En dépit des turpitudes...

Le scrutin est clos depuis le 6 décembre 2017 à 17h.
Nos élections sont caractérisées par une forte participation et une confiance renouvelée en le SNES et la FSU. En réaffirmant leur confiance en la FSU en la plaçant largement en tête du vote en CTA, les personnels ont ainsi envoyé le message au gouvernement de leur attachement au paritarisme et à la représentation syndicale. La composition du CTA 2018-2022 ne change pas par rapport au précédent : 5 élu-e-s FSU, 2 Sgen-CFDT, 2 UNSA, 1 FO.

Le premier constat que nous pouvons faire, c’est que nous avons fait voter les personnels… Nous, la FSU comme d’autres organisations syndicales, mais pas le ministère. Toutes les difficultés qui ont émaillé ce vote en témoignent. Pour ce 3e vote organisé sous forme électronique, ce n’est pas seulement le processus électoral qui était dématérialisé : la première journée de vote l’a aussi été avec un plantage magistral du serveur dès son ouverture… et le vote dans les établissements, qui aurait dû être organisé le 6 décembre a dû parfois être également dématérialisé, car peu de collègues ont pu y avoir accès. Étranges successions de dysfonctionnements surgissant dans un contexte où le gouvernement pousse plus loin, et fait le choix de « dématérialiser » aussi les corps intermédiaires, en lançant le plan CAP2022 qui voudrait dématérialiser les instances paritaires de consultation et les missions des élu-e-s.

Pourtant, la mise à l’écart déjà à l’œuvre depuis plusieurs mandatures des « corps intermédiaires », comme ils disent, dont les syndicats et les élus des personnels font partie, produit des résultats plus que préoccupants : l’actualité récente montre que ce n’est pas la meilleure solution pour la paix civile ni pour l’unité de la République. Rester sourd aux revendications qui sont portées ou faire le choix de la répression violente des manifestations pour l’exemple, constituent des postures témoignant d’une incompréhension totale et inquiétante de ce que le pays est en train de vivre.

Aussi, face aux mouvements sociaux qui exigent davantage de justice sociale par une revalorisation des salaires et des pensions, par un renforcement des services publics, face à la surdité du gouvernement qui joue le pourrissement,

le Snes-FSU de Grenoble appelle avec la CGT à s’engager massivement dans la journée de grève et de manifestation du vendredi 14 décembre (préavis déposé). Nous y porterons la bataille pour les salaires, les pensions, contre les suppressions de postes et pour la défense des Services publics.

Dans ce contexte, il est à craindre que les concessions faites au mouvement des gilets jaunes ne soient payées par de nouvelles coupes dans le budget des Services Publics. Comment interpréter autrement les voix qui s’élèvent de la macronie et autres LR pour affirmer qu’il faut baisser les impôts, que les Français « réclament » la réforme des retraites ? Le président Macron doit s’exprimer ce début de semaine. Il est à craindre qu’il nous refasse le coup de la pédagogie : « je maintiens le cap, c’est pour votre bien ».

Nous sommes aux côtés les lycéens, qui sont entrés dans la lutte contre les suppressions de postes, ParcourSup et les réformes du bac et des lycées, que le SNES et la FSU ont dénoncés depuis le début et encore récemment dans la grève très suivie du 12 novembre. Les événements se précipitent. Aussi, conformément à nos décisions de CA académique, le Snes-FSU appelle au plan d’action suivant :
• la tenue d’ AG d’établissement dès lundi : devant les images d’humiliation et de répression policière à Mantes-la-Jolie, dénoncées par le SNES national, nous témoignerons de notre refus catégorique. Nous devons aussi veiller au bon déroulement des mobilisations lycéennes qui pourraient reprendre dès lundi. Débattons et construisons ensemble les actions à mener
• l’organisation de rencontres avec les parents de lycée et de collège (3e) contre les mesures Blanquer (bac, orientation, réformes des lycées, parcoursup...)
• la tenue d’ AG départementales le mercredi 12 décembre. (voir les communiqués départementaux)
• la journée d’action Éducation contre les suppressions de postes et les réformes Blanquer, prévue pour le 19 décembre, jour du Comité technique ministériel (donne les dotations de rentrée aux académies) et du Conseil supérieur de l’Éducation (examen des programmes du lycée)
Nous devons nous mobiliser encore plus massivement contre les suppressions de postes, des CIO et contre la réforme du lycée. Le Ministre ne doit plus s’autoriser à dire que sa politique est plébiscitée. Janvier va arriver et au moment des DG, collèges et lycées paieront la note. C’est donc maintenant qu’il faut mettre la pression sur le gouvernement et arracher par l’action le retrait des réformes et l’arrêt des suppressions de postes.

Nous avons remporté les élections. Que cette victoire de haute lutte, en dépit de toutes les turpitudes, nous galvanise pour faire reculer sur les réformes qui voudraient casser l’École, pour avancer dans le public comme dans le privé sur les salaires et retraites, pour faire gagner les Services publics, les solidarités et la justice sociale.