Le conseil syndical à réuni près de 70 participants, membres de la CA ou secrétaires de S1. Il s’agissait, à la veille de la prérentrée de préparer la reprise de contact avec nos collègues et la réalité de nos établissements, mais aussi de préparer le Conseil National des 15 et 16 septembre.

Introduction

Jacques AGNES, secrétaire académique

Accueil et installation

Contexte

Note de conjoncture préparée par le groupe SNES EcoSoc dans dossier ; « crise » persiste : accroissement des inégalités ; chômage accru ; tensions sociales vives (désespérance) ; morgue des puissants (affaire des bonus) ; dette publique.

Poursuite de la même orientation politique : refus de remettre en cause le bouclier fiscal ; privatisation de La Poste ; suppressions d’emplois publics, augmentation de la pression sur les personnels (stagiaires, HS, compléments de service) et la qualité du service public (remplacements).

Eté marqué par de nouvelles régressions : travail du dimanche ; taxe « carbone » sur les familles. Nouvelles annonces de remises en cause (bonifications pour enfants) et de nouveaux cadeaux aux entreprises (taxes professionnelles)

Nouveau ministre et nouveau cabinet ne connaissent rien aux dossiers EN ; à l’évidence nommés pour accélérer la mise en œuvre des orientations présidentielles. Contexte menaçant mais en même temps rapport de force et capacité de riposte des personnels sous estimés par le pouvoir : une marge que nous devons exploiter.

Initiative défense des services publics, demande de référendum sur La Poste

Dossiers EN et second degré

    • Rentrée : les suppressions d’emplois ne se sont pas toutes traduites en suppressions de postes ou de moyens implantés dans les établissements ; une partie « compensée » par augmentation de charge d’enseignement des stagiaires, une partie en HS parfois prises mais le plus souvent qui servent à gager le recrutement de vacataires. Des postes maintenus à minima, avec pour conséquence davantage de compléments de services non réglementaires
    • Lycées : la réforme repoussée l’an dernier doit être reprise sur la base du rapport Descoings qui contient autant ce que nous avons repoussé que ce que nous revendiquons ; le report n’a pas permis davantage de débats ; on se retrouve dans le même calendrier que l’an dernier ; exiger du temps pour mettre en débat dans les établissements les projets lorsqu’ils seront connus
    • Collèges : pour le gouvernement la réforme est faite ; il s’agit de la loi Fillon que nous avons combattue. Pour le SNES cette question du collège doit être re-débattue. Le SNES va lancer une campagne de mobilisation sur cette question du collège ; Attention à la mise en place des livrets de compétences.
    • Recrutements et stagiaires. Recrutement toujours à la baisse et nécessités sous estimées ; dans le même temps on aggrave la charge de travail des stagiaires et la réforme du recrutement se précise autour des rapports Marois et Fillatre
    • Remplacements. Potentiel obéré par suppressions de postes mais réalité différente selon disciplines
    • Revalorisation. Dossier au point mort alors que se poursuit la paupérisation de nos catégories. Ouvertures sur les débuts de carrière et les solutions indemnitaires liées au travail supplémentaire (HS) ou aux fonctions spécifiques.

Retour sur les actions de l’an dernier

Actions puissantes et unitaires au niveau interprofessionnel mais qui a présenté deux difficultés :

1. rythme propre à la recherche de l’unité la plus large et au cadre interpro (niveau confédéral) différent du rythme EN (pb des congés par zone ; proximité des examens au troisième trimestre)

2. difficulté à nous exprimer et à mobiliser sur nos dossiers propres entre ces RDV interpro (par exemple sur les postes supprimés)
Difficultés à mobiliser sur dossiers spécifiques ; pourtant report réforme seconde, mobilisation et avancées sur les programmes de maths
Bras de fer autour du paritarisme sur les affectations académiques ; le mouvement 2009 n’a pas été satisfaisant mais nous avons fait la démonstration de notre efficacité sur de nombreux dossiers et le pouvoir n’a pas pu contourner les élus des personnels

Des délégués au travail

Priorités syndicales pour la rentrée et perspectives
Créer les conditions d’un rapport de force favorable à nos revendications pour le second degré et pour l’école en général comme pour les personnels.

