Désavoué, encore une fois !

Enfin l’annulation de l’épreuve de l’oral du bac de français, pour laquelle le Snes s’est battu sans relâche, est effective. C’est un soulagement pour tous, car ce qui fait le cœur de nos métiers, comme celui des apprentissages de nos élèves, le SENS, n’y était plus.

Entre le manque de cours lié au covid-19 et la découverte des modalités seulement à cette rentrée, avec encore des précisions distillées tout au long du parcours, il n’était décidément pas sérieux de s’arc-bouter sur la tenue coûte que coûte de cette nouvelle épreuve comme l’a fait le ministre Blanquer jusqu’au 28 mai, faisant délibérément le choix d’un climat anxiogène pour nos élèves et du mépris pour notre travail.

Sans revenir sur les épisodes navrants d’une course à l’échalote entre le premier ministre et celui de l’éducation nationale pour annoncer la fermeture de l’école, puis la reprise, celle-ci devrait advenir effectivement le 2 juin. Une fois encore, il y a loin des annonces politico-médiatiques à la réalité, et la rentrée en collège, sur laquelle nous menons une enquête, le rappelle. Que les établissements ouvrent, c’est une chose, que les élèves soient au rendez-vous, c’en est une autre, et dans quelles conditions.

Le Snes, avec la FSU, a fait le choix de ne rien sacrifier aux indispensables conditions sanitaires, et c’est bien le moins. Mais aujourd’hui, une autre question se pose : il ne s’agit pas non plus d’instrumentaliser la santé pour en rabattre sur le sens de l’École, et pas davantage sur nos conditions d’exercice ou le volume et la nature des enseignements alloués aux élèves.

Si cette reprise a un sens, c’est bien celui de nous permettre de retisser les liens avec nos élèves, afin de trouver les conditions d’une rentrée en septembre. Et de ce côté, il y a matière à vigilance, tant le ministre, toujours dans le coup médiatique d’après, cherche déjà quels champs disciplinaires il pourrait externaliser, quelles combinaisons présence/à distance il pourrait instaurer et ainsi diminuer encore et toujours les moyens alloués au second degré (n’ayons pas, comme beaucoup, la mémoire courte, les 80000 suppressions de postes sous le président Sarkosy, c’était déjà lui à la DEGESCO), en augmentant pourquoi pas nos obligations de service, et en se gardant bien pour l’instant de réinjecter des postes pourtant indispensables si l’on veut accueillir les élèves en petits groupes et travailler à réduire les écarts importants que l’enseignement à distance a accrus.

Par ailleurs, cette reprise a lieu dans un contexte difficile, de crise économique forte.
Plus que jamais, notre mobilisation est indispensable. L’importance des Services Publics est apparue très fortement aux yeux de l’opinion publique ; elle ne doit pas passer à la trappe de l’oubli ou du glissement vers d’autres sirènes, avec un patronat plus avide que jamais, qui gloutonne sans vergogne les subventions publiques tout en n’oubliant jamais de dénoncer l’assistanat ni de susurrer qu’il va falloir travailler plus, en cassant encore plus le droit du travail et en annonçant des licenciements par paquets ! Plus que jamais, les questions de retraite et de protection sociale restent d’actualité !

Enfin, ce gouvernement a continué de déployer la « transformation de la Fonction Publique », loi régressive s’il en est, qui voudrait, dès la rentrée, fusionner les Comités Techniques avec les Comités Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail, ce qui de surcroît dans le contexte sanitaire qui est le nôtre est non seulement absurde, mais dangereux. De même, ce devraient être les dernières CAPA, soit la dernière fois que nous tous, pourrions être défendus-es par nos élu-es, à l’heure même où une nouvelle sanction est instaurée : l’exclusion de 3 jours pour les personnels. Les agents n’auraient plus sur leur carrière que la possibilité de faire des recours administratifs. C’est le principe utilisé notamment dans l’armée, bien connu pour être un formidable outil de discrimination individuelle et de régression des droits.
Pour l’heure, le Snes, dans la FSU, continue de livrer bataille pied à pied pour faire abroger cette loi inique, et vous pouvez compter sur les commissaires paritaires de la FSU pour vous aider à faire valoir vos droits.

Notre outil commun, fort de chacun d’entre vous est la seule garantie contre l’arbitraire ! Ensemble, défendons-le et renforçons-le !