Les enjeux de la situation sociale sont inédits. La politique menée par Macron n’a plus seulement comme conséquence d’affaiblir un modèle dit « social et démocratique », mais bel et bien d’instaurer un État autoritaire défendant une économie ultra-libérale. Le SNES-FSU dénonce la répression, demande l’amnistie et l’arrêt des poursuites des manifestant·e·s et l’abandon des projets de lois liberticides.

Ce qui apparaît clairement, c’est que le Gouvernement ne veut pas changer de ligne, comme en témoignent les vœux du Président et les déclarations des Ministres : les concessions faites sont marginales et grèveront surtout le budget de l’État et de la Sécurité Sociale ; on accentue la chasse aux chômeur·se·s, on n’augmente pas les salaires ; on désindexe les pensions. On peut même craindre que le Gouvernement et sa majorité ne s’appuient sur la revendication de justice fiscale et sociale et instrumentalisent le débat pour justifier de nouvelles coupes dans la dépense publique. Il poursuit la réforme de l’État et confirme son intention de mener celle des retraites en 2019. Et dans le même temps, le Patronat et les actionnaires restent les seuls bénéficiaires de la politique menée.

Alors qu’il exhorte les entreprises à augmenter les primes de leurs employé·e·s, dans la Fonction Publique, l’État-employeur refuse d’augmenter les salaires de ses propres agents et continue de geler le point d’indice ! Ce faisant, il montre bien son mépris pour les fonctionnaires, alors que la nécessité du maintien de services publics de qualité n’est plus à démontrer et qu’elle figure en bonne place dans les revendications du moment. Si l’on ajoute à cela les suppressions de postes pour la rentrée prochaine dont les traductions vont rapidement apparaître sur le terrain, ainsi que le recours plus fréquent encore à la précarité, voire de nouvelles incitations au départ d’agents de la Fonction Publique, les attaques subies sont d’une ampleur inégalée.

Dans l’éducation, la rentrée 2019 se prépare dans des conditions catastrophiques. Malgré la tentative du ministère pour camoufler les conséquences de ses choix budgétaires, notre académie va accueillir plus de 1700 élèves de plus à la rentrée 2019 et va enregistrer des suppressions de postes : plus de 100 postes supprimés dont 78 en lycée général et technologique. Alors que les collèges vont voir arriver 1500 élèves en plus, 15 postes sont supprimés et le taux d’HSA va augmenter de 10 % en seule réponse à l’afflux d’élèves. On connait déjà les conséquences de telles mesures : hausse des effectifs par classe, perte des moyens de dédoublement, mise en concurrence des disciplines, pression sur les HSA, développement des compléments de services.
Les vies scolaires sont aussi particulièrement mises à l’épreuve. Dans notre académie la hausse démographique est très forte, les postes de CPE et d’AED sont insuffisants, alors que de nouveaux établissements ouvrent. Tout se fait par « redéploiement », le rectorat « joue au jeu des chaises musicales » mais dans les établissements, le climat scolaire se dégrade.

La réforme du lycée se met en place à marche forcée et le rectorat fait miroiter des offres de formations très séduisantes qui auront du mal à trouver leur réalité concrètement à la rentrée, notamment parce que le cadre des DHG sera plus que contraint dans un contexte de suppressions de postes.
Les deux groupes de travail concernant la carte de l’implantation des spécialités obtenus par le SNES-FSU début novembre puis le 17 décembre font surtout apparaitre le vrai visage de cette réforme :
- Mutualisation des moyens : les 7 enseignements dits « classiques » ne sont pas ouverts dans tous les établissements. Des déplacements d’élèves (d’enseignants ?) sont prévus, des mises en réseaux supposent des mutualisations qui parfois sont impossibles à mettre en place (éloignement des établissements, problème d’emplois du temps, connexion internet encore difficile pour du e-learning…)
- Diminution de l’offre de formation : des enseignements sont fragilisés voire menacés.
Cette carte fait apparaitre un renforcement des inégalités territoriales et sociales :
- Urbain/ruraux : les établissements ruraux, souvent de plus petite taille sont particulièrement fragilisés par la mise en place de la réforme et voient la diversité de formation offerte à leurs élèves diminuée.
- Etablissements périphériques / établissements du centre des agglomérations.

Tout cela casse l’égalité de traitement des élèves et met concrètement en place une éducation nationale à plusieurs niveaux. Cette réforme conduit aussi au déplacement d’une partie des missions d’orientation vers les enseignants, mettant en péril une partie des missions des PsyEN.

Les lycées ont été nombreux dans l’action en décembre selon des modalités différentes. Les lycéens, en grande majorité, se sont mobilisés dans le calme et pacifiquement. Les interventions des forces de l’ordre contre les lycéens ont été marquées par de grandes violences. Ce traitement sécuritaire est une stratégie délibérée du gouvernement : il s’agit de faire peur et ainsi de démobiliser les lycéens. Le SNES-FSU condamne vivement ces pratiques et appelle avec l’UNL à refuser toute sanction pour fait de grève.

En collège, les conditions de travail continuent d’être dégradées avec des pressions sur les modalités d’évaluation, les difficultés liées à une inclusion sans moyen. La hausse des heures supplémentaires va aggraver les conditions de travail. Le SNES-FSU continue à soutenir la mobilisation des AESH contre l’augmentation de leur temps de travail et pour la reconnaissance de leur métier.

Les annonces nationales sur une nouvelle politique d’attribution des moyens qui concerne l’éducation prioritaire et les territoires ruraux relancent la menace d’une primarisation du collège, notamment avec le projet d’école du socle proposé à Die (échange de services entre primaire et secondaire), ce que le SNES-FSU condamne fermement.

Actions

Face au mépris du Ministre Blanquer qui veut imposer son école Karcher, il faut se retrousser les manches. Le mouvement des gilets jaunes a ouvert une période propice à des victoires sociales.

- Rejoignons la campagne #STOPMEPRIS en décidant de rendez-vous hebdomadaires devant nos établissements pour réclamer : PAS D’HEURES SUPPLEMENTAIRES ! DES POSTES ET DU SALAIRE !

- Investissons le jeudi 17 janvier, jour du CTA : Opération Vérité sur la rentrée. On prend l’heure syndicale, on inonde la presse de communiqués et de photos de nos rassemblements locaux.

- Organisons le refus des suppressions de postes, des HSA et des DG dès maintenant. Un préavis de grève est déposé jusqu’aux vacances de février pour permettre toutes les mobilisations des établissements.

- Préparons la prochaine grève second degré du 24 janvier qui doit être massive et investissons cette journée pour organiser des AG, débattre entre personnels de l’Éducation, organiser des actions locales comme cela est mis en œuvre dans plusieurs parties de l’académie. Cette journée doit être un premier moment fort dans la perspective d’une mobilisation plus large Fonction publique, voire interprofessionnelle, que la CAA appelle de ses vœux début février. Les directions nationales du SNES et la FSU doivent œuvrer activement dans ce sens.

- Soutenons le mouvement des retraités du 31 janvier pour la défense de leur pouvoir d’achat qui s’inscrit dans le cadre d’une campagne d’information et de mobilisation.

- Engageons-nous à œuvrer partout où cela est possible à la convergence avec les mobilisations des gilets jaunes, des stylos rouges pour mettre un terme à cette politique libérale. Dans cette perspective, la CA académique demande au SNES et à la FSU d’organiser, à la place du grand débat, des réunions publiques alternatives pour porter nos revendications de justice fiscale et sociale.

Adopté à l’unanimité des 29 présent·e·s