    • Renforcer le SNES et organiser les sections d’établissements, les sections locales FSU lorsque cela est possible
    • Contacter les parents au plan local pour échange d’analyse et perspectives d’action sur les dossiers communs
    • Porter au CN le mandat d’une action forte d’ampleur nationale dans notre secteur

Discussion

Les éléments ci-dessous ne donnent pas l’exhaustivité de la discussion. Ils ont été mis en forme à partir de résumés d’intervention que certains participants ont bien voulu rédiger. Mais de nombreuses et riches interventions n’ont pas fait l’objet d’un résumé de la part de leurs trop modestes auteurs.

Thibaut MICHOUX, élu EE à la CA et clg Les Saules (Grenoble).
Bilan négatif de l’activité SNES et FSU en 2007-2008-2009

Snes a axé :
- Sensibilisation des collègues : c’est fait
- Unité syndicale : bien mais des limites
Snes et autres ont espérés petites victoires sans affrontements direct : échec

Il faut :

  • Convaincre collègues de pouvoir et possibilités de reconduire et généraliser grèves. SNES ne l’a pas fait
  • Construire convergence des luttes.
  • mobiliser pour des rendez-vous communs
  • favoriser des AG de luttes larges pour élargir le mouvement, comme cela se fait, avec la FSU, dans beaucoup d’académies

Sinon :

  • Démoralisation des collègues de jour d’action isolé à autre jour d’action
  • Baisse du poids du SNES dont l’utilité est de moins en moins évidente !

Eric ESNAULT, élu PRSI à la CA .
Ce que démontrent les manifestations et mouvements de salariés qui se déroulent partout en France depuis plusieurs mois, dans la fonction publique comme dans l’industrie, c’est le refus d’accepter la régression sociale et le chômage comme avenir indépassable. Les salariés et la population savent que les syndicats sont l’outil pour organiser le combat pour leurs intérêts propres et défendre de meilleures conditions de travail et de vie. Cependant ils doutent de leur efficacité.
En effet. L’efficacité des syndicats dépend d’un choix qu’ils doivent faire : soit ils servent à « gérer le ras-le-bol », ils encadrent la colère des salariés, tout en accompagnant les réformes sous prétexte d’un « constat partagé » avec le gouvernement ; soit ils combattent pour la défense résolue et explicite des revendications des salariés, pour les salaires et contre les licenciements. Le combat du LKP en Guadeloupe est un bon exemple de la deuxième alternative. Ce choix se pose aussi pour notre syndicat, le SNES. Par exemple, le vote en abstention en CTPM et le refus de siéger au CSFPE ont été une lourde erreur car cette politique de la chaise vide allait à l’encontre des revendications et du mouvement dans le supérieur et les IUFM, à l’encontre de l’intérêt des collègues. Résultat : les décrets sur le recrutement passent en plein été et une circulaire publiée le 20 août organise l’affectation de milliers d’étudiants non recrutés aux concours (2330 dans la seule académie de Grenoble) à des stages d’observation et de conduite de classe en responsabilité rémunérés 3 000 € par an maximum. (Je soumets une motion pour demander le retrait des décrets et de la circulaire.)

Jean-Claude LAMARCHE, élu UA à la CA, responsable académique des retraités.
On peut vérifier que, derrière l’annonce d’un éventuel report à 67 ans de l’âge de départ à la retraite, le gouvernement continue à détruire méthodiquement et par petites touches les systèmes de retraite du privé et du public. Les droits familiaux dont bénéficient encore, pour l’essentiel, les femmes, sont remis en cause à travers une campagne médiatique de désinformation. Un service unique des pensions des fonctionnaires de l’Etat, des collectivités territoriales et de la fonction publique hospitalière est mis en place, un petit pas de plus vers la disparition du régime des pensions de la fonction publique, la mise en place d’une caisse de retraite pour les fonctionnaires (elle existe déjà dans la fonction publique territoriale) qui serait rapidement déficitaire et le passage à un régime de retraites par points.

