« Maintenant, on attaque l'os ! »

Le bureau académique du 8 septembre a procédé à une première appréciation des conditions de la rentrée 2009. Il faudra sans soute encore quelques jours pour évaluer la réalité dans sa globalité académique mais les premières remontées d’établissements, les échanges sur la liste de discussion entre S1, les appels et courriels au S3 comme dans les sections départementales commencent à esquisser le tableau de cette réalité.

Contrairement à ce que l’administration avait prétendu, les suppressions de postes ne sont pas sans conséquences sur les structures pédagogiques et les taux d’encadrement des élèves des lycées et collèges. Le titre de l’article est repris d’une exclamation du secrétaire départemental de l’Isère lors de ce bureau académique. Sous réserve d’une étude plus exhaustive et affinée, nous pouvons d’ores et déjà pointer les grandes lignes de la situation.

  • Augmentation sensible des effectifs des classes, en particulier en lycée : les classes supérieures à 35 élèves semblent plus nombreuses et surtout leurs effectifs rendent vers 38 / 39 ; elles peuvent coexister avec des classes à 24 non dédoublées pour la gestion optimale des moyens.
  • Pressions accrues pour faire accepter les heures supplémentaires : après les IDD [1] en collège et l’AI [2] (lettres – maths) en seconde, l’ECJS [3] est parfois sortie du service normal pour être imposée en HS [4] ; les minorations d’ORS [5] prévues au décret de 50 se traduisent systématiquement en HS.
  • Le maintien de postes (pour ne pas afficher les suppressions) sans les heures d’enseignements correspondantes (pour absorber les suppressions d’emplois publics se traduisent par un nombre accru de compléments de services de plus en plus éloignés : on a pu compter dans un collège ZEP jusqu’à 25 % des enseignants en service partagé !
  • Explosion du recours aux vacataires qui devient systématique pour assurer les enseignements initialement prévus en HS dans le TRMD [6]. Dans de nombreuses situations ces HS ont été refusées par les enseignants mais souvent elles étaient tout simplement inabsorbables en raison même de la diminution des équipes pédagogiques et des services partagés. Ce recours aux vacataires sur des volants d’HS gagées pour leur recrutement atteint un point jamais atteint, alors même que des contractuels anciens ne sont pas réemployés.
  • Pressions hiérarchiques locales, pédagogiques ou académiques sur les collègues autorisés à exercer à temps partiel pour faire coïncider exactement leur quotité avec les besoins du TRMD.
  • Il faut ajouter à cette situation de rentrée les conséquences bientôt visibles de la destruction du potentiel de remplacement dans de nombreuses disciplines où les TZR restants sont déjà tous affectés à l’année, comme par exemple en éducation pour les CPE, tandis que dans les disciplines où ils sont encore assez nombreux, ils se voient imposer des remplacements sans respect de leurs qualifications.

Les militants du S3 et des S2 sont au travail pour faire un point plus précis sur ces questions — ne pas hésiter à faire remonter les informations — afin de préparer une intervention en direction des médias et de l’opinion comme une demande d’audience auprès des autorités académiques.

Les échanges entre académies montrent que la situation de l’académie de Grenoble n’est pas exceptionnelle. Le Conseil national des 15 et 16 septembre fera le point sur la rentrée et devrait proposer rapidement une action d’ampleur nationale sur ces questions. Le bureau académique invite les S1 et les personnels des établissements à prendre des initiatives en direction des parents d’élèves et de l’opinion pour faire connaitre largement les situations locales.