Décrypter les enjeux et se mobiliser pour la loi intégrale et se mobiliser lundi 22 juin à Valence, Montélimar et Romans !
Contexte
Le corps de la petite fille Lyhanna, 11 ans disparue le 29 mai, a été retrouvé le 04 juin. Le suspect présumé, Jérôme Barella était connu des services judiciaires et n’a jamais été arrêté. Ce drame tragique a ému toute la population française.
Faute de pouvoir taper sur une personne racisée, les politiques, et notamment Gérald Darmanin s’en sont pris à la Justice. Le garde des sceaux a lancé une enquête sur le tribunal d’Auch pour déterminer les responsabilités individuelles.
Quant à M Macron il a déclaré le 5 juin « ne vouloir entendre aucun argument de moyens dans cette affaire ».
Les moyens, parlons-en !
En France, il n’y a que 3,2 procureur.es pour 100 000 habitants alors que dans l’Union Européenne ce nombre s’élève à 12,2. Concernant le tribunal d’Auch, lieu dont dépend l’affaire, il y a 3 magistrat.es pour 192000 habitant.es. C’est aussi 10 000 plaintes rien qu’en 2025. Comment s’étonner de la lenteur de la justice dans ces conditions ? Nous ne devrions pourtant plus nous étonner des mensonges d’État.
M Darmanin a en effet déclaré le 08 juin sur BFM TV :
"L’urgence dans l’affaire Lyhanna, ce n’est pas une question de moyens, ce n’est pas une question numérique, ce n’est pas un manque d’OPJ (officier de police judiciaire) ou de procureurs de la République (...) c’est un dysfonctionnement absolument terrifiant"
Pourtant il savait, tout comme E. Macron. Un rapport d’inspection confidentiel datant de 2023, rédigé par trois inspections générales, dont la police et la justice, dénonçait l’engorgement des tribunaux et le nombre pharaonique de procédures en cours.
On y apprend entres autres qu’il y avait 2,7 millions dossiers anciens en 2022, pour 3,5 millions de nouvelles procédures enregistrées au cours de la même année avec ce constat alarmant : 40 % d’entre elles étaient oubliées depuis plus de deux ans.
Le député David Topiac avait également alerté l’État sur la situation particulièrement critique du tribunal d’Auch dès avril 2025 : pénurie de greffiers.es et de magistrat.es, matériel informatique obsolète...
La honte est totale pour M Darmanin qui a non seulement le toupet de réclamer une enquête sur la gestion de cette affaire dans ce tribunal, mais aussi de demander à la justice de reprendre 70 000 dossiers d’ici le 14 juillet ! S’il avait ne serait-ce qu’un peu de dignité, il aurait déjà démissionné.
Une urgence politique
En France, un enfant est victime de viol toutes les 3 minutes.
Chaque année, 160 000 enfants et 325 000 femmes sont victimes de violence sexuelle. 94 % des plaintes pour viol sont classées sans suite, faute de temps et de moyens pour recueillir des preuves.
N’en déplaise à l’extrême-droite et à leur théories fumeuses sur les migrants et migrantes, 91 % des victimes de violences sexuelles connaissent leurs agresseurs.
Des rassemblements partout en France
Le lundi 08 juin, un appel national a été lancé par des associations féministes de se rassembler à 19h devant tous les tribunaux de France. Plus de 150 000 personnes se sont réunies pour dénoncer un système incapable de protéger les enfants, mais aussi les femmes contre les VSS.
A Valence, 300 personnes ont bravé la pluie pour faire entendre notre chagrins mais aussi notre volonté implacable de protéger nos enfants, mais aussi nos sœurs, nos mères, nos élèves.
Au total, 450 personnes se sont rassemblées dans tout le département.
Ce lundi 15 juin, l’appel s’est poursuivi partout dans la Drôme. Des moments de partage, de libération de la parole, de chants et de danses militant.es …
Nous étions là, et le combat continuera dans les semaines voire les mois qui viennent.
Un peu d’espoir
Suite à ce mouvement populaire, le gouvernement a enfin décidé d’agir. Le 8 juin, Yaël Braun-Pivet demandait au gouvernement d’inscrire la proposition de loi cadre intégrale à l’ordre du jour de l’assemblée nationale en septembre ou juillet. Selon le Premier ministre, Sébastien Lecornu, cette proposition de loi devrait être soumise au Conseil d’Etat « dans les meilleurs délais »
Ce projet avait été déposé en décembre 2025 par la députée Céline Thiébault-Martinez . Elle comporte 79 articles et concerne l’ensemble des secteurs dans lesquels des violences faites aux femmes et aux enfants peuvent être commises et traitées notamment la police, la santé ou encore l’éducation et le monde du travail.
Le texte prévoit notamment la création d’unités de police et des juridictions spécialisées dans les violences sexuelles, la formation des magistrats et la définition d’un « socle obligatoire d’actes d’enquêtes » pour limiter les classements sans suite. Concrètement, il s’agit de rendre obligatoire l’audition "sans délai" de la victime, et "systématique" celle du mis en cause. La collecte des preuves matérielles, numériques ou médico légales devrait, elle, être "immédiate".
A nous de rester mobilisés afin de faire changer la honte de camp !
La FSU appelle à un nouveau rassemblement ce lundi, 19h :
– devant le tribunal de Valence,
– devant le tribunal de Montélimar
– à la Canopée de Romans.
Un appel est déjà lancé pour le 4 juillet.