Dès la prérentrée et dans le cadre de la campagne de syndicalisation, il est important que les S1 contactent les collègues néo-recrutés pour qu’ils déposent sans tarder un dossier de validation de leurs services de non-titulaires éventuels, en vue de la retraite.
Il conviendrait, au niveau FSU, d’organiser un stage sur les retraites dans chaque département cette année.

Sur la question des salaires et de leur revalorisation, il faut utiliser cette notion de « valeur » de notre travail avec précaution en n’oubliant pas que le salaire n’est pas la rémunération de notre travail, mais l’expression d’un rapport de force. C’est ce rapport de force qu’il faut modifier par l’action syndicale, même s’il convient de revendiquer la reconnaissance des qualifications, par exemple dans la grille salariale de la fonction publique à reconstruire. L’augmentation des salaires est sans doute la mesure la plus importante à prendre si l’on veut réellement sortir de la « crise » et éviter sa reproduction prochaine.

Gisèle TAVEL, élue UA à la CA, DCIO (Saint Martin d’Hères)..
Quelle place de l’orientation dans l’EN ? Il s’agit d’aborder la question non pas à partir d’un « petit corps » mais bien d’une « grande mission » qui risque d’être attribuée très rapidement aux enseignants (le souci est que la majorité des enseignants ne mesure pas le sens de cette attribution et certains sont prêts à travailler dans le cadre du Parcours des métiers et formations, cf. circulaire de rentrée). Voir discours du recteur devant chefs d’établissements et DCIO le jeudi 27 août dernier où lorsqu’il a abordé la question du décrochage scolaire il a parlé un peu des PPPI et de la MGI et beaucoup des relations établissements scolaires / Missions locales / Pôles emploi. Lire aussi l’interview de Luc Chatel dans « Le Monde ». Toujours la crainte du « P » de « COP » au niveau du ministère et transformation du rôle de COP en conseiller en insertion. Une plateforme téléphonique ONISEP sera mise en place sur toute la France à partir de novembre et dont l’ancien CSAIO (Margerit) s’occupera sur Grenoble pour tout l’Est de la France. Or lorsque l’on entend et lit les critiques de la plateforme « Pôle emploi » de la part des salariés (changement de la nature de leur travail et relations avec leurs interlocuteurs) et de la part des chômeurs, nous pouvons être très inquiets.

Joëlle GUILLAUME, élue UA à la CA et responsable COPsy.
Dans l’académie de Grenoble, 10% de contractuels en 2008-2009, 20% en 2009-2010. Injonction du rectorat à nous voir satisfaits de la politique rectorale puisque de nombreuses académies n’embauchent aucune contractuelle… Rappel : 254 postes vacants encore cette année et 20 recrutements… 5 départs à la retraite sur 6 ne sont pas remplacés. On peut faire une parallèle entre la politique menée au plan salarial — salaire de base réduit et part croissante des indemnités — et la politique de l’emploi, à savoir un nombre limité de titulaires (avec baisse de recrutement par concours) et un nombre « croissant » et aléatoire de contractuels à qui on va imposer

  • Un élargissement des tâches et changements des missions
  • Des conditions de travail difficiles, faibles rémunérations, moins bonne couverture sociale (maladie entre autres) et mobilité géographique.

Risque : ambiguïté de devoir demander une embauche massive de contractuels pour devoir pallier l’absence de recrutement.

