23 avril 2012

Edito

« Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde » (B. Brecht)

No pasaran !

La politique à laquelle nous sommes confrontés depuis une dizaine d’années, et plus encore depuis cinq ans, politique de classe, de démantèlement des repères collectifs, du modèle social et de l’éducation — singulièrement dans le second degré — a été sanctionnée par les électeurs qui se sont prononcés aux trois quarts contre le candidat sortant et l’ont placé derrière le candidat du parti socialiste. L’aspect le plus préoccupant de ce premier tour est sans conteste le score de la candidate du Front national. Sans doute la désespérance sociale, les discours sécuritaires et xénophobes du candidat sortant et la politique menée en ce sens ont pesé dans ce résultat ; sans doute les alternances sans alternatives de ces trente dernières années ont creusé cette désespérance ; mais que près de sept millions d’électeurs aient porté leurs suffrages sur la candidate fasciste ne peut qu’interpeller les citoyens, les démocrates, les syndicalistes et les éducateurs que nous sommes : n’avons-nous pas notre part de responsabilité dans cette fracture démocratique ? n’avons-nous pas trop cru la démocratie installée et trop ignoré le danger ? n’avons-nous pas déserté ce combat ?

Quelle que soit l’issue du second tour, y compris si elle confirme la volonté de changement exprimée lors du premier tour, nous devons tout mettre en œuvre pour dénoncer et combattre le fascisme, et d’abord en pesant pour qu’une alternance devienne réellement une alternative à la politique de classe menée par la droite : si la gauche devait une fois de plus décevoir les plus désespérés, si l’alternance ne répondait pas à la profonde aspiration aux changements, à la justice sociale, à la fin des privilèges et de la morgue des puissants, aux ambitions pour l’éducation de la jeunesse et l’avenir du pays dont le congrès du SNES vient de rappeler la nécessité impérieuse, le danger fasciste en serait d’autant plus imminent.

Pour un premier mai de combat

Le prochain rendez-vous de luttes, d’expressions de ces exigences et d’espoirs aura lieu avant le second tour de la présidentielle :
Faisons du premier mai, un rendez-vous puissant et unitaire pour la démocratie, la justice sociale, l’égalité, la solidarité des peuples et des travailleurs et la satisfaction de nos revendications les plus immédiates, en termes de partage des richesses et d’investissements pour l’avenir.