À la suite des circulaires ministérielles de non-cadrage sur la formation des futurs enseignants et CPE, le recteur de Grenoble a présenté un dispositif défini comme devant être un scénario soutenable et organisable.

Les stagiaires seront affectés à temps complet. L’implantation des supports de stage ne tient en aucun compte de l’éloignement des centres de formation et des établissements en ZEP accueilleront des stagiaires, alors que la possibilité, sous la pression du SNES, avait été donné aux actuels PLC2 de ne pas être affectés en ZEP. Le rectorat est lui-même en contradiction en prévoyant un support de stage au collège de Scionzier, collège EVA, pour lequel les néo-titulaires peuvent demander à ne pas être affectés lors de leurs vœux pour le mouvement Intra ! Certains stagiaires seront affectés sur deux établissements ou ne pourront pas bénéficier d’enseignants-tuteurs dans leur établissement.

L’implantation des supports aux limites de l’académie aura des conséquences désastreuses dès la rentrée et pendant toute l’année scolaire. Les stagiaires, qui connaissent leur académie d’affectation début août et leur établissement fin août, n’auront que quelques jours pour trouver un logement avant la rentrée. Par la suite, en choisissant de recourir aux étudiants pour les remplacements, le rectorat considère que des étudiants parcourront plus de 200 km par jour pendant 6 semaines pour assurer un service de 18h pour le pourboire de 3000 euros (les joies des effets d’annonce qui oublient de parler des salaires nets et de la durée réelle de travail qui font de ces étudiants des futurs vacataires !), ces mêmes étudiants devant finir leur cursus en master 2 et préparer l’oral du concours pendant ce temps !


La formation, théoriquement prévue pour un tiers de temps est ramenée à 5 semaines sur 36 au prétexte que le temps passé auprès du tuteur est comptabilisé dans cette formation, alors que stagiaire et les tuteurs ont chacun un temps complet d’enseignement. Les 5 semaines de formation se décomposent en 2 jours d’accueil avant la rentrée ; 4 journées au premier trimestre ; 4 semaines de formation au cours du second trimestre. L’innovation grandiose est le " tuilage " de 2 semaines entre ces stagiaires et les étudiants préparant les concours qui devront les remplacer. Ainsi, ces jeunes collèges auxquels on refuse une vraie formation devront eux-mêmes former ceux qui les remplaceront pendant leur formation !

Au final, ce sont plus de 60 000 élèves dans l’académie qui connaîtront des problèmes de remplacement et de continuité pédagogique. Au collège ou au lycée, les stagiaires auront des classes à examen dans leur service.

À ce jour, nous n’avons aucune information sur la rémunération et les conditions de travail des tuteurs dans les établissements. Les seuls éléments connus sont que les tuteurs auront l’ensemble de leur service à accomplir et devront « former » les stagiaires en plus de celui-c pour une durée de 6 heures par semaine. Le rectorat considère que l’on peut faire le choix de faire assumer cette formation par l’équipe pédagogique. C’est totalement méconnaître la réalité d’un établissement dans lequel, pour nombre de disciplines, les équipes pédagogiques se résument à deux collègues, voire un seul, et que le choix du recours aux heures supplémentaires pour absorber les destructions de postes ne permet pas des conditions de travail supportables. Quant à la rémunération des tuteurs, la circulaire ministérielle prévoit que le tuteur sera « rétribué en conséquence »
(Nous ne pouvons que nous rappeler le recours massif aux HSE lors de la mise en place de l’accompagnement éducatif qui n’a finalement pas été si massif que cela quand il fallut payer les heures au milieu de l’année !)

Où se trouve la formation des futurs enseignants ? C’est vers les universités que le recteur se tourne.
Aujourd’hui les universités préparent les maquettes des futurs masters. En sacrifiant l’année de formation des stagiaires, en niant le potentiel des IUFM, c’est à une dégradation profonde de la formation que conduiront ces masters ; l’organisation des enseignements et les volumes de formation proposés ne permettront ni une préparation aux concours, ni une formation au métier d’enseignant, ni un véritable travail de recherche.

Le SNES et la FSU ont toujours dénoncé une réforme de la formation des enseignants qui considère le métier d’enseignant comme un job nécessitant aucune formation. Contre une réforme gouvernementale qui préfigure une rentrée désastreuse, la FSU oppose le projet d’une véritable élévation du niveau de qualification et de formation des enseignants, profitable à l’ensemble de la société. C’est pour ce projet que luttent les syndicats de la FSU de la maternelle à l’université en refusant d’être tuteurs, en alertant les parents, la population, etc., contre la mise en place de la réforme gouvernementale à la rentrée.

Le SNES a refusé de participer à une mascarade de Groupe de travail lors de la présentation de ce dispositif, pour lequel le rectorat ne prévoyait aucune discussion et un rassemblement des formateurs de l’IUFM, du SNESup, de la FCPE, de l’UNEF, du SNES, du SNES et du SNUEP a eu lieu lors de ce groupe de travail. Seuls le SE-UNSA, le SGEN et le SNALC ont accepté de participer à cette « réunion d’information » avec le recteur, suite à notre départ.

Dans les établissements, beaucoup se sont déjà exprimés contre l’accueil des étudiants dans le cadre des stages en responsabilité de 108h. Le SNES, le SNEP et le SNUEP invitent l’ensemble des collègues à ne pas cautionner cette destruction de la formation des enseignants, en adressant aux IPR leur refus d’être tuteur pour la rentrée prochaine et en informant les parents d’élèves lors des CA sur les conséquences de cette réforme.

Ensemble exigeons que les postes vacants soient offerts au mouvement et les stagiaires affectés en décharge de service de conseillers pédagogiques volontaires qui pourront ainsi disposer du temps nécessaire pour se consacrer à cette tâche et s’y former.