Vincent LOMBARD, élu UA à la CA et responsable non-titulaires.
Le recours à la vacation explose dans l’académie, le nombre de vacataires ayant doublé en un an, passant de 750 vacataires à 1500 vacataires. Ce recours massif à la vacation se fait au détriment des contractuels qui se retrouvent alors au chômage, 6 heures de vacations à l’année ne permettant pas de vivre décemment. On voit même apparaître des blocs de 3 ou 4 heures pourvus en vacations (ex : en Savoie, un collègue non titulaire en italien, à l’ancienneté conséquente, aurait aimé bénéficier de 8 heures partagées sur deux établissements proches mais le rectorat a préféré y placer deux vacataires). Les transformations d’emplois en heures supplémentaires sont en partie responsables de cette explosion de la vacation. On constate un turn over très important parmi les vacataires. Ils se découragent forcément de ces conditions ignobles d’emploi et la continuité des services publics en pâtit. Des chefs d’établissement n’arrivent même plus à recruter des vacataires tant ce mode de recrutement dégoûte.

Vincent au premier plan

Pourtant plusieurs académies se retrouvent dans la même situation et sont parvenues à minimiser le recours à la vacation. L’attitude du rectorat est d’autant plus incompréhensible que l’usage qui est fait de la vacation est complètement illégal comme le stipulent des jurisprudences du Conseil d’Etat. Le SNES n’a pas manquer d’alerter le rectorat de ces pratiques non-réglementaires en s’appuyant sur les recommandations du ministère de la Fonction publique et ces jurisprudences mais le secrétaire général persiste, n’hésitant pas à se placer hors-la-loi. Le secteur juridique national du SNES a engagé plusieurs recours de collègues s’étant vu refuser le CDI auxquels ils pouvaient prétendre. Pour la section académique, le dossier CDI n’est pas clôs et nous nous opposons au passage en force du rectorat sur le protocole CDI. Un courrier va être envoyé à toutes les organisations syndicales pour dénoncer la méthode et nous allons proposer une intersyndicale contre ce protocole qui met en danger les collègues (élargissement des missions et des quotités de service, disparition du rôle majeur des IPR dans l’évaluation des collègues, évolution de la rémunération pouvant être bloquée…). Nous ne relâcherons pas la pression tant que le recours à la vacation ne sera pas réduit considérablement et que le rectorat ne permettra pas la transparence des affectations. Le rectorat a tort de jouer la carte du raidissement. Beaucoup de collègues consultent la rubrique non titulaires du site et nous informent qu’ils partagent complètement notre analyse. Ils nous font part de leur inimitié contre un employeur aux méthodes de plus en plus douteuses. Ils réclament de la transparence. Cela nous confirme donc totalement dans la voie que nous avons tracée. Les collègues comprennent bien qu’ils sont victimes de pratiques complètement dévoyées. Une publication non titulaires est en cours ; il faut songer également à de nouvelles actions plus médiatiques.

Sébastien JOLIVET, élu EE à la CA et clg Les Allinges (St Quentin Fallavier).
Certains camarades pensent que les propositions faites par l’Ecole Emancipée et d’autres pour aller plus loin dans les luttes — sans se contenter de rendez-vous éloignés de plusieurs mois, sans dynamiques et perspectives — ne sont pas adaptés. Si nous sommes d’accord sur le constat que nous devons affronter un gouvernement de combat qu ivise à détruire les services publics dont l’’EN — et il y a sans doute accord sur ce point — on ne peut se contenter de dire : on continue pareil e nespérant que tout à coup ça fonctionne. Il faut donc réfléchir et peser pour aller plus loin. Pour cela le SNES et la FSU doivent peser de tout leur poids pour que se mette rapidement en place, a minima dans le secteur de l’Education, une action déterminée et efficace. Dans ce cadre il faudra dès le départ mettre dans le paysage les questions de l’élargissement et de la reconduction. La question de la recherche d’une hypothétique unité, en particulier dans l’EN, ne saurait être un motif pour ne rien faire et attendre plusieurs mois avant de commencer à agir. Gageons que les autres nous rejoindront rapidement une fois le mouvement en marche. Une première occasion à ne pas rater est la journée d’acion proposée par le SNUIPP dans la première quinzaine de septembre.

