Mounier et les états généraux

Non, il ne s’agit pas de Jean Joseph et de son rôle au lendemain de la journée des tuiles, mais bien d’Emmanuel Mounier dont l’esprit de résistance semble inspirer les personnels, les élèves et les parents du lycée dont il est le héros éponyme.

A l’occasion des « état généraux du renouveau », week-end de débats et d’échanges sous l’égide du quotidien « Libération » et de l’hebdomadaire « Marianne ». L’occasion pour les « Mounier » d’interpeller des personnalités politiques nationales sur la situation et le devenir de leur lycée.


La lutte des "Mounier" à Grenoble depuis 4 mois.
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Douche écossaise

Le 20 janvier, l’accès au rectorat aux couleurs de Mounier

Après quatre mois de luttes, il y avait eu l’espoir du rapport des médiateurs qui, s’il n’est est pas satisfaisant, compte tenu de l’effectif préconisé et de la disparition des BTS, avait le mérite de maintenir une activité de la seconde au bac au lycée le temps du chantier de reconstruction. Puis, la tiédeur de l’accueil de ces conclusions par le Président de Région inquiétait de nouveau. Avec raison puisque le jour même du CTPA, occasion d’un rassemblement et d’une chorégraphie déjà relatée, les lycées recevaient leur dotation pour l’an prochain : pour Mounier, les effectifs attendus étaient de 371 élèves, à l’évidence sans recrutement de seconde ; dans le même temps un nouveau courrier du président de région évoquait un maximum de 300 élèves à la rentrée prochaine. Pourtant aucune décision de modification de structures, ni pour les secondes, ni pour les BTS, n’est soumise aux représentants des personnels dans le CTPA. Cette douche froide qui entrainait dès le 21 le blocage de l’établissement, alors mêmes que depuis quatre mois, le nombre d’heures de cours perdues, hors mobilisation sur les retraites, avaient été très limitées et que le fonctionnement normal du lycée s’était poursuivi.

En début de semaine,nous passons du blocage du lycée à celui du rectorat, puisque il semble bien, malgré ses dénégations et le renvoi de responsabilité sur la région, que le recteur soit désormais le principal obstacle à la mise en œuvre des conclusions de la médiation. Le lundi les choses se passent assez bien, mais le mardi les forces de police repoussent violemment les manifestants, tandis que dans une conférence de presse, le Recteur réaffirme la responsabilité de la région dans ce dossier.

Jeudi 27, nouvel espoir : la veille, la commission « lycées » de la région a adopté à l’unanimité des présents (toutes les composantes de la majorité régionale, y compris la vice-présidente chargée des lycées) une motion engageant l’assemblée régionale sur la solution préconisée par les médiateurs. Des conseillers régionaux de différents groupes viennent l’annoncer dans l’AG du matin.

Le CAEN n’aura pas lieu,

pas avant le 7 février en tout cas...
Le CAEN, convoqué à 16h30 ne pourra se tenir faute de quorum ; dès 15 h 30, le comité d’accueil des participants, avec les moyens logistiques de la FSU, étaient sur place devant le Rectorat. Cette absence de quorum est un mal endémique de cette instance où de très nombreuses parties prenantes de l’éducation sont en principe représentées sans pour autant y trouver toutes un intérêts ; les représentants des personnels, les parents d’élèves et les conseillers régionaux étaient, eux, bien présents. Ils n’ont malheureusement pas pu interpeller enfin ensemble les décideurs de l’Etat (Recteur) et de la Région(vice présidente) pour sortir du renvoi de balle réciproque de ces dernières semaines.

« Les Etats généraux »

De vendredi à samedi plusieurs personnalités nationales et régionales sont attendues à Grenoble pour cette initiative. Ils ont été contactés e amont par le collectif Mounier, selon les réseaux et les inclinations particulières des uns et des autres. Les attachés parlementaires ont cherché depuis plusieurs jours à en savoir plus sur le dossier. Dès la descente de train ces personnalités peuvent lire le logo sur les trottoirs devant la gare, les quais de tramway et sur des banderoles brandies à leur accueil. Cela se poursuit pendant les visites, comme la presse ne manque pas de le relater. Nous sommes encore présents, vendredi après midi, avec le barnum et la sono de la FSU 38 devant la Maison de la Culture ou se tient le colloque.

Dauphiné Libéré du 29 janvier

Plusieurs personnalités ou leur représentants sont passées devant le lycée, au campement , où le blocage s’est poursuivi jusqu’à samedi.
Lundi matin les cours reprennent normalement, mais le collectif reste vigilant et attend maintenant des décisions qui prennent en compte les conclusion des médiateurs et la motion de la Région.

Il appartient désormais au Recteur, voire au ministre qu’il représente, de mettre un terme positif à cette attente !


Ségolène apprend à l’élève Queyranne à reconstruire Mounier
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