3 décembre 2007

Nos métiers

Le rapport Reiss peut-il être considéré comme un rapport de plus ?

La diffusion de la teneur du rapport a provoqué une très forte émotion dans les CIO. Et ce d’autant plus que quelques jours plus tard, le 13 novembre, lors d’une audience du SNES avec Darcos, les propos étaient fort proches : suppression du titre, transfert des CIO aux régions, transfert des missions des COPSY vers les enseignants.

Rappelons ses principales conclusions :

- Nécessité de « diversifier le recrutement des COP » et les rattacher aux établissements.

La licence de psychologie ne serait plus exigée et n’importe quel candidat d’une autre fonction publique ou ayant simplement 10 ans d’expérience dans son emploi pour passer le concours. Dans le cadre des dispositions réglementaires sur le titre de psychologue, ces nouveaux personnels ne seraient évidemment pas psychologues.

- Les missions seraient recentrées sur «  la mission de faire connaître le monde économique, les entreprises, les formations et leurs possibilités d’insertion professionnelle » (C’est une reprise du rapport Lunel !).

-  Les CIO seraient rattachés aux régions après une phase d’expérimentation. Le nombre de CIO devrait être réduit pour coller aux bassins d’emploi.

« Cette phase de restructuration pourrait être piloté par un établissement public régional « mutualisateur » avant d’opérer le rattachement effectif des Centres restant aux régions ».

« Le personnel des CIO ainsi redéployés devrait comprendre des agents publics locaux, des agents permanents de l’ANPE, des agents mis à disposition par l’Etat y compris des enseignants et des fonctionnaires du Ministère du Travail ainsi que des contractuels ».

Conclusion :

La disparition des CIO fondus dans des guichets uniques centrés sur un autre public avec d’autres missions :

    • Des conseillers qui ne seraient plus psychologues mais informateurs et VRP des métiers,
    • Des équipes de CIO démantelées, éclatées,
    • Des DCIO redevenant conseillers ou responsables d’un pôle information-orientation dans un guichet unique dirigé par les services de l’emploi ou de l’insertion.

Rumeurs ? Manœuvres syndicales, tout cela ?

Malheureusement non. Ces propositions sont complètement cohérentes avec une réforme du 2nd degré qui se profile.

Au collège :

Xavier Darcos l’a déclaré récemment, si l’apprentissage junior est effectivement supprimé, il ne serait pas exclu de rétablir les classes de préapprentissage à partir de 14 ans. L’éducation aux métiers devrait commencer en 5e, l’orientation post 3e pourrait porter dans un avenir proche sur 2 voies : une voie générale, une voie technologique et professionnelle refondue (Bac Techno. – Bac Pro.).En effet la généralisation des bacs pro 3 ans à la place des BEP devrait s’accompagner d’une élévation du niveau requis afin de favoriser les poursuites d’études. Concernant le niveau 5 il ne restera plus que des CAP, néanmoins les augmentations de capacités ne seraient possibles que par l’apprentissage.

Xavier Darcos vient d’envoyer des consignes aux recteurs leur demandant de transformer de 50% à 30% selon les filières, les sections de BEP en Bac Pro. 3 ans pour la rentrée 2008. Mesure financée à moyens constants, ce qui va réduire d’autant les crédits pour les diplômes de niveau V.

Au lycée professionnel :

Le rapport du sénateur Carle sur la formation professionnelle envisageait de confier les formations de niveau V aux régions, notamment par le biais de l’apprentissage et de ne laisser subsister que le CAP au niveau V. L’application de ces mesures consacrerait la mort des LP publics et d’une stratégie de formation des « petits pas » souvent adoptée par les jeunes de milieu populaire que peuvent accéder à des diplômes supérieurs grâce à l’acquisition de diplômes intermédiaires. Puisque les LP publics ne formeraient plus qu’au Bac pro 3 ans dans un terme relativement rapide (rentrée 2010).

On peut craindre que ne se développent des certifications professionnelles en lieu et place de diplômes nationaux.

Au lycée :

On parle beaucoup au ministère d’une réforme de la classe de 2nde visant à supprimer la majeure partie des options, qui s’accompagnera ensuite d’une importante réforme du lycée.

La réduction des coûts pilotant toutes ces réformes, se dessine un bac unique aux contenus et aux horaires réduits doté d’une ou deux options pour marquer un semblant de diversification. La fusion des Bac Pro et Techno est envisagée. Si l’objectif de porter 50 % d’une classe d’âge à un diplôme de l’enseignement supérieur est avancé, il est clair que celui-ci ne sera pas atteint par l’accroissement du nombre de jeunes bacheliers. C’est le silence qui répond aux interrogations des 80 % d’une classe d’âge au bac !

Le nombre de diplômés du supérieur atteignant déjà près de 47 %. L’effort à fournir reste très limité. Par contre, tout porte à croire que la sélection s’effectuera à l’entrée en 2nde.

Toutes ces mesures devraient s’accompagner de réductions massives de postes. Moins 20 000 par an sont exigés par la Révision générale des politiques publiques !

Combien de professeurs de LP et de séries technologiques se retrouveraient sans postes ?

- On comprend mieux l’acharnement à recruter des conseillers d’orientation non psychologues ! Une voie de reconversion par des enseignants que le MEN privera d’enseignement.
- Cette politique, si elle se mettait effectivement en place serait désastreuse pour l’avenir des jeunes et pour le service public d’éducation. Elle réduirait la conception éducative et développementale de l’orientation qui prévaut en France, à une simple gestion des flux en fonction de l’insertion professionnelle à court terme.


Informer, mobiliser, discuter collectivement

- Vigilance pour préserver le réseau des CIO. La restructuration du réseau des CIO commence à se mettre en place dans certaines académies (Ile de France, Besançon...). Il faut dès les premières menaces de fermeture ou de fusion alerter les sections académiques et départementales du Snes, prendre contacts avec les élus et les parents d’élèves.

- Utiliser le prochain courrier de secrétaire de S1 du Snes qui va arriver dans les CIO pour s’exprimer conjointement avec les enseignants sur le refus du transfert des fonctions, notamment à l’occasion de la mise en place des entretiens 3e et 1re

- Discuter collectivement sur la base des propositions du SNES à une évolution du métier pour :

  • Sauvegarder notre statut de psychologue et nos missions
  • Maintenir notre statut de fonctionnaire d’état
  • Ancrer nos services dans l’éducation nationale
  • Préserver le réseau des CIO et la fonction des DCIO
  • Garantir notre indépendance par rapport aux pouvoirs locaux
  • Permettre une réelle amélioration des services rendus aux
    élèves et aux familles et des conditions d’exercice

UILISER LES QUESTIONNAIRES à renseigner collectivement et retourner individuellement : nous sommes en train de les dépouiller et cela nous permettra d’être porteur de revendications collectives.

Les collègues du SNES de votre académie vont proposer prochainement des réunions pour organiser des actions.