4 février 2016

Sections départementales

Que l’esprit de la réforme soit sur vous !

Ce jeudi 28 janvier s’est tenu le deuxième CTSD de l’Ardèche. Au surlendemain d’une grève qui a mobilisé plus de 50% des enseignants de collège dans le département, la FSU a rappelé dans sa déclaration liminaire (en pièce jointe) les raisons de son opposition à la réforme et a dénoncé les conditions aberrantes dans lesquelles elle était mise en place.

La réforme, une chance pour les enseignants

Dans sa réponse, M. l’IA-Dasen a pris le temps de défendre « l’esprit de la réforme » : réflexion, innovation, basculement qualitatif, partage, ouverture, ou l’art de s’approprier des termes et des valeurs. Plus d’1h30 de discussions préliminaires durant lesquelles, sans jamais chercher à entendre les arguments de la FSU, qu’ils soient techniques ou pédagogiques, il a repris la rhétorique du ministère en tentant d’opposer les enseignants modèles et les autres, ceux qui refusent cette réforme, ceux qui ont peur ou qui ne comprennent rien, ceux ne font pas d’efforts, et les pires, ceux qui n’ont aucune déontologie et maltraitent les courageux enseignants formateurs. La réforme serait d’ailleurs le signe clair, net, d’une reconnaissance de la liberté pédagogique des enseignants, ces « forces vives » des établissements. Amen.

Vive le numérique !

Sur la question du numérique qui a suivi, à l’habituel enthousiasme des chefs d’établissements présents ont succédé nos questionnements de « forces vives » empêchées dans leur élan enthousiaste vers l’innovation par les soucis techniques. Pas de réponse particulière sur ce point mais il sera intéressant de retenir qu’en matière de numérique « il ne faut pas attendre d’avoir le matériel pour développer les usages. »

Abnégation et dévouement

Dès lors a pu commencer l’examen des dotations dans les collèges ardéchois. M. l’IA-Dasen a tenu à souligner l’effort de l’état qui maintient des moyens alors que les effectifs sont en légère baisse, alors que les collèges d’Ardèche les plus en difficulté le seraient tout de même moins que les collèges en difficulté d’autres départements. Il a également rappelé que le taux d’élèves par division était en-dessous de la moyenne nationale.

La FSU a fait remarquer que les calculs du taux d’heures supplémentaires des enseignants étaient erronés puisqu’ils ne prenaient pas en compte les IMP et a insisté sur la nécessité de reconnaître que leur charge de travail ne cessait de s’alourdir. Elle a rappelé que certaines missions, désormais rémunérées par des IMP, donnait auparavant droit à une décharge horaire du temps de service. Le chef d’établissement de Largentière a tenu à exprimer l’attention de ses pairs aux difficultés des enseignants, celui du Teil le souci de ses pairs pour éviter BMP et services partagés, M. l’IA-Dasen la nécessité d’une solidarité plus importante des enseignants entre eux, d’un effort collectif en ce sens. Bien pratique.

Le rapprochement Collège-Segpa

La globalisation des IMP Segpa dans l’enveloppe IMP du collège auquel elle est rattachée s’explique, quant à elle, par la liaison de plus en plus ténue entre les deux structures et la logique d’autonomie prônée par la réforme.

Cependant, M. l’IA-Dasen a assuré que l’existence des Segpa n’étaient pas remise en cause et qu’avec cette volonté d’inclure les élèves de 6e Segpa dans les classes ordinaires, il s’agirait d’ « engager une réflexion sur la démarche d’inclusion la plus favorable », autrement dit de généraliser un dispositif pour engager la réflexion sur ce dispositif, en toute logique. Un autre avantage de ces inclusions, nous a-t-on expliqué, serait de pouvoir contourner le refus des parents, mais également de permettre des situations de co-enseignement : la pratique pédagogique semble être devenue un objectif en soi.

La réserve départementale

Une réserve de 12,5 IMP dans la réserve départementale a suscité la curiosité de la FSU : il s’agirait en vérité de garder quelques IMP pour « encourager les actions en lien avec la réforme ». Dans la même logique, la tirelire à bons points départementale compte encore quelques 84 H qui ne devraient pas être utilisées pour ouvrir des structures mais pour mettre en œuvre des activités innovantes dans les établissements (inclusions, numérique, expérimentations).

