Sous le signe de la bienveillance…

On avait pris un peu d’avance, avant de partir en vacances, en gageant que le ministre qualifierait la rentrée de techniquement réussie. On y est, c’est difficile, mais ça devrait tenir (entre les murs !) et une grande part de nos lauréats du bac ont au moins une réponse positive sur Parcoursup, ou ont disparu des écrans ! Quel cynisme !

Bien-sûr, quand on quitte le monde de la communication pour entrer dans la vraie vie, le quotidien de nos métiers, on mesure bien que c’est beaucoup plus compliqué, que les effectifs sont effrayants, pour nos élèves comme pour nos conditions de travail, que nous côtoyons toujours plus de collègues précaires, tant nos métiers, déconsidérés, mal payés n’attirent plus .
Et que dire de la rentrée en lycée ? Nos nouveaux élèves de seconde vont devoir faire leur marché dans des palettes de spécialités qu’on ne connait pas encore, dont on ne sait pas lesquelles seront dans quels établissements, et dont nous n’avons que les étiquettes, puisqu’il va falloir attendre jusqu’en janvier pour avoir peut-être une idée des programmes… Alors au rayon de la bienveillance, on n’a guère que la vieille antienne « aies confiance... crois en moi… » Sans compter la réunionite qui ne va pas manquer d’advenir… Ce n’est pas acceptable !

Par ailleurs, l’été n’a pas été avare de mauvaises séries B, qui sont hélas autant de mises à mal de notre démocratie. Mais le pouvoir entend pourtant bien reprendre son train de réformes, constituant toujours plus de régressions sociales. Pour autant, rien n’est jamais perdu d’avance, et nous sommes peut-être à un tournant. Le fiasco de Parcoursup, porté par toute une communication autour de l’efficacité, doit nous aider à en réclamer l’abandon, parce qu’il s’est révélé pour ce qu’il est : une gigantesque entreprise de tri social, contraire absolu des valeurs et de l’École que nous portons.

Sur la question des retraites, qui va être le prochain chantier, menons la bataille, montrons les régressions terribles dont le projet Macron est porteur, et faisons partager nos propositions. Nous en avons, dans le Snes et la FSU, nous en débattrons notamment le jeudi 18 octobre, lors du maintenant traditionnel colloque actifs/retraités*. Les retraités, une nouvelle fois cible de coups de rabot sévères et injustes seront dans la rue le 3 octobre.

Et surtout, si nous voulons remporter des batailles, renforçons notre outil, syndiquons-nous, et convainquons nos collègues de le faire ! C’est la première des batailles à mener dans la période. Ce n’est pas tout seul dans son coin qu’on peut gagner, c’est ensemble, nombreux ! Ce n’est sans doute pas un hasard si le pouvoir cherche à vider de son sens le paritarisme, et de leurs prérogatives, les fonctions de vos élus. Là encore, sachons empêcher cette casse, en signant massivement la pétition que nous, Snes, avec la FSU, remettrons très officiellement à Bercy le 3 octobre, et en se préparant à voter très massivement aux élections professionnelles du 29 novembre au 6 décembre 2018.
Bonne rentrée !

*Attention, les actifs, n’oubliez pas de déposer votre demande avant le 18 septembre