14 juin 2022

Nos métiers

AED : des moyens et des conditions d’emploi toujours insuffisants

Le rectorat tient un groupe de travail le 15 juin avant le Comité technique académique du 7 juillet 2022

Le rectorat annonce une masse salariale stable, mais les moyens sont toujours insuffisants

Pour répartir la pénurie, le mieux est toujours de cacher les manques derrières des clés de répartitions avec de multiples critères (taux de demi-pensionnaires, internat, éducation prioritaire...). Mais, alors que le rectorat produit des cibles pour les établissements de l’académie, la réalité des dotations est inférieur aux besoins identifiés par le rectorat.

Avec un budget qui stagne, le rectorat ne propose que des redéploiements des moyens existants pour doter les établissements "prioritaires", particulièrement les internats d’excellence.

La précarité pour masquer la pénurie

Dans ces propositions, le rectorat agrège plusieurs catégories pour afficher une bilan positif. Ainsi, les moyens octroyés pour quelques UPE2A et donc consacrés au suivi de l’intégration de ces élèves dans les classes apparaissent dans les dotations initiales. Pour pallier les manques d’AED, le rectorat n’hésite pas à pousser des établissements à recourir à des services civiques...

Des conditions de travail dégradées des AED

Il est fort à parier que la tendance à recourir à des contrats de 75 % va se développer, afin d’avoir un maximum d’AED dans les établissements sur les temps les plus tendus (pauses méridiennes...), mais au détriment des AED qui subissent un temps partiel imposé. Quant aux AED étudiant·es, les pressions sont de plus en plus fortes sur l’organisation de leur service vs. leurs études.

La CDIsation, dans ces conditions ?

Le décret prévu par l’article 10 de la loi du 2 mars 2022 visant à combattre le harcèlement scolaire sera présenté au Comité technique ministériel du 6 juillet pour une mise en œuvre à la rentrée 2022. Le projet de texte qui n’a pas fait à ce jour l’objet d’une concertation n’est pas encore connu.

L’article L.916-1 du code de l’éducation a été complété par un phrase ainsi rédigée : « Un décret définit les conditions dans lesquelles l’Etat peut conclure un contrat à durée indéterminée avec une personne ayant exercé pendant six ans en qualité d’assistant d’éducation, en vue de poursuivre ses missions. »

Le SNES-FSU sera vigilant lors de cette concertation sur les modalités de CDIsation retenues par le gouvernement et est d’ors et déjà aux côté des collègues pour les accompagner et faire valoir leurs droits. Il portera ses mandats pour une amélioration des conditions de travail, d’emploi et de rémunération de tous les AED.

Si le CDI peut constituer un début de réponse aux problématiques d’une partie des personnels, il ne constitue pas une solution suffisamment ambitieuse, tant pour les personnels que pour les élèves. Les enseignant·es contractuel·les, les AESH en font particulièrement les frais aujourd’hui tant au niveau de leurs conditions d’affectation (affectation académique, PIAL...), que de leur rémunération (temps partiel imposé...).