Le ministère a donné son accord pour l’organisation d’une demi-journée banalisée dans tous les collèges, après les vacances de printemps, sur la question du livret de compétences. Nous sommes toujours aujourd’hui en attente des modalités académiques et départementales.
La date n’est pas anodine. Suivi par le SGEN, il est clair que les chefs d’établissement vont se servir de cette journée pour organiser la validation du livret, diviser les différents items entre les collègues, dans la plus grande démocratie et dans le plus grand respect de notre travail et de celui des élèves.

Il est clair que cette demi-journée arrive un peu tard pour plusieurs collèges qui ont déjà discuté de la question.
Pour le collège des Saules à Grenoble, c’est le refus de remplir ce livret qui a été réaffirmé, tout comme au collège de La Mure
Au collège de Crussol en Ardèche, « les collègues ont eu un exposé concernant le logiciel Sacoche durant une réunion obligatoire qui compensait une journée de pont au mois de mai prochain. Ensuite une réunion des profs principaux de 3e a eu lieu. Depuis, la consigne donnée par la chef d’établissement est la suivante : les élèves qui ont 12 de moyenne en troisième sont validés, pour les autres nous déciderons au cas par cas. Ce message a été transmis lors des conseils de classe du 2e trimestre. »
Dans nombre de collèges, les usines à gaz s’empilent, les collègues s’apercevant que l’on valide pour eux ou qu’ils n’ont plus besoin de le faire : rien à cocher pour l’enseignant de LV2 quand celui de LV1 est passé devant. Et le tout, sur des logiciels pour lesquels le ministère a clairement indiqué aux recteurs le 24 novembre 2010 « les difficultés que peuvent engendrer certaines autres applications non conformes à l’esprit du socle commun, ni aux principes qui prévalent pour l’évaluation et la validation des compétences (par exemple, transformation des notes en compétences, découpage à l’extrême des items évacuant la notion de compétences, validations automatiques sur seuils...) ». La seule application réglementaire est à ce jour LPC, tout autre logiciel ne permettant pas d’éditer les attestations pour l’obtention du livret.
L’enjeu de cette demi-journée apparaît donc clairement : un atelier de croix pour que les statistiques soient bonnes et que tout rentre dans les objectifs fixés par le rectorat pour l’établissement.
Où est l’intérêt des élèves dans cela ? Les réactions des collègues montrent bien les multiples problèmes que posent la validation de ce livret dans l’ambition portée par le socle pour nos élèves.
Nous devons syndicalement et pédagogiquement investir cette demi-journée afin de débattre avec les collègues sur le fond, leur faire connaître plus largement nos analyses et faire remonter au rectorat, aux parents, au ministère, les redoutables problèmes posés par le LPC ainsi que le refus de la profession de se prêter à cette évaluation morcelée et problématique.

Le SNES continue de demander une journée banalisée complète pour que les débats ne soient pas bâclés, et une période commune à tous les collèges pour qu’une synthèse syndicale nationale puisse être plus facilement réalisée.

L’enjeu est bien de convaincre les collègues que l’avenir de la jeunesse et de l’ensemble du système éducatif mérite mieux que la marche forcée sur des a priori pédagogiques non démontrés, une évaluation bricolée et problématique, qui nous sont imposés à travers ce livret personnel de compétences, et donc de mener campagne pour obtenir un moratoire.

Si au 3e trimestre le ministère s’entête à imposer à la profession de renseigner ce livret, le SNES appellera à valider in fine les sept compétences du socle pour tous les élèves de 3e. Cette solution alternative permettrait en effet de s’acquitter d’une tâche administrative qui ne fait aucun sens pédagogique, mais sans pénaliser les élèves pour l’obtention de leur DNB. L’idée n’est pas d’entrer dans le détail des items qui composent les sept compétences ni de les valider tous (la validation de l’item « savoir nager » pour tous les élèves poserait par exemple un problème de responsabilité à nos collègues d’EPS ; et que dire de la validation de comportements ?), mais de ne valider que chaque « compétence », ce qui au passage entraînerait beaucoup moins de travail pour les professeurs principaux chargés de renseigner le LPC. Le ministère n’impose d’ailleurs dans aucun texte la validation de chaque item.

Publications et outils pour animer les débats sont téléchargeables sur le site du SNES : http://www.snes.edu/LPC-investir-la-journee-banalisee.html

En complément de nos analyses et en réponse aux arguments du Ministère et des promoteurs du livret qui ne tirent que des bilans positifs du Premier degré, le SNUIPP a édité une brochure qui développe, entre autres, la question du fichage : à télécharger, lire et diffuser sans modération.