École du socle pour tous… Études pour les autres !

« La nuit promet d’être b... »… bien sombre si nous laissons ce gouvernement déployer tous ses projets dévastateurs pour les services publics et la jeunesse de ce pays. A l’heure où ce gouvernement a décidé de passer en force, dans tous les domaines, n’hésitant pas à se montrer dans toute sa brutalité à l’interne si l’on pense à la faculté de Montpellier, comme à l’externe, visant à faire peur pour neutraliser l’envie de mobilisation, nous avons, lors de notre congrès national à Rennes, décidé d’un plan d’action de grande ampleur, parce que la situation l’exige. PAS DE VACANCES POUR LA MOBILISATION !

Non content d‘avoir inscrit un recul sur nos salaires et pensions, c’est maintenant à nos statuts qu’il voudrait s’en prendre, jouant une fois de plus la partition du tous contre tous, qu’il s’agisse des cheminots, livrés à la vindicte publique, ou des fonctionnaires, qu’il s’agirait de remplacer par des contractuels pour une meilleure efficacité. Mais de qui se moque-t-on ? Depuis quand la précarité est-elle garante de l’arrivée à l’heure des trains, ou d’un accès amélioré aux savoirs de nos élèves ?

Et toujours, la reprise de la même antienne… Au nom de la liberté de chacun, le nouveau lycée à la carte proposé par le ministre Blanquer n’est rien d’autre qu’une énième tentative de réduire les enseignements et les coûts, tout en augmentant les effectifs, la sélection et le tri social. Comptable et idéologique, parfaitement libéral. Comme nous l’avions malheureusement bien vu venir et fortement dénoncé dans le lycée Chatel, l’accompagnement personnalisé quitte le tronc commun (- 2h), n’est pas redistribué aux disciplines qui se sont alors vues amputées, mais se retrouve dans la fameuse marge, certes augmentée d’ 1h30, celle avec laquelle on doit tout faire, dédoublements, groupes en langues vivantes… et désormais options et accompagnement personnalisé. Mais oui, vous savez compter : [-2h + 1h30], cela fait bien une demi-heure de perte sèche, soit 700 postes dès la mise en œuvre. Et ce n’est qu’un exemple. Idéologique, parce que ce sont l’élève et sa famille qui seront désormais les artisans de parcours choisis, au nom de la liberté bien comprise et brandie comme étendard par tous nos bons libéraux, parcours qui seront bien sûr cruciaux pour Parcoursup et l’accès au supérieur, et qu’il vaudra mieux avoir bien conçus dès la classe de troisième. C’est dans ce contexte que les PsyEn seraient évincés de l’orientation, avec la tentative toute récente, une fois de plus, de les inféoder aux régions pour un adéquationnisme étroit, cherchant à en finir avec leurs missions, livrant ainsi nos élèves aux appétits voraces de coaching du privé… Et côté ministère du supérieur, pas le commencement d’une prise en compte de la hausse démographique des années 2000.

Nous appelons à soutenir et à participer aux manifestations du 19 avril partout où vous vous trouverez durant ces congés, 19 qui sera également jour d’appel à la grève du second degré dans les académies encore au travail contre les projets Blanquer du lycée, du bac, mais aussi contre Parcoursup et la loi Vidal.

Les occupations d’universités gagnent du terrain : nos jeunes ne veulent pas d’un avenir où ils ne deviendraient que des profils à faire entrer à toutes forces dans les cases d’un réel prédéfini, au nom de pré-requis étriqués. Nous ne les formons pas pour cela, mais bien pour être partie prenante, aujourd’hui en construction, puis acteurs et actrices de demain !

Notre académie, à la reprise, sera quant à elle en grève le 3 mai contre les projets Blanquer, pour se retrouver, avec l’intersyndicale Fonction publique presque au complet le 22 mai, dans un grand temps de grève et de manifestation pour nos salaires et pensions, pour des moyens pour les services publics, à l’école, à l’hôpital et partout.

La CFDT, alors qu’elle avait dans un premier temps refusé, vient de faire connaître ce jour son ralliement au 22 mai. Gageons que ce choix encourage l’Unsa à franchir le pas… Un calendrier chargé, rempli de motivation, parce qu’ensemble, malgré les rodomontades gouvernementales répétées à l’envi et les campagnes de com. savamment orchestrées, nous savons bien que nous pouvons mettre un coup d’arrêt à cette politique brutale de casse sociale et de renoncement, d’autant plus détestable qu’elle voudrait priver d’avenir une grande part de sa jeunesse !

Soyons réalistes, demandons l’impossible ! Et soyons ensemble aux rendez-vous, des mobilisations… et de l’histoire ! Ensemble, nombreux, c’est possible !