Très difficile rentrée

Nous venons de connaître, avec la rentrée 2012, l’une des plus difficiles de la décennie.

Partout, les effectifs des classes sont surchargés, les heures supplémentaires surabondantes, les compléments de service multipliés… Conjugués à une crise massive des recrutements et aux effets de la mise en place de la réforme des lycées sur les trois niveaux - avec notamment la situation particulièrement inadmissible faite à nos collègues de STI -, ces éléments conduisent à une dégradation particulièrement accrue des conditions d’enseignement. Tels sont les dégâts causés par la politique éducative menée en collège et en lycée ces dernières années.

En faisant de l’Education Nationale une de ses priorités, le nouveau gouvernement a suscité une attente importante. Et de fait, l’abrogation du décret sur l’évaluation des personnels, la décharge de 3 heures pour les stagiaires, l’arrêt du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, l’annonce de 43000 postes dans l’Education Nationale pour 2013 (dont 22100 remplaceront les départs en retraite)...sont des mesures qui étaient attendues. Mais faut-il encore se donner les moyens de recréer rapidement un vivier de candidats.

Si la concertation préalable à la loi d’orientation engagée depuis juillet a montré une amorce de reprise du dialogue social, de vraies questions demeurent : la phase académique n’a pas été l’occasion de réelles possibilités de participation pour l’ensemble des personnels, ce qui a donné ici ou là le sentiment que des orientations importantes...étaient plus que tracées.

« La cigale ayant chanté... »

Par ailleurs, si les mesures fiscales engagées donnent des signes de rupture avec la politique du gouvernement Sarkozy, le silence sur la journée de carence dans la Fonction Publique, le maintien du socle commun et du LPC dans une xième version rénovée, la poursuite de la réforme du lycée et de la casse de la voie technologique, le flou sur l’avenir des CIO ont de quoi inquiéter. La profession s’est massivement dressée contre ces réformes, ce dont ce nouveau gouvernement ne semble pas prendre l’exacte mesure.

Il n’annonce pas non plus de mesures d’urgence pour résorber la crise des recrutements, dont on sait pourtant bien que c’est la clé de toute réforme ambitieuse de l’École. Il faut trouver des formes de pré-recrutements efficaces, mais aussi, ouvrir enfin des négociations sur nos salaires, et concevoir une étape forte de revalorisation de nos métiers et de nos carrières. C’est tout cela, redonner de l’attractivité à nos professions. On ne peut plus se contenter de se payer de mots.

Mobilisons-nous, faisons-nous entendre !

Dans ce contexte, nous devons nous faire entendre, et peser sur les choix politiques. C’est un enjeu majeur : ils vont dessiner la future loi d’orientation qui conditionnera l’ensemble de la politique éducative des cinq années à venir. Au moment même où s’ouvrent les négociations, c’est à nous de porter nos exigences pour une école rénovée, pour plus de démocratie, pour plus d’ambition pour la jeunesse.
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C’est l’objectif même des États généraux du second degré que le Snes organise à Paris le 25 octobre, pour que la profession dise haut et fort ses attentes, en présence de la presse et de responsables politiques.

Dans notre académie, ce sera le jeudi 18 octobre au collège Jules Vallès à Fontaine (38)

L’avenir de l’École ne se construira pas sans nous, ni contre nous !