9 janvier 2019

Sections départementales

La Seconde Nécessaire de l’Enseignant.e Syndiqué.e

Cette année, mes élèves de 6e ont dû subir l’évaluation imposée par le ministère qui promettait de dresser le profil de chacun d’eux, de déterminer ses difficultés et de m’en informer en me proposant des
méthodes de remédiation enfin efficaces. Passons vite sur la forme de l’évaluation dont je n’ai pas pu voir
le contenu et que je n’ai pas corrigée : tout est informatisé, de la passation à la correction.

Parlons des résultats tels qu’ils m’ont été donnés : une fiche par élève, reçues début novembre. En voici une que je vous décris.

Dans la colonne de droite, le programme de mathématiques de cycle 3 résumé en 5 domaines. Dont deux concernant la résolution des problèmes en différenciant problèmes impliquant des grandeurs et problèmes utilisant les nombres et le calcul... Me voilà déjà perdu. Les trois autres domaines concernent les grandeurs (encore), toute la géométrie et enfin toute la numération.Pour chaque domaine, un pois positionne mon élève sur une ligne droite, non graduée mais divisée en 4 parties. La moitié de l’espace correspond à une maîtrise « satisfaisante ». Seule la petite partie à gauche correspond à une maîtrise « insuffisante ». Tout le reste est donc « suffisant », éventuellement « fragile ».

On sent bien que l’évaluation chiffrée c’est MAL et incompatible avec « l’école de la confiance » même si
pour positionner un point sur une droite...

Que dois-je faire de ce truc ? En quoi ces pois violets et vagues peuvent-ils m’aider à remédier aux difficultés de mon élève ? Difficultés que par ailleurs je connais assez précisément puisque nous travaillons ensemble depuis déjà sept semaines. Difficultés immenses puisque cet élève devrait être dans la 6e SEGPA qui lui a été refusée par manque de place.

Le voilà donc le bilan de l’évaluation d’entrée en 6e : un machin chronophage qui a désorganisé la rentrée , stressé inutilement les élèves, coûté sans doute beaucoup d’argent pour un résultat absolument nul !
C’est cela la méthode Blanquer : communication, esbroufe et camouflage masquant la destruction méticuleuse et appliquée de l’école publique.

Cet article est paru dans les Pages Ardéchoises n°94 à télécharger sur le site de la FSU Ardèche (https://fsu07.fsu.fr/publications/bulletins/).