Nouvelle rentrée, nouveau ministre

Profession : homme politique… directement tombé dans la marmite dès sa sortie de Sciences Po. Paris, après son cursus à l’École Alsacienne. C’est dire sa connaissance toute théorique de l’École publique !

Après une tentative d’ouverture qui aura marqué par sa discrétion extrême, c’est cette fois dans sa garde rapprochée que le président Macron a pioché. Côté éléments de langage et image, c’est sans doute la volonté de mettre en valeur la jeunesse de l’impétrant pour « rénover » - id est, détruire - l’Éducation nationale. Mais comme le chantait si pertinemment l’ami Georges, « le temps ne fait rien à l’affaire... ». Et si le ministre Jean Zay, encore plus jeune occupant de notre ministère, portait un projet de démocratisation et de culture émancipatrice pour toutes et tous, il est à craindre que Monsieur la voix de son maître ne soit pas pareillement outillé.
La rentrée, dont les zélés défenseurs de la macronie ne manqueront pas de clamer dans toutes les gazettes "qu’elle est réussie", va se faire sur fond de pénurie de personnels et de « recherche professeur-es, désespérément ». Tant que nous n’obtiendrons pas la juste revalorisation sans contrepartie qui nous est due pour rendre leur attractivité à nos métiers, notre service public d’éducation, tout comme l’hôpital, va continuer de se dégrader, et toujours au préjudice d’abord de nos élèves les plus fragiles. Sans compter que l’inflation creuse encore davantage les inégalités et rend d’autant plus indispensable l’augmentation du point d’indice.

Dans nos établissements, la grande bataille du pacte va se jouer dans les toutes premières semaines de septembre : maintenant, nous avons les textes, parus au cœur de juillet, qui confirment tous les dangers que nous avions pointés.

Arme de néo-management massive, le pacte vise à casser notre statut pour le remplacer par un contrat de gré à gré. Attention à toutes celles et ceux, dans les équipes de direction, qui vont expliquer qu’on peut se faire confiance, qu’elles et ils respecteront les vœux d’emplois du temps émis pour l’exercice du pacte : ce ne sera pas possible, et ce n’est d’ailleurs pas du tout fait pour ça. C’est une forme d’astreinte, sans la rémunération afférente. Attention aussi à toutes celles et ceux, chez les collègues qui vont signer et mettre, au-delà de leur personne, toute la profession en difficulté. C’est aussi une arme à fracturation de salles des profs. La seule solution, c’est le refus collectif du pacte, qui empêchera de passer à la phase 2, prévue pour la rentrée 2024, qui verra la transformation dans les budgets des IMP et HSE en ISOE 3, ce qui au passage, montre bien la supercherie puisqu’il n’y a pas d’argent nouveau, donc pas de revalorisation. Le doublement de l’ISOE, certes insuffisant, obtenu par nos luttes équivaut en euros à une brique de pacte sans en prendre pour l’ensemble des collègues dès cette rentrée.

Donnons-nous ensemble le temps de gagner la vraie revalorisation, ne lâchons pas !

Par ailleurs, non contente de casser les retraites, la macronie s’attaque à la protection sociale. C’est un dossier complexe, dont nous ne prenons pas toujours suffisamment le temps de débattre. Nous nous donnons pour objectif de faire campagne sur ce sujet. Inscrivez-vous et faites inscrire les collègues aux stages que nous proposons sur ce thème, mais aussi sur tous les autres que vous trouverez en dernière page, à afficher sur le panneau syndical dès la prérentrée. Parlez en dans les réunions de prérentrée, syndiquez-vous bien sûr, c’est le premier geste pour être plus fort, et proposez la syndicalisation à vos collègues. Notre outil précieux permet l’information et la libre construction des luttes, du quotidien comme celles de plus grande envergure.
Nous avons pris en juin la décision de réunir le conseil syndical (CA académique, plus les responsables de tous les établissements, dits S1, de l’académie) le jeudi 7 septembre de 9h à 17h à la bourse du travail de Grenoble, après la rentrée, de manière à recueillir le plus d’informations concrètes sur la situation dans nos établissements. Nous savons également combien est importante la première rencontre avec nos élèves. De ce fait, nous comptons sur votre venue pour commencer cette nouvelle année, qui sera une année de congrès national, ce temps de réflexion que nous nous accordons tous les 3 ans pour définir collectivement et affiner nos mandats, et plus globalement notre projet d’École et de société.
D’ici là, profitez pleinement de ces derniers jours de vacances !

Pour le secrétariat académique et pour une fois, en mon nom propre, je vous souhaite une très bonne rentrée, avec de l’émotion, car c’est mon dernier édito. Je ne rentre pas, je ne rentrerai plus, je commence une nouvelle tranche de vie. J’espère que vous avez pris un peu de plaisir à me lire durant ces dernières années, j’ai aimé écrire régulièrement dans ces colonnes. A toutes et tous, un grand merci, plein d’énergie, et bien sûr, à bientôt dans la rue !