Des mots contre la violence

Au moment où deux de nos collègues ont été physiquement agressés dans notre académie, la section académique a tenu a exprimer tout son soutien aux victimes, et au-delà aux deux communautés éducatives du collège Doisneau de l’Isle d’Abeau et du lycée Mounier à Grenoble.

Nous avons adressé dès hier le communiqué suivant à nos collègues victimes, à tous nos S1 pour affichage, ainsi qu’à la presse.

"La section académique du Snes-FSU, tenue informée par les établissements concernés tient à dénoncer les agressions physiques et graves dont ont été victimes deux de nos collègues ce vendredi 8 février, l’un par un parent d’élève, dans sa salle de cours au collège Doisneau de l’Isle d’Abeau, et l’autre alors qu’il sortait de son établissement, le lycée Mounier à Grenoble. Nous tenons à affirmer notre solidarité et notre soutien à ces deux collègues, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative de leur établissement.

Cette violence, qui grandit toujours, traduit la dégradation de l’image de l’École et des enseignants entrenue par les décisions politiques contre les personnels et leurs représentants. Cette dégradation participe du malaise croissant, des métiers de l’enseignement qu’il devient de plus en plus difficile d’exercer, à la croisée de toutes les tensions, et symptômes sans doute d’une fracture sociale qui s’élargit quand aucune politique sociale sérieuse ne la prend à bras le corps depuis des décennies maintenant.

Il ne convient sans doute pas d’établir d’échelle dans la gravité des atteintes, et où qu’elle soit, nous condamnons solennellement cette violence faite aux personnes. A l’heure où nos gouvernants n’ont pas de mots assez durs pour condamner les gestes commis contre les élus, nous apprécierions qu’ils en prononcent quelques-uns pour rappeler combien l’accès aux savoirs pour toutes et tous est précieux pour notre société, et combien les personnels qui exercent ces missions vectrices de démocratie et de progrès méritent respect et soutien. Ils ont en effet en charge le service public d’Éducation, ferment d’égalité et de justice sociale de toute société.

À ce titre, la loi Blanquer actuellement en discussion, comme la réforme des lycées ne peuvent que nous inquiéter. Ce n’est ni en muselant la parole des enseignants, ni en détruisant la référence nationale du bac, ce qui adviendra à très court terme si cette réforme devait s’appliquer, ni en diminuant les moyens alloués au second degré quand les effectifs continuent de croître, qu’on permettra aux personnels d’assurer sereinement leur mission. Or cette sérénité est indispensable à l’acte même d’apprendre."

Ceux de Mounier avaient choisi d’appeler ce matin, dans une lettre ouverte, à un rassemblement avant la reprise des cours, pour dire NON ensemble à cette violence ignoble, et rappeler encore et toujours la nécessité de poser des mots. Ce qui fut fait, à travers la lecture d’une missive, envoyée par notre collègue blessé, ainsi que par une chanson, écrite par une élève de TL. C’est avec émotion que j’ai partagé ce moment avec eux.
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Clip réalisé par Bérénice, élève de Tale L au Lycée Mounier.


Cela doit nous motiver encore davantage pour refuser les réformes Blanquer, le nouveau lycée qu’il nous concocte, la mise au pas qu’il voudrait nous imposer, et les suppressions de postes, tout comme l’avalanche d’heures supplémentaires.

Que toutes celles, tous ceux qui le peuvent demain soient devant le rectorat entre midi et deux heures.

En ce 14 février , disons haut et fort notre amour pour l’École !