Uniformité pour tous

Aux questions au sujet du financement des sections sportives à caractère éducatif, M. l’IA-Dasen a renvoyé à l’autonomie de l’établissement. Au chef d’établissement du Teil qui s’enquérait de l’ouverture de nouvelles sections sportives - escalade au Pouzin, handball au Teil et rugby à Guilherand-Granges - il a annoncé l’avis défavorable du rectorat.

Pour répondre aux questions de la FSU sur la continuité pédagogique pour les élèves qui avaient commencé une section européenne cette année, il a fait un lien entre ces voies de réussite et l’origine sociale des élèves, mettant aussi en parallèle les voyages scolaires, bien inutiles selon lui puisque les élèves qui y participent auraient déjà la possibilité de partir par d’autres biais que celui de l’école.

Au-delà du critère d’ouverture intellectuelle, au-delà du critère de mixité sociale, le ratio entre le nombre d’heures consommées et le nombre d’élèves sur un établissement qui en bénéficient est donc désormais le seul calcul pris en compte par les services de l’éducation nationale.

Les Ulis en Ardèche

L’ouverture d’une classe Ulis est envisagée au collège du Teil. M. l’IA-Dasen a assuré de sa vigilance à ce sujet et a annoncé la création d’un poste d’enseignant dans la carte scolaire du 1er degré pour le suivi de scolarisation des élèves en Ulis. L’inspecteur en charge de l’ASH a confirmé qu’il n’y avait eu aucune difficulté à intégrer les élèves en Ulis cette année et que le département serait très bien doté pour la rentrée.

L’incursion du privé dans l’offre des langues vivantes

La FSU a en outre exprimé son profond désaccord avec la volonté affichée de Mme la Rectrice de « trouver un équilibre enseignement public/enseignement privé quant au choix des langues vivantes dans les différents secteurs géographiques ». L’argument de la continuité pédagogique avec le premier degré ne tenant pas pour expliquer les choix faits dans certains secteurs, M. l’IA-Dasen a botté en touche, tout en niant la mise en concurrence entre les établissements.

La FSU a également interpellé sur le devenir des élèves de 6e ayant commencé une langue et la possibilité qu’ils soient réunis avec des élèves débutants de 5e, mais l’administration a une nouvelle fois renvoyé le problème à l’autonomie des établissements, aux choix nécessaires qui seraient à faire et à la récurrente marge de manœuvre.

Sur la nouvelle organisation des rythmes dans le 1er degré à Annonay

Ce CTSD s’est conclu sur une question diverse de la FSU au sujet des rythmes scolaires dans le 1er degré, la mairie d’Annonay ayant présenté un projet d’évolution des horaires le 15 janvier dernier aux PE des écoles concernées. M. IA-Dasen a rappelé que si les municipalités avaient le droit de réfléchir, le protocole devrait être adopté en conseil d’école, présenté à la DSDEN et au CDEN, avant d’être entériné, par conséquent, il ne serait pas question que cette proposition soit mise en place à la rentrée prochaine. La FSU a exprimé son souhait de saisir le CHSCT dans un but préventif afin de réfléchir en amont à l’impact qu’aurait cette nouvelle organisation sur les conditions de travail des personnels. M. IA-Dasen a concédé une inscription à l’ordre du jour du prochain CHSCT de cette question au niveau global, sans désigner un territoire en particulier.


Ce CTSD marathon qui a duré trois heures a confirmé l’obstination d’une administration qui, quoique disposée à argumenter, à expliquer et à convaincre - à pommader un peu également - n’entend toujours pas les enseignants.
De quoi reprendre à notre compte le pertinent aphorisme entendu ce matin-là, auquel la mobilisation du mardi 26 donne une résonance toute particulière, pour nous encourager à poursuivre la lutte et conforter la position syndicaliste : « La force de l’individu naîtra de l’effort collectif. »

Déclaration liminaire de la FSU