Le stage : « voies technologiques : un choix pertinent », organisé par la section académique du SNES s’est tenu au Lycée Vaucanson à Grenoble, le 8 avril, et a permis de regrouper environ 90 collègues de toute l’académie. Les participants étaient en très grande majorité enseignants de STI, mais les CO-Psy , le secteur tertiaire et la technologie en collège étaient aussi représentés.
Thierry Reygades, secrétaire national en charge de ces questions était venu animer la discussion, présenter les dernières informations et entendre les collègues sur ces questions. Nous le remercions chaleureusement de sa venue comme nous remercions également chaleureusement le Proviseur et les personnels du lycée Vaucanson pour la qualité de leur accueil.

Giacomo Balla, transformation forme-esprit

Certains établissements technologiques étaient bien représentés : entre 4 et 10 participants, d’autres étaient présents (1 ou 2 participants) mais on a pu également regretter l’absence de certains gros établissements de l’agglomération de Grenoble.

Le débat a permis de mettre en valeur les points forts des Voies Technologiques :

  • Par une organisation des enseignements centrés sur la conception et l’expérimentation de produits dans un champ technologique précis, des enseignements généraux adaptés et des dédoublements à faibles effectifs, c’est la voie incontournable qui a permis la démocratisation, parce qu’elle amène toute une partie de la population issue des classes populaires à un niveau d’études supérieures et de culture qui permet la progression tout au long de la vie.
  • Par les investissements matériels et humains en constante évolution, elle met sur le marché du travail des techniciens qualifiés que certaines branches patronales estiment indispensables.
    près de 90 participants

Mais, par ses choix d’accompagnement des délocalisations, de soutien aux profits financiers et d’accroissement des inégalités par la rigueur budgétaire, le gouvernement a choisi de casser cet outil, sous couvert de rénovation.

La réforme proposée se résume à :

    • La diminution des horaires disciplinaires (essentiellement dans les disciplines technologiques, du fait notamment des enseignements d’exploration).
    • L’imposition d’un tronc commun pour les disciplines générales, en contradiction avec la spécificité de chacune des voies.
    • La mise à disposition des établissements d’un volant d’heures globalisées pour les travaux pratiques, travaux dirigés et travail en groupes ce qui induira une forte augmentation des effectifs que le ministère qualifie de « réduits ».
    • L’imposition d’ « enseignements technologiques transversaux », dont nul ne peut définir le contenu.
    • La réduction du nombre des bacs STI et STL qui transformeront tous les enseignements en cours magistraux pour « couvrir » des champs de connaissances de plus en plus larges.

Tout en affichant une rénovation de la voie technologique, le projet, en fait, organise l’effacement de sa spécificité. Ainsi, c’est la réduction de cette formation qui est programmée, par la mise en échec probable des élèves concernés et l’assèchement du recrutement. C’est donc toute une fraction de la population qui sera écartée d’une formation niveau bac et au-delà, parce que elle ne trouvera sa place ni dans ces nouvelles STI ou STL, ni dans les autres voies de formation.

Pour contrer cette réforme funeste, il est apparu indispensable de dénoncer ces projets en provoquant des débats avec les parents (par ex. en direction des collèges) et en soulignant que cette réforme des bacs technologiques est en cohérence avec la réforme des voies générales du lycée qui, en sacrifiant le niveau et la qualité des formations, permettra également au privé de se développer.

En ce qui concerne nos revendications, il faut passer de la demande du maintien de la voie technologique à des exigences concrètes concernant les filières, les contenus, les dédoublements et leurs seuils, le recrutement et la formation des enseignants,…

Sachant que l’administration va tenter de forcer nombre d’enseignants à envisager des reconversions, la bataille sur les grilles horaires sera importante pour limiter au maximum ce gâchis humain et économique que l’on nous prépare.

Thierry Reygades

Thierry Reygades a commenté les votes négatifs émis par des instances consultatives : CSE (conseil supérieur de l’éducation) et CIC (comité interprofessionnel consultatif). Ces votes négatifs montrent une opposition large à la réforme des voies technologiques, avec une argumentation qui se rapproche de celle du SNES. Notre responsabilité est maintenant d’engager un débat public autour de cet enjeu de société : Quel avenir prépare-t-on ?

Il a donc été décidé :

    • D’organiser, début juin, des conférences de presse par département, dont les modalités seront travaillées avec un collectif issu du stage.
    • De tenir un nouveau stage syndical dans la première quinzaine du mois d’octobre.
    • D’organiser des Assises de l’Enseignement Technologique à la fin du mois d’octobre regroupant parents, élèves, enseignants du secondaire et du supérieur, syndicats, organisations professionnelles,…

En guise de conclusion : cette réunion est le premier pas vers une mobilisation que nous devons amplifier. La bataille est difficile car nous devons lutter à la fois contre des projets désastreux et le fatalisme des collègues. Pour autant, c’est de nous qu’il dépend d’arriver à rendre très difficile la mise en œuvre de cette réforme.

Corinne Baffert et Jacques Fogliarini.

Corinne Baffert, attentive
Jacques Fogliarini, convaincant