Alors que le mouvement lycéen s’amplifie et fait écho aux revendications enseignantes portées par le SNES depuis près de dix ans (Parcoursup, Réformes Blanquer, effectifs, bâti, conditions de travail, revalorisation des métiers, statut des AESH), le Ministère se contente d’entr’ouvrir la porte des négociations mais use avant tout d’une répression féroce et sans précédent pour décourager le mouvement, sur l’ensemble du territoire. Les préfetes sont les relais de cette politique qui piétine les droits fondamentaux que sont la liberté d’expression, le droit à manifester, le droit à circuler, et jusqu’au droit syndical.
En effet, dans la Drôme, des syndicalistes et de simples citoyens ont fait l’objet d’une MICAS (Mesure Individuelle de Contrôle Administratif et de Surveillance), un outil qui a été créé dans le cadre de l’antiterrorisme.
Le gouvernement a donc choisi de punir la jeunesse qui se mobilise autour de revendications reconnues comme légitimes par le gouvernement lui-même. Il décide désormais de considérer les syndicalistes et citoyennes engagées comme des terroristes.
Mardi 3 novembre au matin, au lycée Algoud-Laffemas à Valence, un policier de la BAC a reproché à deux syndicalistes d’être, par leur simple présence, dans la provocation, alors qu’ils n’étaient là qu’en tant qu’observateurs. Puis, quelques minutes plus tard, alors que la BAC avait demandé aux élèves qui effectuaient le blocage filtrant de s’éloigner et qu’elle les a remplacés pour effectuer ce barrage, un élève a cherché à entrer dans le lycée. Un policier de la BAC lui a alors tapoté le dos, l’élève lui a dit « ne me touchez pas ! ». La suite ? Le policier lui a directement asséné une grosse claque au visage, puis l’a trainé par le col de ses deux mains vers la clôture. Il a ensuite plaqué et maintenu le lycéen contre le grillage, scène particulièrement violente réalisée devant les autres lycéennes présentes.
Il y avait eu le matin même quatre arrestations devant le lycée, dont une particulièrement violente durant laquelle le lycéen, qui se rendait pourtant aux forces de l’ordre, a été projeté au sol. Une fois à terre, il a été immobilisé sous le genou du policier qui était accroupi sur lui, une scène rappelant l’arrestation de Georges Floyd.
Un exemple très inquiétant du climat policier délétère qui se répand à l’occasion de la répression de ce mouvement social.
A noter : aucun policier n’a subi de blessure.
