5 septembre 2013

Edito

« Tout pour les uns, rien pour les autres... c’est pas juste » y disait Frédo ! (B. DIMEY)

« Tout pour les uns, rien pour les autres... c'est pas juste » y disait (...)

« Bonjour, J’ai 38 ans, je vais faire lundi ma 16e rentrée en tant qu’enseignant, je suis au 8e échelon, j’ai toujours progressé au choix ou au grand choix.
Par curiosité, je viens de comparer mes salaires d’août de ces 3 dernières années : comparaisons faciles car échelon identique et pas d’heures sup. Le résultat est stupéfiant :
Août 2011 : 2219€
Août 2012 : 2208€
Août 2013 : 2189€
Soit une baisse de salaire en 2 ans de 1.4% et une inflation de 2.8% (données INSEE). La perte de salaire est donc supérieure à 4% sur 2 ans.
Vous connaissez sûrement ces chiffres mais je crois que vous syndicat devriez fréquemment communiquer sur ce sujet et exiger une revalorisation sans condition !
Merci de m’avoir lu et excellente rentrée à vous.
Professeur certifié de physique »

C’est l’un des courriers dont votre section académique a été destinataire ce vendredi 30 août. Difficile, le choc avec le réel… Bien-sûr, nous avons tous conscience de difficultés de budget grandissantes, mais là c’est écrit, et ça fait mal.

On peut malheureusement se livrer au même type de calculs avec les retraites, et les nouvelles mesures (celles qui sont annoncées pour l’instant…) n’y changeront rien. Avec l’allongement à 43 années de cotisation à partir des cohortes nées en 1973, c’est bien la poursuite des mesures scélérates (passage à 62 ans de l’âge légal, poursuite de l’infâme décote jusqu’à 67 ans…) prises en 2010 par le gouvernement Sarkozy. Quand on sait que l’âge moyen d’entrée dans le corps des certifiés est de 27 ans, même avec des difficultés en calcul mental, chacun pourra trouver le résultat.

catalogue camif

Bien-sûr, il ne s’agit pas de faire travailler jusqu’à 70 ans, dans un pays qui licencie un senior sur deux avant 60 ans, mais bien de baisser le coût des retraites et pensions, voire d’habituer sournoisement les plus jeunes à l’idée qu’ils n’auront pas, ou peu de retraites, et qu’il serait sage de se constituer une retraite par leurs propres moyens : placements , immobilier…

Par ailleurs le discours rouleau compresseur sur le mode « puisqu’on vit plus longtemps, c’est normal de travailler plus longtemps » s’amplifie, sans que jamais personne parmi nos media, n’interroge : « mais pardon, ne serait-ce pas parce qu’on travaille moins longtemps qu’on vit plus vieux ? » ; la question serait-elle à ce degré impertinente ? Et, plus subversif, « est-ce raisonnable, avec un tel chômage des jeunes, de contraindre les plus anciens à occuper de force les emplois pour espérer subvenir à leurs besoins ? » Plus insolent encore : « mais n’est-ce pas la forme antique du MEDEF, au XIXe siècle, qui expliquait sans rire, et même avec aplomb (ça doit être génétique…), que si l’on interdisait le travail des enfants, on mettrait gravement en péril l’économie du pays ? ». D’autres questions encore, possibles pour nos amis journalistes : « au lendemain de la guerre, la population était de 40 millions, le patronat a bien dû concéder la création des retraites, et aujourd’hui, avec une population de 60 millions et un PIB multiplié par 150, soit une multiplication par un et demi de la population, et par 150 des richesses produites dans la même période, on ne pourrait plus financer retraites ni protection sociale, ni services publics ? »

À l’évidence, l’argent n’a pas été perdu pour tout le monde ! Et l’Éducation, malgré des créations de postes, est encore très en grande difficulté cette rentrée, avec des effectifs plus lourds, des conditions d’exercice toujours dégradées et le développement d’une véritable souffrance au travail… Notre conseil syndical de rentrée tenu le vendredi 30 l’a malheureusement vérifié. C’est bien un autre partage des richesses qui peut constituer la seule réponse pertinente.

Conseil syndical du 30 août

Le MEDEF le sait bien, qui continue la désinformation idéologique, véritable propagande tout en menant une vraie lutte des classes, passant peu à peu d’une rémunération du capital à 40% dans les années 1960, à plus de 50% aujourd’hui, et réclamant sans vergogne 60% sous la menace du chômage, des délocalisations et de la désindustrialisation. Madame Parisot, ex-première dame de cette organisation a même pris du service sur RTL et Europe1…

Nous ne nous sommes pas battus pour mettre un terme à l’ère Sarkozy pour voire perdurer une politique libérale. Il est temps de cesser de céder au chant des sirènes, de donner des signaux clairs de rupture…
C’est un devoir citoyen pour chacun de s’engager dans cette bataille qui sera longue, de faire grève et de participer aux manifestations interprofessionnelles, intergénérationnelles du 10 septembre, à l’appel de la FSU, avec la CGT, Solidaires et FO, ainsi qu’un collectif de 18 organisations de la jeunesse.

RENDEZ-VOUS LE 10, DANS LA RUE !