Grève – 13 janvier 2022

La déclaration de la FSU au complet

Maintenir les écoles ouvertes…. 

Maintenir les écoles ouvertes est une volonté partagée par l’ensemble de la communauté éducative : les parents, les enseignants, les enseignantes, les AESH, les AED, les infirmières, les assistantes sociales, les psychologues, les administratifs, les ATSEM, les agents,...bref, tous les personnels et pas uniquement par un ministre déconnecté de la réalité du terrain ! 
Chacun et chacune a fait tout ce qui était humainement possible de faire pour garder ce cap. (liste non exhaustive :) Accueillir des élèves sans masque et sans aucune protection de mars à mai 2020, mettre en place une distanciation impossible au sein de classes surchargées, faire classe tout à la fois à distance et en présence, lire, relire et relire encore les plus de 50 mises à jour de protocoles, imposer des sens de circulation dans les couloirs, séparer les élèves en récréation, espacer les élèves à la cantine, isoler des élèves qui se mettent à avoir mal à la tête, appeler les parents un à un lorsqu’un cas positif est déclaré dans la classe, appeler les parents parce qu’il n’y a pas de remplaçants, vérifier les tests à j0, j+3, à j+7, tenter de comprendre qui est cas contact, cas contact à risque, cas avérés, cas on ne sait plus…, organiser des voyages, des sorties, des séances de piscine, les annuler, les reprogrammer, les annuler à nouveau, faire classe les fenêtres ouvertes par -2 degrés, se faire sortir des gymnases en plein hiver pour enseigner l’EPS, pratiquer avec masques, sans masques, à 1m, à 2m, des activités à intensité modéré, à intensité faible, désinfecter les classes x fois par jours, multiplier les services de cantine malgré le manque de personnel. 

Maintenir les classes ouvertes ne doit pas se faire au détriment de la santé de ceux et celles qui font vivre au quotidien le service public d’éducation. Maintenir les écoles ouvertes ne doit pas se faire au détriment de l’école elle-même. Pour la FSU, la mission du service public d’éducation : éduquer et faire réussir la jeunesse du pays, aujourd’hui perd tout son sens, aujourd’hui elle est dévoyée par la gestion de cette crise par le ministère. Parce que maintenir les classes ouvertes dans ces conditions, en fermant les yeux sur la réalité de ce qui se passe actuellement et en allégeant toujours plus le protocole, c’est reléguer l’école au rang de garderie dans l’intérêt du maintien de l’activité économique.

Maintenir les écoles ouvertes exige des moyens. Moyens qui après 2 ans de crise n’ont toujours pas été anticipés. Le premier ministre annonce lundi dernier que les enseignant·es se verront fournir des masques chirurgicaux, la belle affaire ! Voilà 2 ans que la crise sanitaire a débuté, en terme d’anticipation on a déjà vu mieux ! Les remplaçant·es manquent, le gouvernement fait appel aux retraités pour pallier le déficit,les protocoles sont différenciés en fonction des disciplines et remaniés au jour le jour par la Foire Aux Questions, les classes ne sont pas dotées de capteurs Co2, les élèves ne sont pas équipés de masques fournis par l’éducation nationale, ce sont les familles qui les paient, les multiples tests nécessaires pour un retour en classe ne reposent que sur les familles. De fait le ministre continue à faire peser sur les personnels et les familles, la gestion de la pandémie et transfère sur eux la responsabilité de la santé publique.

Pendant ce temps-là, la casse continue

Dans la gestion de la crise sanitaire par le ministre, certains mauvais esprits y verraient presque une forme d’opportunisme de sa part … En 2 années de crise sanitaire, il a profondément accentué la casse du système éducatif, contre l’avis de toutes et tous ! Il a fait voler en éclat le caractère national et égalitaire du bac, il a fait de Parcoursup le seul enjeu du lycée, il a soumis tout le monde à la règle de l’improvisation constante, il a appauvri le Lycée Pro en le transformant garderie diplômante. Il veut tout réformer : réforme du Lycée, du LP, réforme de la formation initiale des professeurs des écoles une contractualisation à tout-va, réforme de la formation de formateur et formatrices avec un resserrement toujours plus fort sur maths et français, réforme de la direction d’école avec la loi Rilhac et des directeurs et directrices devenues chef·fes sans garanties, élargissement des PIAL avec une mutualisation toujours plus violente pour les AESH et une paye toujours aussi petite.
C’est au mépris de toutes et tous qu’il a continué à avancer son projet d’une école toujours plus néolibérale. 

Et que dire du mépris dont il fait preuve. 

Mépris, c’est un mot qui revient très souvent dans la bouche de tous les personnels. Mépris de la professionnalité lorsque tout est décidé sans aucune concertation et que les directives sont données par interviews interposées. Mépris lorsque les protocoles changent 3 fois en une semaine avec des contradictions plus que violentes pour les élèves en situation de handicap notamment. Mépris lorsqu’il maintient le flou faisant croire aux parents que les enseignant·es vont assurer présentiel et distanciel tout à la fois. Mépris pour les citoyen·nes lorsqu’il fait croire que l’école continue de tourner alors qu’il l’a jeté dans un chaos indescriptible, que les classes sont au ¾ vides, qu’il n’y a plus assez d’enseignant·es pour assurer les cours. Mépris pour les élèves lorsqu’au plus fort des contaminations, face au variant le plus contagieux que l’on ait connu, il allège, contre toute attente, le protocole. 

Le mépris engendre la colère : les parents,les enseignants, les enseignantes, les AESH, les AED, les infirmières, les assistantes sociales, les psychologues, les administratifs, les ATSEM, les agents, tous les personnels en ont assez de porter le service public d’éducation à bout de bras : Nous ne sommes pas une garderie nationale : il nous faut des moyens pour fonctionner pour faire classe, faire cours comme il se doit, par respect pour nos élèves ! Le discours de la FSU n’a pas changé, ce sont les mêmes moyens que nous réclamions le 23 septembre avec une intersyndicale un peu moins large qu’aujourd’hui : des moyens humains, par le recrutement massif de personnels formés,une dotation supplémentaire par le biais d’un collectif budgétaire, des départs en formation spécialisé pour abonder les RASED, une médecine scolaire et une médecine du travail dignes de ce nom, des règles applicables et claires pour tous et toutes avec entre autre le retour à la règle 1 cas une fermeture . Et évidemment, comme le dégel du point d’indice, la revalorisation salariale et un vrai statut pour les AESH ne sont toujours pas au rendez-vous, nous continuerons de les exiger dans la rue à nouveau. Il y a déjà une date pour les salaires et les AESh le jeudi 27 janvier ! Et nous n’en resterons pas là !