François LECOINTE, élu UA à la CA et TZR RAD clg Jules Vallès (Fontaine).
Deux points de la rentrée en collège doivent particulièrement nous mobiliser. Je ne reviens pas sur la question du livret de compétence qui est à nouveau expérimenté, avec sa validation obligatoire pour l’obtention du DNB en 2011. Dans la même démarche du ministère, l’épreuve oral d’histoire des arts sera normalement obligatoire à la session 2011 du DNB et doit être proposée à tous les collégiens de troisième cette année, avec la seule prise en compte des points au dessus de la moyenne. Il faut donc être vigilant sur la mise en place de cette épreuve et, au-delà, de la dénaturation des enseignements artistiques (et une partie de l’histoire) qui découle de l’introduction de l’histoire des arts telle qu’elle est envisagée par le ministère. Le deuxième point important concerne l’accompagnement éducatif. Il nous faut être très attentif aux actions engagées dans ce dispositif et aux personnels qui les encadrent. L’emploi des personnels de vie scolaire (volontaires ou non) dans cette tâche peut être lourd de conséquences pour la vie des collèges. Enfin, un nouveau volet de l’accompagnement éducatif concerne la pratique de l’oral en anglais. Nous avions déjà eu des glissements de l’heure de chorale vers l’accompagnement éducatif. La menace pour l’enseignement de LA langue vivante (seul l’anglais semblerait utile !) est bien en place : pourquoi revendiquer des groupes alors que la pratique orale peut se faire tous les soirs.

Alain DONTAINE, élu UA à la CA et lyc Pierre Du Terrail (Pontcharra).
Ce qu’on peut tirer de la note de conjoncture (après lecture !!!) qui aurait pu s’intituler « reprise ou feu de paille ? »

Alors que les médias cherchent à nous convaincre que la sortie de la crise est en vue, qu’il nous faut être patient, ne pas revendiquer, faire encore des sacrifices, et tout, et tout, … et que l’ « envolée » des bourses est justifiée, les statistiques économiques montrent clairement qu’il n’en est rien !

L’offensive médiatique est basée sur le « rebond surprise » du PIB au 2e trimestre. Tout l’intérêt de la note est d’en donner l’explication. Elle tient dans le fait de l’augmentation des exportations. Est-ce bon signe pour l’avenir ? Un retour de compétitivité du capitalisme français ? Que nenni ! C’est l’effet prime à la casse mis en œuvre en Allemagne. De la même façon que cette prime a dopé le marché français, elle dope le marché allemand, les ménages profitant de l’aubaine. Ainsi les exportations d’automobiles ont progressé de 11.2% ! Mais tout le monde sait que l’effet ne durera pas (la prime doit s’arrêter en octobre). Pas de quoi justifier le discours ambiant d’autant que les statistiques indiquent qu’en dehors de l’automobile les exportations n’ont pas bougé…

Du côté de la consommation l’absence d’augmentation des salaires et la pression exercée sur ceux-ci par le chômage ne permet pas d’attendre un soutien de la production. Et ce d’autant moins qu’on attend l’effet des plans sociaux en cette rentrée qui devrait voir le chômage poursuivre sa progression. La consommation ne risque pas de repartir de sitôt !
Enfin la note souligne le plus inquiétant pour l’avenir de la reprise : l’investissement des entreprises poursuit sa diminution (-1%). Même si celle-ci est plus lente, cela signifie que les entreprises ne croient pas davantage aux discours dominants … et la reconstitution de quelques stocks n’est pas l’hirondelle qui ferait le printemps économique en hiver ! Il y a un moment où les entreprises sont bien obligées d’avoir quelques stocks si elles veulent satisfaire leurs clients …. On peut faire la même remarque pour le ralentissement de la chute de la croissance mondiale : on ne peut indéfiniment produire moins de mois en mois mais ceci ne signifie en rien que les conditions de la reprise soient en place.

