19 mai 2009

Sections départementales

Reconquête du mois de juin dans les collèges...

A grand renfort de communication sur les millions dépensés pour rien par l’État, sur le service non assuré "dû" aux élèves et à leurs familles , avec en filigrane l’idée que ces fainéants de profs ne font plus rien dès que les beaux jours reviennent ; le ministère a décidé de reconquérir le mois de juin ! Sur le terrain cela se traduit concrètement par des dates de conseils de classe tardives (du 15-16 juin pour les classes de troisième au 24-25 pour les classes de quatrième), des épreuves de brevet les 30 juin et 1er juillet et corrections le 2 juillet (l’année se terminant ce jour, il n’y a plus qu’à espérer qu’aucun problème ne vienne perturber le bon déroulement des opérations).

Tout cela peut sembler fort sympathique : on va avoir plus de temps pour terminer les programmes, les élèves éviteront les premiers coups de soleil... Mais, outre le fait que cela ne laisse aucune marge de manœuvre pour faire face au moindre « couac » (un serveur informatique en rade 24 heures par exemple...), se pose la question de la réalité du terrain.

Pour l’orientation des élèves de troisième, le serveur académique permettant de saisir les vœux des élèves ferme le 18 juin, or les conseils de classe sont censés émettre des avis et attribuer des points sur certains vœux d’orientation. Compte tenu des déficits en personnels administratifs deux solutions sont possibles. Prendre et saisir les décisions en amont des conseils de classe ou espérer que dans les secrétariats il n’y a rien d’autre à faire que de saisir dans l’urgence les résultats des conseils de classes (le tout en croisant encore une fois les doigts pour que le serveur académique ne soit pas surchargé à ce moment). Évidemment ce raccourcissement des délais rend quasi impossible toute procédure de vérification ou modification de dernière minute, notamment par les familles, du travail saisi. Mais cette fois encore c’est la communication qui pilote les mesures ; la gestion des problèmes bassement matériels, la pression mise sur les personnels, les liens tendus avec les familles... tout cela sera assumé par ceux qui sont sur le terrain et non par ceux qui ont pris les décisions.

Les épreuves de brevet aussi tardives (avec accueil des élèves jusqu’à la veille des épreuves) font disparaître les quelques demi journées qui pouvaient être libérées en fin d’année permettant la tenue de réunions (par équipes disciplinaires, en AG...) pour faire le bilan de l’année et dresser des perspectives pour l’année suivante, ajuster les répartitions de service, faire de la formation interne en informatique... La composition des classes pour l’année suivante ne pourra également plus être assurée collectivement. On pourrait se dire que tout cela relève de la responsabilité des chefs d’établissement, cependant l’expérience montre que d’avoir des regards croisés -enseignants, CPE, direction- sur toutes ces questions permet de prendre en compte plus de paramètres.

Mais tout cela n’intéresse pas réellement ces Messieurs qui décident et ont pour principal souci d’être les serviteurs serviles et zélés d’un ministre et d’un gouvernement qui manient l’art de la démagogie, notamment quand il s’agit de caricaturer et discréditer l’éducation nationale, avec autant de persévérance.