages de divisions, et des effectifs qui flirtent avec les records.

Notre conseil syndical académique, initialement prévu le jeudi 12 septembre, se tiendra le vendredi 30 août prochain de façon à diffuser le plus d’information et à élaborer ensemble la stratégie et les répliques à construire, dès la prérentrée, dans tous les établissements.

Dans ce contexte où l’épuisement domine souvent, c’est avec beaucoup de soulagement que nous touchons enfin au rivage. Alors, même si nous savons bien que la vigilance est de mise,

bonnes vacances, malgré tout !
Le Vercors, une résistance minérale

C’est tout à fait déterminés que nous nous donnons rendez-vous à la rentrée.

-  Corinne BAFFERT -