De la même façon que lorsque le feu dans la cheminée s’éteint, y jeter de la paille réanime les flammes une poignée de seconde…. le plus vraisemblable pour de nombreux économistes est que les effets des plans de relance se fassent sentir pendant un temps et que la dépression revienne ensuite.

Au final, il semble bien que le discours sur la reprise qui n’a rien à voir avec la réalité économique soit conçu comme bouclier face à la contradiction explosive entre la montée rapide du chômage et la pression à la baisse du pouvoir d’achat (on prévoit un retour de l’inflation d’ici peu) d’une part et d’autre part l’annonce de profits important, des bonus distribués par les banques et la volonté de réduire les dépenses publiques … pour nous faire payer le prix de la crise !

Eric ESNAULT, élu PRSI à la CA.
Il y a débat sur le rôle et le fonctionnement des AG centrales lors des grands mouvements de grève. A mon avis, pour fonctionner et être efficace dans la conduite et l’organisation du mouvement, une AG doit être constituée des représentants syndicaux – qui disposent donc du mandat de leurs syndiqués - et de délégués des salariés mandatés par leurs collègues (par établissement, par entreprise, par métier...). Pourquoi nécessairement opposer les mandats syndicaux aux mandats établis par les salariés ? Au cas où il y aurait divergence, une AG peut dès lors organiser la discussion, trouver un accord, ou alors trancher la discussion par un vote. De ce point de vue, une AG efficace et représentative ne dépend pas du nombre de participants, qui ne représenteraient qu’eux-mêmes, mais du nombre de salariés que les délégués envoyés par les entreprises ou établissements représentent. Ce qui implique l’organisation d’AG dans chaque entreprise ou établissement en vue d’établir les mandats et les revendications portés par les délégués.

En revanche, les AG où les participants ne représentent qu’eux-mêmes ou alors le point de vue d’organisations extérieures ne sont pas démocratiques. J’attends toujours un appel clair et net de mon syndicat, lors des grandes journées d’action, à tenir des AG dans chaque établissement en vue de mandater un délégué à une AG centrale le soir même. Pourquoi cela ne serait-il pas possible ?

En ce qui concerne la question de la loi sur la mobilité des fonctionnaires, les intervenants ont bien souligné son extrême nocivité. C’est une loi de destruction des statuts de la Fonction Publique, elle attaque l’existence et la définition même de ce qu’est la fonction publique. Marie-Laurence ne voit pas l’intérêt d’une motion qui la condamne et qui reprendrait en partie le texte intersyndical CGT – FO – FSU – UNSA publié en juin 2009 en Isère. Au contraire, le SNES académique doit se réjouir de cette unité réalisée autour d’une question aussi importante. Il doit alerter les collègues, chercher à proposer l’unité aux autres organisations, pour mettre en échec cette politique de régression. J’ai proposé au CSA d’adopter un texte dans ce sens, si ce n’est pas la bonne méthode, alors que propose-t-on concrètement aux collègues ?

Marylène NAUD, élue UA à la CA.
Propose une motion de soutien à Delphine Prud’homme (voir texte adopté en fin de CR)

Anne DORTEL, élue UA à la CA.
Les Commissions Marois (EN) et Filâtre (Universitaires) ont rendu leurs rapports le 15 juillet. Leurs conclusions sont peu abouties, ce qui est logique puisque des concertations seront ouvertes en septembre.

