Édito : Et bon Appétit bien sûr !

C’est aujourd’hui entre midi et deux que l’Assemblée doit voter le projet de loi de réforme de la fonction publique. C’est 5,5 millions de fonctionnaires qu’on s’apprête à manger tout crus avec au menu : soupe d’exemplarité et de 35h, fusion des instances représentatives sur lit de dialogue de sourds, soufflé de contractuels à la sauce précaire accompagné de sa dose de suppressions de postes.
Et pour appâter le chaland, les chef Dussopt et Darmanins – les DéDé, comme on dit en cuisine – ne lésinent pas. Ça affiche du rapport exclusif et ça annonce des prix cassés.
Bref, alors que les résultats des élections européennes monopolisent l’attention des média, en cuisine ça mijote sec et ça met les petits plats dans les grands pour nous faire avaler le potage qu’on nous servira pendant l’été (adoption définitive prévue le 18 juin).

Loi Fonction Publique - Le vote à l’Assemblée

Sous prétexte de « moderniser » la fonction publique, le texte de loi soumis au vote aujourd’hui à l’Assemblée vise avant tout à réduire le nombre de fonctionnaires en ayant encore plus recours aux contractuel.le.s (il y en a déjà environ 1 million et l’objectif serait officieusement d’atteindre 40% à terme).

A cela s’ajoutent, entre autres points clivants, les baillons au dialogue social par la fusion des instances paritaires et le maintient d’un amendement inepte sur l’impératif d’effectuer 35h effectives.

À l’appel d’une intersyndicale CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FAFP, FO, FSU, Solidaires et UNSA, un rassemblement a lieu aujourd’hui devant l’Assemblée Nationale pour continuer à faire pression sur nos représentant.e.s afin qu’ils renoncent à ces attaques inacceptables à l’encontre de la fonction publique. Si les députés PS, PCF et LFI voteront majoritairement contre l’adoption de ce texte de loi, il y a fort à parier qu’il soit adopté par la majorité gouvernementale en vue d’une adoption définitive début juillet.

C’est pourquoi nous devons redoubler de vigueur pour pour dire non à ce projet de loi de transformation de la fonction publique et exiger une revalorisation salariale pour toutes et tou.te.s les agent-es.

Loi Blanquer au Sénat, à droite toute !

Après son passage à l’Assemblée, la loi Blanquer a été adoptée par le Sénat avec des modifications importantes. Voir le texte, et l’analyse du SNES-FSU.

La mobilisation des enseignants à contraint les sénateurs à supprimer les EPSF qui devaient regrouper administrativement écoles et collèges.
Pour le reste, c’est une vision réactionnaire, autoritaire et libérale de l’école qui s’impose, avec la volonté de mettre au pas les enseignants, les élèves (et leurs parents) tout en assumant des inégalités renforcées.

Les enseignants sont directement visés  : L’art. 1 qui entend museler leur liberté de parole est renforcé en ciblant désormais explicitement les "personnels " et non plus "la communauté éducative". Le recours accru aux expérimentations permettant l’annualisation des temps de services d’enseignement et l’adoption de mesures dérogatoires aux règles d’affectation des enseignants (dans les zones défavorisées, rurales et de montagnes) avec un droit de regard des chefs d’établissement annoncent une évolution très inquiétante. Les dérogations aux statuts sont étendues avec des « contrats de missions » à durée déterminée et par des mesures de « pré-professionalisation » pour les AED leur permettant d’assurer des remplacements à des tarifs défiant toute concurrence sous couvert de formation.

Le projet d’une école ouvertement inégalitaire est affirmé avec le maintien des EPLEI, ces établissements qui ont vocation à scolariser des élèves bilingues de la maternelle au lycée. Ils seront financés en partie par des fonds privés et pourront déroger à l’organisation pédagogique. C’est le retour de l’enseignement supérieur élitiste d’avant-guerre qui scolarisait les enfants destinées aux études longues dès le primaire. Par ailleurs l’obligation scolaire dès 3 ans va obliger l’État à financer les maternelles privées à hauteur de près de 200 millions.

Les familles sont aussi visées. Les sénateurs ont décidé la suppression des allocations familiales aux parents d’élèves absentéistes. C’est le retour de la loi Ciotti qui a pourtant montré son inefficacité et qui s’apparente souvent à une double peine pour les plus pauvres. Dans la même veine, les mères voilées se voient interdites d’accompagner les sorties scolaires, ce qui revient à rendre impossible toute sortie dans une partie des quartiers populaires. Voir cette excellente tribune.

Le projet de loi va maintenant passer en commission mixte paritaire au mois de juin. Si un compromis est trouvé entre Assemblée et Sénat, la loi entrera en vigueur dès la rentrée 2019. Il est plus que jamais nécessaire de nous mobiliser pour peser au maximum sur les discussions parlementaires.

Actu locale - bras de fer entre la Région et le Rectorat

Dans le cadre de la Réforme des lycées les établissements du bassin d’Aubenas doivent pouvoir proposer la totalité des spécialités aux élèves à la rentrée 2019. Mais pour que les élèves puissent passer d’un établissement à l’autre afin d’y suivre des enseignements, il faut des navettes et l’administration compte sur le financement de la région. Que nenni dit la région qui refuse de payer !
C’est ce qu’avait annoncé Wauquiez à la rectrice en janvier et c’est bien ce qu’a confirmé la conseillère régionale lors du lycée au Conseil d’Administration du Lycée Gimond. Alors qui va payer les pots cassés de cette réforme lancée à la hâte ?