31 octobre 2026

Sections départementales

La fin de nos libertés

La fin de nos libertés

Mouvement de notre jeunesse

Ce mouvement lycéen a commencé dès le 31 août à Mayotte puis s’est amplifié et a gagné la métropole depuis mi-septembre. Malheureusement, les revendications lycéennes non seulement n’ont pas été entendues, mais ont reçu un traitement médiatique déformé, dénaturé présentant le mouvement comme ridicule et violent.
Pourtant, nos courageux.ses lycéens et lycéennes ne réclament que des chaises pour étudier, des locaux adaptés aux conditions climatiques que nous vivons, des professeurs.es, AESH, infirmiers.ères, assistants.es sociaux, AED, psy-en en nombre suffisants et bien-sûr la fin de Parcoursup, usine du tri social par excellence et symbole de la reforme du bac Blanquer qui a accru le stress des lycéens.nes et de leurs familles en raison d’un contrôle continu qui pèse chaque jour sur l’avenir des jeunes.
Cela fait des années que le SNES-FSU alerte face contre la dégradation des conditions d’études de la jeunesse de ce pays sans être jamais entendus par nos décideurses.

Réponse du pouvoir

Ce gouvernement à bout de souffle a d’abord tenté une véritable mascarade : des grandes concertations dans les lycées (une fois de plus, aux profs et aux proviseurs.es de se débrouiller dans l’organisation de cette vaste plaisanterie), la promesse du redéploiement de 3000 professeures sortis du chapeau, histoire de faire croire à tout le monde qu’il y a des professeures payées à ne rien faire quelque part, et bien sûr une répression policière sans précédent.

Et en Drôme ?

Nos lycéens ne sont pas restés en reste. De nombreuses actions de blocage se sont déroulées à Valence, Montélimar, Crest, Die. Au maximum, les militants et militantes du SNES-FSU sont allés au côté des jeunes, non pas pour récupérer le mouvement comme on a pu le lire dans de nombreuses salles des profs et médias, mais pour accompagner, déclarer des parcours légaux de manifs, et également faire le tampon avec la police. C’est à cette occasion que nous avons par exemple appris qu’au lycée Amblard, il reste trois toilettes fonctionnelles pour toutes les filles car les autres ont soit été condamnés à cause de rats, soit n’ont jamais été réparées. Il pleut également à l’intérieur de certains ateliers et quand il neige dehors, il neige aussi dans certaines classes.
Nous avons demandé avec la CGT l’organisation d’une audience en préfecture avec une délégation de lycéens.nes. La préfecture a accepté le principe de la rencontre, mais au dernier moment Madame la préfète a finalement annulé la réunion. Pourtant, les élèves avaient attendu deux heures sous la pluie, certains.es venus exprès de Montélimar et de Crest. La délégation représentant douze lycées drômois a finalement été reçue en préfecture le mardi 6 octobre. Les lycéennes et lycéens ont pu enfin énoncer leurs revendications. Suite à cette audience a été organisé un enfumage en règle, le lundi 12 octobre au lycée Loubet. La préfète brillait par son absence mais le Recteur s’était invité. Tous les représentantes des lycées, publics comme privés, de la Drôme ont pu redire leurs revendications. La séance a duré 3h30. Les syndicats des personnels conviés n’ont eu que le droit d’observer, par décision unilatérale de la DASEN de la Drôme. Mais les élèves n’ont pas été dupes : ils et elles n’ont pas hésité à rappeler au représentant du Ministre qu’il « ne fait pas son job » et qu’il « n’a rien à proposer ». Un coup pour rien !

Non ça n’arrive pas qu’à Paris

En face de ces jeunes, pour la plupart mineurs, nous avons pu être témoins de gazage en masse, charge injustifiées et arrestations arbitraires. De très nombreuses gardes-à-vue ont été réalisées sur Valence, Montélimar, et Romans, parfois lors d’interpellations très musclées. Des bombes lacrymogènes ont atterri dans la cour de certains établissements scolaires de la Drôme... Le gouvernement considère les jeunes comme un ennemi à traiter avec des méthodes héritées du colonialisme et de l’occupation, ce qui exacerbe l’incompréhension et le ressentiment de la population. Essayant de monter les unes contre les autres, le premier ministre et le ministre de l’Intérieur et avec eux, le président oublient que la solidarité est le fondement de la République, héritage historique du Conseil National de la Résistance. Soyons solidaires avec les lycéennes et les étudiantes dans leurs revendications qui sont légitimes !

Dernière annonce de notre président

Après avoir tenté de faire croire que le mouvement s’essoufflait, que tout rentrerait dans l’ordre, et avoir complètement sous-estimé l’appel du 17 octobre que les lycéens et lycéennes ont massivement rejoint, Emmanuel Macron a refusé de déployer des forces de police suffisantes, puisqu’il les avait épuisées pendant deux semaines contre des lycéens et lycéennes pour la très grande majorité pacifiques.
Est arrivé ce qui devait arriver... Faute de moyens suffisants, les cortèges ont déviés dans de nombreuses villes, avec des casseurs opportunistes qui en ont profité pour vandaliser et piller des magasins. Le gouvernement et l’ensemble de la droite n’ont cessé de mettre ça sur le dos de l’ultra gauche alors même que la préfète de Paris a reconnu que les personnes arrêtées ne se revendiquaient d’aucune mouvance politique. Le ministère de l’intérieur est même allé jusqu’à faire pression sur les Renseignements Territoriaux (ex-RG) pour qu’ils incriminent l’influence de LFI, jonglant sur la confusion qui existent dans les esprits entre gauche, extrême gauche et ultragauche.
Le comble est que désormais, seuls les syndicats seraient « légitimes » à déclarer une manifestation, alors que notre président n’a cessé de tenter de nous discréditer par tous les moyens possibles et inimaginables. Il a même expressément demandé aux préfets d’interdire tous les centres-villes mettant à mal le droit de manifester des citoyens et citoyennes, un droit qui est inhérent à la liberté d’expression inscrite dans le marbre de la DDHC.
Pourtant, ce samedi 24 octobre plus de 3500 personnes ont défilé en Drôme et en Ardèche, malgré les interdictions. Le prochain rendez-vous à ne pas manquer est celui du 05 novembre, journée de grève interpro et bien sûr n’oublions pas les élections professionnelles pour pouvoir peser dans la balance. La mobilisation continue !

Première rencontre au ministère

Lundi 26 octobre, les organisations lycéennes ont enfin été reçues à Matignon. M. Lecornu a annoncé des classes à 28 élèves en seconde générale et technologique mais n’a pas dit un mot sur les premières ou les terminales. Il annonce 500 postes en plus d’enseignants et d’infirmières scolaires après que les gouvernements successifs de M. Macron ont supprimé 10 000 postes d’enseignants durant ces deux mandats... Il propose une révision des emplois du temps alors que c’est le bac Blanquer qui les a fait exploser. Enfin, il promet 15 000 places supplémentaires en 2028 dans l’enseignement supérieur alors que près de 150000 bacheliers n’ont pas trouvé de formation à la rentrée 2026... (1)
Ces annonces sont non seulement insuffisantes, mais en plus, M. Lecornu en a donné la primeur à des influenceurs invités à Matignon avant même les représentants.es des syndicats lycéens.ne. Décidément le macronisme ne sera jamais capable de respecter le droit syndical...

Sandrine Faure
(1) https://www.snes.edu/article/abroge...