Elles mettent l’accent sur le renforcement du rôle du cahier des charges de la formation qui pilote actuellement la formation IUFM et qui piloterait l’ensemble de la formation en Master ainsi que le concours. Nous ne pouvons accepter comme référence de notre profession un cahier des charges qui est un véritable catalogue de savoir - être où la maîtrise de la discipline n’apparaît qu’à la marge. Dans ces conclusions toute la formation est dispensée avant le concours. L’année de stage n’apparaît que comme une « formation continuée, n’offrant une décharge de service que de 6 heures pour les futurs PLC2. Nous continuons à réclamer une véritable année de stage où le service d’enseignement ne serait que de 6 heures maximum. Ces commissions entérinent la disparition d’un lieu commun de formation pour l’ensemble des enseignants (à l’heure actuelle IUFM). Cela pose d’abord problème sur un plan syndical : comment prendre contact avec nos futurs collègues s’ils sont « éparpillés » entre les différentes facs ou UFR ? Bien plus préoccupante encore est la menace pesant sur la culture commune unifiant la profession.

Christophe DUMAILLET, élu UA à la CA.
Correction de l’EAF en juin / juillet : appel aux profs agrégés en collège.
Lors de la réunion d’harmonisation du 9 juillet, satisfecit de l’IA-IPR qui a même indiqué que les demandes des syndicats avaient été écoutées. Les collègues concernés sont très peu intervenus, voire ont accepté le bien-fondé de cette dégradation des conditions de travail. Au final les collègues de collège ont été déchargés, cette année de leurs classes, peut-être au détriment de leurs élèves préparant le brevet. Les collègues de lycée, en raison de la reconquête du mois de juin n’étaient pas tous déchargés de cours et /ou de surveillance du baccalauréat. Faut-il une contribution pour le site ? pour une publication académique ou nationale ?

Pierre BELLOIR, lycée Gabriel Fauré (Annecy).
Nous sommes dans un contexte de régression généralisé.
- Vote de la loi mobilité FP qui ouvre des possibilités de licenciements
- Projet de budget de plus de 30 000 suppressions de postes de la FP
 Engagement de « négociations pour augmenter l’âge de la retraite à 67 ans
- Décision de confier des remplacements à une agence d’interim
- Application de la réforme des lycées à la rentrée 2010

Chatel a absolument besoin de la participation des organisations syndicales pour mettre en œuvre la réforme des lycées !
Propose une motion au nom du courant « Front Unique » (cf. infra)

Jacques AGNES, secrétaire académique, fait observer que contrairement aux CA académique où les courants de pensée, dont le courant majoritaire, disposent d’un créneau horaire pour préparer des textes de résolution à partir de la présentation initiale, le Conseil syndical, ainsi que cela a été annoncé dès l’ouverture, siège en plénière pour laisser davantage de temps aux représentants des S1. C’est la raison pour laquelle les résumés d’interventions sont sollicités afin de conserver une trace de nos échanges. Quant aux représentants du S3 et des S2 au Conseil national, ils seront mandatés par ces échanges et les conclusions orales sur la nécessité d’une action de portée nationale sur les dossiers de l’Education, en même temps qu’il convient de construire une action unitaire sur les services publics. Il estime que vouloir à tout prix faire voter des prises de positions par le CSA ne respecte pas cet état d’esprit et demande que les texte proposés soient retirés par leurs auteurs, à l’exception naturellement du texte de soutien à notre camarade de Guadeloupe qui n’est pas de même nature et peut sans difficultés être adopté à l’unanimité. Le représentant du courant PRSI et celui du lycée Fauré ayant décidé de maintenir leurs motions, il appelle à les repousser, tant pour ces raisons d’opportunité que de fond

Motion

« Le Conseil syndical académique du SNES Grenoble, réuni le 31 août 2009, apporte tout son soutien à Delphine PRUD’HOMME, co-secrétaire du S3 de Guadeloupe, syndicaliste mise en cause par son administration pour avoir participé à un mouvement de grève en décembre 2008 et, entre autres, avoir créé un journal d’expression. Le gouvernement ne saurait mettre en avant le statut de fonctionnaire pour brider la liberté d’expression et entraver le droit syndical. »
Adoptée à l’unanimité des présents

Les autres textes ont été rejetés à une large majorité