10 juin 2020

Nos métiers

Notes du baccalauréat 2020 : attention aux bidouillages !

La saisie des notes de baccalauréat pourrait être l’occasion de tricheries harmonisations d’initiatives individuelles, suggérées ou organisées pour conformer les résultats aux attentes du professeur, de l’élève, de la famille, de l’établissement, de l’institution.

Les circulaires d’organisation de cette session exceptionnelle du baccalauréat 2020 ont été publiées

https://www.snes.edu/IMG/pdf/decret...
https://www.snes.edu/IMG/pdf/arrete...

et posent un principe simple :

les notes du baccalauréat obtenues par le candidat sont la moyenne des moyennes des premier et deuxième trimestres et arrondies à l’unité supérieure.


Les notes obtenues au titre du troisième trimestre, avant, pendant comme après la fermeture des établissements, ne sont pas prises en compte dans les moyennes annuelles.

Si le principe est simple, il est cependant nuancé par un bon nombre de cas particuliers que vous retrouverez plus en détails en notre article détaillé https://www.snes.edu/Bac-session-20..., notamment pour les disciplines dont certaines épreuves avaient pu se tenir avant le confinement (ECA de langues par exemple, ...)

Si le principe est simple, les conséquences risquent d’être des résultats forts différents de ce qui serait advenu si les épreuves avaient eu lieu. En effet, le niveau d’exigence varie pour chacun de nous, d’un établissement à l’autre et certains élèves vont obtenir de moins bons résultats que s’ils avaient passé l’épreuve.
Cette correction de distorsion est d’ailleurs la vertu principale de l’épreuve terminale, nationale et anonyme. Tous les candidats sont évaluées sur la même épreuve, les même difficultés.
C’est pour cela que la majorité des pays développés ont adopté le modèle du bac français.

Vous trouverez davantage d’éléments sur les vertus des épreuves nationales page 9 de ce très intéressant rapport du feu CNESCO, cet organisme d’étude du système scolaire trop indépendant pour Blanquer qui l’a supprimé : pdf/bac_dossier_synthese_cnesco.pdf

Avec le contrôle continu, ces problèmes surgissent violemment dans les établissements et beaucoup de collègues se retrouvent embêtés pour leurs élèves, ou pour certains d’entre-eux pour qui cette moyenne reflète mal le niveau, ou sous la pression des familles qui crient parfois avec raison à l’injustice, ou de la direction qui tient à conserver l’image de l’établissement, voire de l’institution avec de discrètes recommandations de l’inspection pour que les notes obtenues dans la discipline soient en moyenne identiques aux années précédentes.
Toutes ces pressions extérieures, que nous avions vues venir et que nous avions dénoncées lors de la mise en place de la prise en compte du contrôle continu dans la réforme du bac Blanquer sont ici décuplées par cette session presque intégralement en contrôle continu.

Le ministère, conscient de la distorsion, a mis en place une série de règlements pour fixer le cadre général et une conception du contrôle continu qui doit coller aux « indicateurs de performance » caractérisant les établissements. Un jury a donc pour fonction essentielle de procéder à un alignement statistique sur les résultats des années précédentes, et à réévaluer les notes des élèves des établissements où le contrôle continu les léserait.

L’intention est louable compte tenu de la situation exceptionnelle mais cette organisation mérite d’être plus clairement précisée et ne saurait devenir un modèle pour le bac.
Vous lirez une mise en garde à ce sujet ici : https://www.snes.edu/La-session-de-...

Néanmoins, la tentation sera grande d’intervenir en amont de ces jurys.

Nous appelons les collègues à ne pas ouvrir la boite de Pandore et à saisir les moyennes des élèves telles que le décret le prévoit, sans aucune modification qu’elle soit sur initiative personnelle ou sous des pression extérieures.

La stricte application du texte nous protège. S’autoriser à procéder à des harmonisations en amont des jurys ouvrira grand la porte à toutes les pressions et tentations (corruption), ne le négligez pas !

La rectrice l’a assuré aux élus lycéens lors du CAVL (conseil académique de la vie lycéenne) du 9 juin :

« Seuls les jurys harmonisent les notes ! »

Nous appelons les collègues à nous faire remonter toutes pressions qu’ils subiraient sur la saisie des notes du baccalauréat.