La vacation, plus personne n’en veut ! Ni les intéressés, ni les équipes éducatives ! Un contrat, c’est le minimum ! C’est le message clair qu’ont adressé les collègues du collège Pierre Dubois à l’inspecteur d’académie et au rectorat, avec l’aide de la section SNES de l’établissement.

La section académique du SNES soutient entièrement l’initiative du collège Pierre Dubois, qui fait suite à celle déjà menée à Aix-les-Bains récemment.

Rassemblement 2008 à l’appel du SNES

Un collègue vacataire s’est vu reprocher par l’administration d’avoir accepté trois propositions de postes sur trois établissements.

Quelle terrible faute avait donc commis le malheureux qui voulait simplement « travailler plus pour gagner... » simplement de quoi vivre ?

Le total de ses heures de vacations représentait 318 heures, lui faisant dépasser la limite fatidique des 200 heures.

Lorsqu’il se rendit compte de cela, le rectorat adressa ni une ni deux au collègue un courrier se terminant séchement par un « vos contrats avec les trois établissements prendront donc fin lorsque le quota des deux cents heures sera atteint, soit le vendredi 18 décembre au soir. »

Il aurait donc fallu que ce collègue se laisse emprisonner dans un maximum de 200 heures comme si celles-ci lui auraient permis de vivre.
Voilà comment l’administration remercie des collègues qui servent l’éducation nationale depuis des années... L’administration pointe elle-même le doigt sur l’absurdité de ce système des vacations.

Le comble est que l’on reproche à ce collègue de n’avoir pas respecté la réglementation alors que l’administration ne la respecte même pas elle-même puisque l’usage qui est fait de la vacation dans l’éducation nationale est complètement dévoyé et illégal et ne respecte pas plusieurs jurisprudences du Conseil d’état. C’est un contrat qu’au minimum ce collègue aurait dû signer dès le départ. Le SNES le répète comme il ne cesse de le répéter au recteur et à ses représentants.

La communauté éducative de l’établissement a refusé que ce collègue se retrouve le bec dans l’eau et a décidé de le soutenir et de soutenir la cause des autres collègues dans son cas par la lettre suivante :

"Collège Pierre Dubois
17 av du général De Gaulle
38170 SEYSSINET PARISET

Tel 04 76 84 45 35 Fax 04 76 49 80 97

Mél ce.0380072X@ac-grenoble.fr

À Mme L’inspectrice d’Académie de l’Isère
s/c M. Moud, Principal du Collège

Objet : enseignant d’éducation musicale dudit collège

Grenoble, jeudi 22 octobre 2009

Madame,

Nous avons appris aujourd’hui que notre collègue T. B. , après quatre années de bons et loyaux services comme vacataire en éducation musicale dont trois notamment dans notre établissement ne se verrait pas proposer de contractualisation, ce qui le conduirait à arrêter son enseignement le 18 décembre prochain. Ceci signifie que quatre classes n’auront plus d’enseignement d’éducation musicale à compter de la rentrée de janvier 2010. Pire, le courrier qu’il a reçu semble le rendre responsable de cette situation en raison de la limite des 200 heures par année scolaire. Or, nous savons tous très bien qu’il serait impossible de ne vivre qu’avec 5.5 heures hebdomadaires (200 heures / 36 semaines de cours).

De plus ce collègue s’est bien intégré à l’équipe pédagogique et mène avec ses élèves plusieurs projets qui s’inscrivent sur la durée. Enfin, vraiment intéressé par l’enseignement, il est depuis plusieurs années candidat aux concours de l’éducation nationale.

Au-delà de son cas personnel dramatique, c’est tout ce mode de fonctionnement que met tristement en valeur cette politique qui consiste à mettre des gens sans aucune formation devant les élèves. Ceux-ci, une fois formés -sur le tas et intégrés -par leurs seules bonnes volontés- à des équipes pédagogiques sont ensuite renvoyés à leur triste sort pour être remplacés par de nouvelles personnes non formées.

Cette logique purement comptable apparaît donc anti-pédagogique et dépourvue d’humanité, ce qui est un comble pour ce qui concerne nos métiers. C’est pourquoi nous vous demandons par la présente de bien vouloir reconsidérer votre position quant au cas de M. B.. Vous remerciant par avance de l’attention que vous voudrez bien porter à notre requête.

L’équipe enseignante et éducative du collège Pierre Dubois

Courrier de soutien à notre collègue T. B., enseignant d’éducation musicale au Collège Pierre Dubois à Seyssinet-Pariset."

Aux dernières nouvelles, le rectorat semble s’être étonné de la réaction des collègues, assurant qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter... alors que le courrier était très clair et que ce collègue se serait retrouvé sans rien après le 18 décembre (il n’aurait pu plus faire de vacations et aurait été soumis à une éventuelle suppléance dans sa discipline et à un éventuel contrat, la part des contrats proposés se réduisant comme peau de chagrin ) et s’est engagé à contractualiser ce collègue au-delà de la limite des 200 heures.

Il convient d’ailleurs de rappeler qu’en octobre 2004, le rectorat avait pris l’engagement de contractualiser les vacataires au-delà des 200 heures mais que, depuis, cette promesse semble de moins en moins respectée spontanément.

L’équipe éducative et le SNES resteront quoi qu’il en soit très vigilants sur les suites données, ainsi que la section académique du SNES et les commissaires paritaires dans le suivi général de la situation de ce collègue.