Alors que la reprise des cours et la réouverture des lycées devaient se faire dans des conditions de sécurité des personnels et des élèves, une nouvelle répression inacceptable s’est déroulée devant plusieurs lycées de l’académie.
Depuis plus d’un mois, les lycéennes se mobilisent pour dénoncer leurs conditions d’étude.
Manque de personnels, bâti vétuste, nombre trop important d’élèves par classe, emplois du temps intenables, accès toujours plus difficile, voire rendu impossible, aux études supérieures… leurs revendications sont légitimes, le SNES-FSU les partage et les soutient. Elles sont le reflet de conditions d’études déplorables et du manque de places dans les formations supérieures publiques, conséquences directes des choix budgétaires et politiques imposés par les différents gouvernements d’Emmanuel Macron.
Parce qu’ elles et ils réclament plus d’égalité, parce qu’elles et ils dénoncent les conséquences des choix politiques macronistes, notamment la sélection opaque via Parcoursup, le gouvernement a fait le choix de répondre par la force et la répression policière : charges violentes, utilisation d’armes létales, multiplication des interpellations et des déferrements.
Recevant enfin les lycéennes et les personnels le 26 octobre, le gouvernement a annoncé le plafonnement des classes de 2de GT à 28 élèves qui viserait d’abord les lycées les plus défavorisés. Cela montre en creux les effets de la sortie des lycées de l’Education prioritaire qui ont donc été complètement délaissés depuis près de 10 ans.
Édouard Geffray a aussi précisé les contours du chantier sur les emplois du temps, pointant les plus de 300 combinaisons possibles de triplettes en 1re, appelant à leur optimisation. Il a aussi pointé le caractère anxiogène du contrôle continu en 1re. Enfin ! Le SNES-FSU a dénoncé ces effets depuis la mise en place des réformes Blanquer. Le ministre de l’époque nous a traités de ventilateurs à angoisse et de preneurs d’otages lors des grèves. Aujourd’hui, plus personne, pas même le Dgesco de l’époque, ne peut défendre Parcoursup et l’organisation du lycée Blanquer. Mais il faut aller au bout de la déblanquérisation du lycée, sans attendre.
Sur Parcoursup, la plus grande confusion a régné. Des évolutions techniques pour la session 2027 sont prévues, pour améliorer la transparence, par exemple en rendant publics les critères d’examens des candidatures. Le reste de l’évolution de la plateforme est renvoyé aux conclusions d’un « comité de transparence », pour 2028, et le ministère l’affirme « on ne peut pas dire qu’il n’y aura plus Parcoursup à la rentrée 2028 », tout dépendra des conclusions du travail qui va être mené. Il faut poursuivre la mobilisation pour obtenir l’abrogation de Parcoursup.
Les réponses sont loin d’être suffisantes et les organisations lycéennes appellent à poursuivre la mobilisation, notamment le 5 novembre, aux côtés des personnels, salariées et retraitées.
Après plusieurs semaines de mobilisation lycéenne et des personnels de l’Éducation nationale, et des samedis de manifestations massives, déterminées, festives mais ponctuées de violences inacceptables, le gouvernement semblait enfin changer de méthode.
Ce lundi 2 novembre, la réponse a cependant été la même devant les lycées de l’agglomération grenobloise avec des interventions violentes des forces de l’ordre, des fouilles des sacs des personnels des établissements, des tirs de LBD et des gazages sans sommation, des arrestations d’une violence inacceptable.
Le SNES et la FSU ont condamné sans ambiguïté les violences contre les personnes et les dégradations. Mais il et elles dénoncent aussi une doctrine du maintien de l’ordre qui met en danger les manifestantes, et oppose des réponses répressives a priori.
Alors que de nombreux adultes étaient présentes devant les lycées ce matin pour garantir les droits des lycéennes à exposer leurs revendications dans le calme, les interventions des forces de l’ordre ont clairement visé des personnels et des propos inacceptables ont été tenus. Le SNES-FSU apporte son soutien aux personnels et aux jeunes blessées.
Le SNES-FSU, au côté des personnels, demande que le Monsieur le Recteur intervienne auprès de la préfète de l’Isère pour que cesse cette répression et qu’il protège les personnels et les élèves.
Le SNES-FSU appelle l’ensemble des personnels à être solidaires des lycéennes, y compris par la grève et à se mettre massivement en grève le 5 novembre.
