Rejet du statut pour les AESH !
Mercredi 7 janvier 2026, quand 123 sénatrices et sénateurs votaient pour la création d’un statut de fonctionnaire d’État de catégorie B pour les accompagnant-es d’élèves en situation de handicap, 189 autres, encouragés par le discours du ministre de l’Éducation nationale, votaient contre !!!
Le SNES FSU dénonce le rejet, ce mercredi 7 janvier au Sénat, de la proposition de loi visant à créer un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH, et ce, malgré le soutien marqué de l’opinion publique et des parents d’élèves. Ce rejet, soutenu par le gouvernement et la majorité sénatoriale de droite et du centre, constitue un choix politique lourd de conséquences pour l’école publique et l’inclusion scolaire.
Le ministre justifie la faiblesse de leur rémunération : un temps de travail « par nature » incomplet puisque l’accompagnement des élèves en situation de handicap serait « par nature temporaire » mais également le refus d’un statut : "Depuis 2021, les AESH bénéficient d’un quasi-statut"
Le choix politique de la précarité
Ce à quoi lui répondent les AESH que le temps partiel et la mise en place des PIAL en 2021 est un choix politique qui affecte considérablement nos conditions de travail sur le terrain puisque nous ne sommes plus considérés comme des êtres humains exerçant un métier d’utilité publique mais comme des pions qu’on déplace en fonction des besoins dans des secteurs géographiques définis pour pallier au manque et aux urgences. Comme certain-es disent, nous sommes des variables d’ajustement !
Quand on gagne en dessous du SMIC, on n’épargne pas, on ne part pas en vacances, on a pas de loisirs et on peine à finir les fins de mois. Quand on peut changer d’emploi du temps, d’élèves et d’affectations à tout moment, on a aucune stabilité. Quand on subit un temps partiel imposé avec un salaire indécent on a aucune sécurité. Non à la précarité !
Ces missions sont exercées majoritairement par des femmes, beaucoup de femmes seules, isolées, avec parfois des enfants à charge voire des enfants en situation de handicap. Cette dévalorisation renvoie à une logique ancienne : considérer que l’attention aux autres, la patience, la disponibilité seraient des qualités « naturelles » des femmes, et donc ne mériteraient ni statut, ni salaire digne, ni reconnaissance professionnelle. Refuser un statut aux AESH, c’est prolonger des inégalités de genre bien ancrées.
Le mensonge aux familles de la priorité nationale au handicap
En agissant ainsi, le gouvernement et la majorité sénatoriale envoient un message clair : l’école inclusive n’est pas une priorité. C’est également renier la promesse gouvernementale de faire du handicap une cause nationale. C’est maintenir les AESH dans la précarité, continuer de mentir aux familles en leur assurant que leurs enfants seront accompagnés et pourront mener toute une scolarité en milieu ordinaire en s’épanouissant totalement, et bafouer le droit de chaque élève en ne prenant pas en compte ses besoins
Le rôle indispensable des accompagnantes d’élèves en situation de handicap au sein de l’École est maintenant reconnu par toutes et tous. Leur fonction répond à un besoin pérenne et doit s’exercer dans le cadre d’un statut de fonctionnaire. Le coût budgétaire de la création de ce statut doit être considéré comme un investissement puisqu’un personnel formé et sécurisé dans son parcours professionnel sera un personnel stable. Le statut permettra d’assurer des accompagnements de qualité.
Le combat continue plus que jamais
Nous ne lâcherons donc rien ! Nous devons renforcer les mobilisations unitaires pour une école publique réellement inclusive, respectueuse des droits des élèves et des personnels.
LE SNES FSU exige :
- un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH,
- une rémunération à temps plein sur la base de 24h d’accompagnement,
- une formation initiale et continue qualifiante reconnue,
- la reconnaissance pleine de leurs missions.
- la suppression des PIAL et des PAS

